L’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, bombardé médiateur pour l’Est de la République par le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon, se trouve une fois de plus dans les murs congolais. Prenant très au sérieux son rôle dans la médiation du conflit congolais après le presque capotage constaté au cours des rencontres précédentes de Nairobi, Olusegun Obasanjo, arrivé hier mercredi à Goma, chef-­lieu de la province du Nord-­Kivu a déclaré à la presse que des négociations de Nairobi vont reprendre pour déterminer ce qui sera fait après et comment le faire. En prenant soin toutefois de préciser que ces négociations entamées à Nairobi entre Kinshasa et la principale rébellion congolaise seraient élargies: aux autres groupes armés.


En effet, la donne a changé depuis les premières rencontres de Nairobi où les hommes de Nkunda, alors chef incontesté du Cndp, principal interlocuteur du gouvernement de Kinshasa, avaient accumulé les revendications et exigences, débordant du cadre initial de leur lutte pour réclamer pratiquement un partage équitable du gâteau. C’est depuis le 8 décembre 2008 qu’avaient commencé à Nairobi, sous la médiation de l’Onu, des pourparlers directs entre le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple (Cndp). Alors dirigé par son chef historique incontesté, le général dissident et renégat Laurent Nkundabatware, qui a depuis été lâché par ses principaux commandants, dont son bras droit le Général de brigade Bosco Ntanganda.

Le lâchage de Nkundabatware par Bosco Ntanganda, qui a rallié le pouvoir de Kinshasa, entraînant également le ralliement des groupes armés opérant dans les Nord et Sud­ Kivu, dont le Pareco, a pratiquement sonné le glas de Laurent Nkundabatware. Le même, on se souviendra, qui avait fait les honneurs du médiateur Olusegun Obasanjo dans son quartier général fortifié de Jomba. A l’époque, l’accolade entre les deux hommes avait été très mal perçue dans les milieux gouvernementaux congolais. Ceux-ci n’avaient pas apprécié cet écart de conduite de l’ancien président nigérian qui équivalait presque à lui accorder un rang dans le gotha des dirigeants légitimés et    reconnus internationalement.

Désormais, cette belle époque est révolue pour Nkundabatware qui se morfond dans une geôle au Rwanda en attendant son extradition pour jugement sur le sol de ses ancêtres. Car, c’est à la suite du déclenchement le 20 janvier d’une opération conjointe dans le Nord-Kivu par les armées congolaise et rwandaise que Nkunda a été arrêté. Et que les négociations dites de Nairobi ont connu un temps mort.

Olusegun Obasanjo, dans l’incertitude de la tenue des prochaines négociations entre le Cndp et le gouvernement congolais, a pris soin en fin politique et diplomate, de ne point avancer de date précise pour leurs reprises. Tout ce qu’il a pu déclarer de consistant à la presse ( signalons que c’était après une rencontre avec le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku) est « qu’après la reprise des pourparlers, les autres groupes armés ne seront pas exclus (...), nous devons accomplir nos objectifs et terminer notre mission de pacification ».

Ce qui est certain de la mission d’Olusegun Obasanjo est le fait que désormais, si toutes les parties en cause dans la crise de l’Est de la République sont sincères, sa tâche lui a été en grande partie mâchée par la défection des hommes de Nkunda et leur ralliement au pouvoir de Kinshasa. D’ores et déjà, apprend -on des sources autorisées, les anciens rebelles tout comme les résistants Maï-Maï de divers groupes armés (qui avaient annoncé la cessation des hostilités) ont commencé à être intégrés dans l’armée congolaise.

Obasanjo Olusegun estime qu’après Nairobi, les négociations devraient se poursuivre en Rdc, un point de vue que partage la nouvelle direction du Cndp, qui avait annoncé le 04 février qu’elle poursuivrait désormais son combat par des moyens purement politiques, dans le respect de la Constitution et des lois de la RDC. Mais, toutefois, elle avait tenu à préciser : la poursuite des négociations à Nairobi constitue une exigence réciproque de bonne foi, exigence sans laquelle la présente déclaration n’aurait pas de sens manifeste ». Après l’étape de Goma, M. Obasanjo, devra se rendre ensuite à Kigali. Il sied de signaler qu’avant, il avait fait escale à Kinshasa et Luanda.

(CL/Th/GW/Yes)

Le Palmarès