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Vital Kamerhe le président de l’Assemblée nationale à nouveau ciblé au cœur du débat politique de l’heure s’agissant de soutenir ou non le pacte militaire Rdc-Rwanda appelé à vider le prétexte rwandais des agressions répétées contre la Rdc. Y a-t-il lieu que ce débat déstabilise les institutions ?

Au moment où, au nom de la population certains députés continuent à remuer ciel et terre pour dénoncer les opérations conjointes Rdc-Rwanda, les chefs traditionnels du Sud-Kivu demandent que l’opération puisse s’étendre sur leur province. Voilà qui devrait mettre fin à l’agitation. Peut-on dans ce cas parler encore d’une crise ? Quelle en serait la motivation première ? Il n’y a pas une crise institutionnelle en Rdc. C’est ce qu’on peut constater et dire à la suite des réactions des uns et des autres. On peut même dire que partant de la cause de cette prétendue crise institutionnelle, on peut dire qu’il n’y a plus de lutte avec la demande des " bami " du Sud-Kivu.

Au moment où, au nom de la population certains députés continuent à remuer ciel et terre pour dénoncer les opérations conjointes Rdc-Rwanda, les chefs traditionnels du Sud-Kivu demandent que l’opération puisse s’étendre sur leur province. Voilà qui devrait mettre fin à l’agitation. Peut-on dans ce cas parler encore d’une crise ? Quelle en serait la motivation première ? Il n’y a pas une crise institutionnelle en Rdc. C’est ce qu’on peut constater et dire à la suite des réactions des uns et des autres.

On peut même dire que partant de la cause de cette prétendue crise institutionnelle, on peut dire qu’il n’y a plus de lutte avec la demande des " bami " du Sud-Kivu. Quel est en fait le problème ? Le gouvernement, dans le cadre de la concrétisation de tous les engagements internationaux pris, notamment le Protocole de Naïrobi, a mis en place l’opération de désarmement et du rapatriement des Fdlr. Cette opération connaît la participation de l’armée rwandaise pour des raisons évidentes. La présence des Fdlr à l’Est de la Rdc a toujours été le prétexte des incursions de l’armée rwandaise à l’Est de la Rdc. Il fallait que les Rwandais soient là et assistent (participent, pourquoi pas) à l’opération.

On ne doit pas oublier qu’autant il était demandé à la Rdc de présenter à la communauté internationale un plan d’attaque des Fdlr, il était demandé concomitamment à Kigali de fournir la liste des génocidaires. Ce serait un non sens que le Rwanda ne soit pas  là pour dire qui est génocidaire et qui ne l’est pas. C’est donc étonnant que certains responsables congolais aient choisi de réagir en aval et non en amont de la décision de rapatrier les Fdlr. Ce qui est étonnant, raison pour laquelle on pense qu’il y aurait anguille sous roche, c’est que ces responsables congolais aient attendu l’opération contre les Fdlr pour réagir au moment où, une opération similaire se passait dans la province Orientale. Le Parlement, pour la simple raison qu’il est dirigé par un ressortissant du Kivu, serait-il plus attentif aux problèmes du Kivu que de la Province Orientale ? Vital Kamerhe a déjà compris, il revient à ceux qui s’agitent encore de comprendre.

Une Constitution nationale

Les exactions qu’il y a eu dans la province Orientale pouvaient pousser les députés à la prudence. Ils auraient en ce moment non pas dénoncé la présence des soldats rwandais, mais les conséquences de l’opération. On a fait croire qu’il fallait une autorisation préalable du parlement avant de signer l’accord de traque conjointe. La Constitution qu’on brandit avait-elle été rédigée pour le Kivu seulement et non pour la Province Orientale ? La qualité des pays étrangers intervenant dans ces opérations aurait-elle été déterminante dans ces positions contradictoires des députés ? A ce sujet, l’argument qui veut incriminer plus le Rwanda que l’Ouganda ne tient pas debout.

Car, le Rwanda et l’Ouganda ont agressé la Rdc de la même manière. Ils se partagent le nombre de victimes de cette agression. Autant il y a des survivances de la présence rwandaise au Congo à travers le Cndp, autant l’Ouganda continue à agir en Ituri à travers des milices. Que le Parlement qui était en session n’ait pas réagi contre l’opération de la traque des Lra, cherche une session extraordinaire pour s’opposer à la présence des soldats rwandais au Kivu, il y a de quoi se poser la question sur la vraie motivation de cette agitation. Car, il y a même circonstance aggravante pour l’Ouganda dont la culpabilité a déjà été établie par un tribunal international. En toute logique, c’est contre l’Ouganda que le Parlement devrait s’agiter plus.

Aucune crise institutionnelle

Jusque-là, personne de bonne foi ne peut parler d’une crise entre l’Assemblée nationale et l’Exécutif national. Tout ce qu’on sait, c’est que le président de l’Assemblée nationale, l’individu Vital Kamerhe, interrogé sur la présence des troupes rwandaises en Rdc pour traquer les Fdlr, avait manqué de réserves. Dès le moment où il s’agissait d’une décision qui n’était pas de son ressort, il aurait dû demander de se faire informer avant de prendre position. On a commencé à fouiller dans le passé pour trouver d’autres comportements pouvant justifier la position du président de l’Assemblée nationale.

On revenait sur l’image du Président de l’Assemblée nationale contredisant le Premier ministre sur les chantiers en cours. Il a estimé que les chantiers commencés avant l’actuel gouvernement issu des élections et financés par d’autres partenaires que les Chinois ne méritaient pas de figurer sur la liste des réalisations de ce gouvernement. De même, il a dénoncé le fait que certaines entreprises chinoises commençaient à gagner les marchés financés par d’autres partenaires. Même s’il n’y a pas eu un tollé général à la suite de ces étonnantes déclarations, dans les cercles fermés de l’Amp on se demandait de quel côté se trouvait Vital Kamerhe.

Car, nulle part il était dit que les cinq chantiers ne sont que l’affaire des contrats chinois. Alors pourquoi demande-t-on au gouvernement d’appliquer Mbudi qui est un accord signé avant ce gouvernement ? Pourquoi le gouvernement est-il appelé à résoudre des problèmes qui ne tirent pas leur origine à son existence ? On peut remonter plus loin et trouver d’autres déclarations qui ont choqué la majorité. Celle sur la présence des soldats rwandais sur le sol congolais n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Si on s’était engagé à en parler chaque fois que quelque chose semblait choquer, on n’en serait pas là.

Les réunions de la famille politique

On comprend alors la position du Pprd qui voulait savoir les tenants et les aboutissants de ce comportement du président de l’Assemblée nationale. On pensait que l’affaire était close avec la réunion des chefs des institutions, réunion au cours de laquelle des explications ont été données à tout le monde au sujet des opérations conjointes Rwanda-Rdc. Au Parlement, les arguments présentés ne semblent pas être pris en compte par certains députés. Une pétition circule pour la convocation d’une session extraordinaire.

Ce qui choque ce n’est pas que les députés utilisent leur droit d’exiger une session, mais qu’ils fassent preuve de n’avoir pas été suffisamment informés par le bureau de l’Assemblée nationale. La réunion de la ferme dont on parle souvent dans les médias, doit avoir eu pour souci de voir le problème au niveau de l’Amp. On devra en convoquer une autre au niveau de la coalition. Que l’on ait demandé à Vital Kamerhe de démissionner, ce sont les médias qui le disent. Aucun compte-rendu de cette réunion n’a été rendu public. Rien ne peut établir une tempête au sein de l’Amp, encore moins une crise entre l’Assemblée nationale et l’Exécutif national.

Si Vital Kamerhe démissionnait ?

Quand bien même Vital Kamerhe serait poussé à la démission, c’est une grande décision, mais il n’y aura pas de crise. Il est vrai que Vital Kamerhe n’est pas n’importe qui au sein de l’Amp, mais il revient à cette plate-forme de juger l’apport de tous ses membres. Si Vital Kamerhe, dans le cas où on lui aurait effectivement demandé de démissionner refuserait de le faire, il n’y a pas lieu de transporter l’affaire à la plénière et soumettre la question au vote. On sait que Vital Kamerhe, tout comme les autres membres du bureau de l’Assemblée nationale ne sont pas là par leur propre volonté. Ils ont été désignés par des composantes de la majorité et un mot d’ordre avait été donné pour que tel ou tel autre soit élu à tel ou tel autre poste du bureau de l’Assemblée nationale.

Ces composantes peuvent retirer leur confiance à un des membres et solliciter son départ. Cela suppose que la composante, comme c’était au moment du vote, ait l’adhésion de l’ensemble de la majorité. Si la décision de se débarrasser d’un tel ou tel autre membre est soutenue au niveau de la hiérarchie de la majorité, on ne voit pas les membres ne pas la respecter sans raison. On ne doit pas se poser la question de savoir ce qui arriverait si Vital Kamerhe refusait de démissionner, mais aussi on doit se demander si la majorité pouvait accepter que l’Assemblée nationale soit dirigée par une personnalité qui n’aurait plus la confiance de la hiérarchie de l’Exécutif.

Dans aucune démocratie on peut s’accommoder d’un tel schéma. La vérité, c’est que tout n’est encore qu’au niveau des supputations journalistiques. Dans l’Amp comme dans l’ensemble de la majorité, on ne voit pas la grande agitation pour faire partir Vital Kamerhe. En attendant que cela arrive, il y a lieu de faire la trêve à l’intox et à la spéculation. Le fait que le Pprd se soit réuni pour prendre de l’avance sur la rumeur, que l’Amp l’ait fait aussi et que toute la majorité puisse le faire demain, c’est la preuve que tout va bien. Car, là où les gens se parlent, il y a toujours espoir de solution salutaire pour tous, quel que soit le problème qui se pose.

(DN/Th/GW/Yes)

Joachim Diana G./L’Avenir



Last edited: 12/02/2009 15:44:01

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