« Au regard des accusations dont est l’objet sur le caractère dit « pornographique » de son opus, Koffi Olomide indique que celui-ci est une oeuvre sensuelle.
Six mois après sa mise en vente et sa large diffusion sur fond d’une autorisation émanant de la Commission nationale de censure des chansons et spectacles et dûment signée par l’Avocat général Olula Okundji, le nouvel opus du chanteur Koffi Olomide vient d’être interdit de vente et de diffusion sur toute l’étendue de la RD Congo. Cette décision est actuellement sujet à controverse dans les milieux musicaux de Kinshasa et à l’étranger.
Dans une correspondance datée du 23 janvier 2009, le procureur général Gode froid Manzala Ngo, président de la Commission nationale de censure des chansons et spectacles a informé les patrons des chaînes de télévision et de radio de la RD Congo sur la décision portant interdiction de vente et diffusion au public des chansons du récent album de l’artiste musicien Koffi Olomide.
Cela suite aux doléances de la population congolaise par rapport à certains cris et paroles contenues dans certaines chansons de l’album de Koffi 2008 qui, objectivement, sont contraires aux bonnes mœurs congolaises, suscitent ainsi beaucoup de remous au sein de la population, rapporte la missive de la Commission nationale de censure des chansons et spectacles.
Cette dernière relève des phrases qualifiées d’obscènes, distillées dans huit mélopées de l’album. Parmi celles-ci on note « Soupou », « Ikéa », « Salopette », « Katagourouma », « Bébé goût » ainsi que dans le corps du générique phare. Tous ces titres tombent sous la mesure d’interdiction à cause des propos Jugés contraires aux bonnes mœurs congolaises, précise-t-elle.
Et d’ajouter que cette décision a été communiquée aux bourgmestres des communes de Kinshasa a poursuivre son application même au niveau des tenanciers les bars et autres établissements du genre.
Selon le Procureur Manzala, Koffi Olomide n’a pas été correct vis-à-vis de la Commission nationale de censure, en facilitant la diffusion et la commercialisation de son oeuvre dont il a pris le soin de retravailler, après que la Commission nationale de censure ait examiné et ensuite, autorisé sa vente et sa diffusion.
Fait qui justifie la mesure d’interdiction de celle-ci et l’établissement d’un mandat d’amener à l’encontre de l’artiste, selon es prescrits de la loi en a matière, a déclaré le président de ladite commission sur les colonnes du journal « Le Potentiel ».
A qui incombe la responsabilité ?
En rapport avec cette décision, Koffi Olomide qui ne reconnaît pas avoir manigance une quelconque activité de nature frauduleuse et réalisé son oeuvre de manière à nuire plutôt que d’apporter du bonheur à son public, crie à l’injustice et déclare que c’est une erreur judiciaire bien qu’il se plie à la décision de la commission nationale de censure.
Et d’ajouter : « j’estime que c’est un acharnement contre ma personne. Cette série d’images interdites est aussi une mode d’expression en rapport avec la démocratie...
« Aussi, la Commission » ne doit pas sanctionner sur base de la compréhension des mélomanes mais plutôt sur base des faits La star congolaise s’interroge : est-il permis aux musiciens de mettre à la portée du public, au même titre que les sculpteurs, des créations sensuelles à l’exemple d’une statuette en forme d’une femme nue ?
Cette forme choque-t-elle plus d’un admirateur de la sculpture ? « Au regard des accusations dont est l’objet sur le caractère dit « pornographique » de son opus, Koffi Olomide indique que celui-ci est une oeuvre sensuelle.
Se joignant à l’artiste, nombreuses langues parmi les observateurs avertis contestent la décision de la Commission nationale de censure, tout en reposant la responsabilité de cette dépravation sur cette dernière.
Parce que, trouvent-ils, irresponsable que cette décision surgisse après six mois de vente et de diffusion, aussi longtemps que cette commission a, elle-même, autorisé en date du 21 août 2008 la présentation au public, par les chaînes de télévision (d’une série de nouveaux clips (10) qu’elle avait pris le soin d’examiner, après une correction par l’artiste des premières versions lui présentées.
Dans cette correspondance, la Commission avalisait les chansons « Lovemycine » « Sixième chantier », « L’eau-l’eau-l’eau », « Bendele », « Ba-blabla », « Festival », « B.B. goût », « Diabolos ». « Salopette » et « Ninelle » après avoir autorisé « Ikéa » Plat favori et « L’amour n’existe donc plus de la moitié du disque.
Tout cela en rassurant que les clips corrigés ne présentaient rien qui soit contraire aux bonnes mœurs et à l’ordre public. De l’avis des observateurs avertis, la responsabilité de cette déroute revient à la Commission nationale de censure des chansons et spectacles qui n’a pas su arrêter l’hémorragie au moment opportun.
La commission nationale de censure faillie
Face à cette situation, cette dernière est quelque peu responsable. On note que la commission nationale de censure n’est pas à sa première erreur d’autorisation et de rétractation au profit d’une interdiction.
A cet effet, Koffi Olomide pense que les artistes subissent de l’injustice en amont et en aval.
Ainsi, il sollicite la tenue des Etats généraux des créateurs afin qu’ensemble avec les autorités compétentes, ils puissent échanger et statuer sur les créateurs et leurs imites d’expression. Aussi, faudrait-il que la Commission nationale de censure puisse se doter des moyens indispensables pour son bon fonctionnement.
Il nous revient que cette institution de l’Etat nu dispose pas d’un service monitoring pour passer en revue les nouvelles oeuvres, avant la mise en circulation de celles- On également la carence des moyens financiers et des agents (officiers de la police judiciaire) pour le contrôle sur terrain.
Fait qui justifierait des dérapages au sein du service. Il y à la recevoir dans la politique de la commission nationale de censure des chansons et spectacles pour que tels désagrément tant au niveau des artistes que de la population, ne puissent plus subvenir.
(Milor/BT/PKF)
B.A./Uhuru