La levée de la censure sur la diffusion des chansons et clips sur les médias du dernier album de Koffi Olomide et sa vente sur le marché des disques montre à quel point la commission de censure n’est pas à la hauteur de sa tâche.

Mieux, ces agents de l’Etat mis au service de la Nation pour protéger les mœurs sont encore loin de répondre aux attentes de la population congolaise.

Il y a environ sept mois, le procureur en charge de la Commission de censure a signé le document autorisant la diffusion des chansons et clips de l’album dit du patron.

Quelques temps après, il est revenu à la charge pour mettre sous embargo cette oeuvre qui a pourtant déjà récolté un succès franc sur terrain, avant d’en autoriser, une fois encore, la diffusion.

Pourquoi la Commission de censure revient-elle sur ses décisions ? Pourquoi censurer un album ou une chanson et après autorisé sa diffusion ?

Quels sont les motifs qui font que ce service de l’Etat n’arrive pas à maintenir sa première décision ? Autant de questions qui présagent un certain laisser-aller dans le chef de la commission de censure.

Pourtant, conformément au fonctionnement de cette institution, il est toujours exigé à l’auteur d’une oeuvre artistique (chanson, pièce de théâtre, film...) de déposer un exemplaire à la commission avant la diffusion.

Ceci aux fins de permettre à la commission d’auditionner ou de visionner le film en vue d’apporter des amendements ou carrément en interdire la diffusion au cas où l’œuvre en question ne remplit pas certaines normes : dépravation des mœurs, atteinte à l’autorité de l’Etat, incitations à la haine tribale, calomnie...

Déjà à ce premier stade, la Commission de censure, grâce à l’exemplaire déposée par l’auteur, dispose d’un jugement (positif ou négatif avant que le public ne soit au courant du contenu.

Il est étonnant de nos jours de voir que la Commission de censure autorise la diffusion de l’album du patron pour la censure quelque temps après.

Cette attitude pousse certains observateurs à dire que les membres de la Commission de censure ne font pas comme il se doit leur travail ou ne décortiquent pas le message ou les mots contenus dans les chansons.

Si vraiment tel est le cas, la commission doit comprendre en son sein un éventail des personnes allant des experts à ceux qui maîtrisent le mieux le lingala et les us et coutumes de l’environnement congolais.

En clair, composées de principales couches sociales (parents, religieux, femmes, étudiants...) qui auront apporter un jugement sur une oeuvre bien que la dernière décision émane du procureur.

Celui-ci, quelque soit sa compétence, ne suffit pas pour juger une oeuvre musicale dominée par des argots.

Beaucoup de choses qu’on reproche à Koffi Olomide dans ses chansons de l’album du patron tirent leurs origines soit dans l’argot, soit dans des dictons dont seule la maîtrise de l’argot peut orienter l’auditeur a faire un jugement irréprochable.

Les animations ou certains cris aujourd’hui en vogue à travers la République proviennent parfois des enfants de la rue et ne peuvent être interprétés que par des «branchés».

Cet aspect des choses, ne facilite pas la tâche au procureur qui malheureusement, ne, se contente que du premier degré des mots.

Cette faiblesse à ne pas cerner certains mots propres à l’argot est à la base du tâtonnement dont fait preuve la commission de censure.

Celle-ci ne réagit qu’après avoir eu des remarques du public faites après diffusion. La commission de censure, à la merci des « on-dit » de la cité, n’est pas en mesure de contenir les pressions auxquelles parfois elle fait face.

Les artistes musiciens, s’appuyant sur certaines autorités du pays, misent sur des moyens financiers pour obtenir l’autorisation de la commission de censure.

Impayés pendant plusieurs mais, les agents de l’Etat ne disposant pas toujours de moyens matériels pour modernes, une bonne politique de gestion ajoutés à un sens de responsabilité suffisent pour que le public soit protégé des insanités dans les chansons.

(Milor/BT/PKF)

Rachidi Mabandu/Forum des As