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L’heure est donc à l’évaluation pour tirer toutes les conclusions. Mieux pour respecter les échéances du retrait des troupes invitées par le gouvernement de la République démocratique du Congo. Et à ce dernier de tenir ses engagements vis-à-vis du peuple congolais.

C’est le 14 février que l’armée ougandaise doit en principe quit­ter le territoire congolais aux ter­mes de l’accord conclu avec le gouvernement de Kinshasa pour neutraliser les éléments armés de l’Armée de résistance du sei­gneur, la LRA. Une opération militaire conjointe qui a connu également la participation du Sud-Soudan. L’on ne doute pas que dans les jours à venir, les représentants des trois pays fassent le point de la situation et tirer les leçons de cette opération militaire conjointe. Plus que cinq jours pour fixer tant les populations congolaise, ougandaise et souda­naise. Au-delà, la communauté internationale qui suit cette situation de très près.


La deuxième opération militaire conjointe est celle qui concerne la RDC et le Rwanda en vue de traquer et de neutrali­ser les éléments des FDLR, particulièrement « le noyau dur » qui refuse la démobilisation et le désarmement volontaire. Si l’on s’en tient au point de presse du Président de la République, fin février au plus tard, les troupes rwandaises devront quitter le ter­ritoire congolais.

A ce niveau également, les deux pays ont l’obligation morale et politique de faire l’état des lieux en vue de fixer les po­pulations congolaise, rwandaise ainsi que la Communauté inter­nationale du résultat de cette mission militaire. A la date de ce mardi 10 février, il ne reste plus que 18 jours.

Interrogations sur les objectifs

Au regard de ces échéan­ces, les questions que l’on se pose sont celles de savoir si les objectifs de ces opérations mili­taires conjointes ont été atteints ( ?) Si oui, que fera-t-on après ? Sinon qu’adviendra-t-il ?

Le premier objectif est de voir le retour de la paix tant dans la province Orientale, précisé­ment au Haut-Uélé, être effec­tif. Ensuite, dans les deux Kivu.

Sur ce point, il est difficile d’y réserver une réponse précise. Certes, à en croire les premiers éléments militaires, les bases d’opération de la LRA ont été touchées, détruites. Mais ce groupe armé n’a pas du tout perdu de sa capacité de nuisance. Pour preuve, la LRA a tué un millier de personnes depuis le déclenchement de cette opéra­tion et occasionné le déplace­ment des centaines de milliers des populations civiles. Combien de rebelles ougandais ont-ils été tués ?

A dire vrai, la sécurité n’est pas encore chose acquise. Pour preuve, dans la nuit de sa­medi à dimanche, la LRA a en­core tué à Faradje, enlevé plu­sieurs personnes avant de piller et d’incendier des maisons.

Au plan strictement mili­taire, l’armée ougandaise n’a pas réussi à décapiter la LRA. Jo­seph Kony est insaisissable et continue à courir. Il est toujours capable des hauts faits criminels et de destruction méchante. Sauf erreur d’appréciation, l’objectif militaire n’a pas été atteint. En plus, au plan politique, la pression militaire n’est pas parvenue à contraindre Joseph Kony à signer l’accord de paix. Enfin, au plan judiciaire, ni les tribunaux ougan­dais, moins encore la CPI ne peu­vent prétendre juger Joseph Kony dans les tout prochains jours.

De leur côté, les FDLR continuent à « dribbler » la coalition congolo-rwandaise et enle­ver toute la substance à cette coalition. Certes, il y a eu des tués, des prisonniers ainsi que des ra­patriés. Mais jusqu’à ce jour, aucun affrontement de grande envergure. Comme pour dire que les FDLR n’ont pas été délogés ni neutralisés et que l’on aurait peur d’elles. On laisse entendre que les rebelles rwandais continuent à s’enfoncer à l’intérieur du Congo en direction du Maniema et du Sud-Kivu.

A ce stade également, l’objectif militaire n’est pas at­teint pour autant que le « noyau dur » demeure actif. Au plan politique, il n’y a pas eu un ac­cord de rapatriement. Moins encore la promesse de la tenue d’un dialogue inter-rwandais. Si les choses demeuraient inchan­gées, l’opération militaire con­jointe congolo-rwandaise aura été un échec, car les populations congolaises risquent d’en faire les frais.

D’où la question fondamentale est celle de savoir si ces objectifs étaient les vrais ou ils en cachaient d’autres.

Comme lors de toute opé­ration militaire et lorsqu’elle tou­che à sa fin, à l’image de ce qui se passe sous d’autres cieux, les gouvernements congolais, rwan­dais et ougandais doivent des ex­plications à leurs populations res­pectives. Par voie de consé­quence, dévoiler le contenu de ces accords par souci de trans­parence pour que les résultats, positifs ou négatifs soient appré­ciés à leur juste valeur afin de tirer toutes les conséquences qui s’ imposent.

Communauté Inter­nationale : Ponce Pilate

Evidemment, l’apprécia­tion tant attendue de ces opérations militaires conjointes sera faite par la Communauté inter­nationale. Si elle n’est pas com­plice pour laisser faire et laisser agir avant de reprendre la situa­tion en mains, reconnaissons tout de même qu’elle joue merveilleu­sement bien son rôle de Ponce Pilate.

Par la bouche du Repré­sentant spécial du secrétaire général de l’Onu, responsable de la Monuc, l’Onu se lave les mains. Elle n’a pas été associée à la pla­nification de ces opérations mili­taires. C’est dire qu’on ne peut en aucun cas lui tenir rigueur. La responsabilité morale, politique et militaire de l’échec ou du succès incombe aux « Etats souverrains » que sont le Rwanda, le Congo-Kinshasa, l’Ouganda et le Soudan via le Sud-Soudan.

Mais déjà le Rwanda a tenu à rejeter cette attitude de Ponce Pilate affichée par la Monuc. Dernièrement à Rabuba, lors de la réunion entre les mi­nistres des Affaire étrangères de deux pays, la ministre rwandaise, Rose-Marie Musemamali a glissé cette incisive : « La Monuc a l’obligation de s’impliquer et d’apporter son soutien logistique aux Fardc. Car,  après le retrzit des troupes rwandaises à la date convenue, les Fardc les Fardc devront continuer à traquer les Fdlr ».

Auparavant, elle avait fait cette remarque pertinante : « la relocalisation ne sera en faveur ni de la Rdc, ni du Rwanda ».

Cela voudrait tout simple­ment dire que si la Monuc ou l’Onu, ne sont pas capables de continuer à soutenir les FARDC pour traquer et neutraliser les FDLR, le Rwanda en tirera tou­tes les conséquences. Qui ne dit pas que le RCD et le CNDP pourraient devenir des nébuleuses ? Une façon de faire obser­ver que l’accord signé comporterait peut-être des clauses sus­ceptibles d’ouvrir d’autres oppor­tunités complexes.

Au demeurant, à partir de ce mardi 10 février, le compte à rebours a bel et bien commencé. Nous entrons dans la phase cru­ciale de ces opérations conjoin­tes militaires, RDC–Ouganda–Soudan–Rwanda. Puisqu’elles se déroulent au Congo sur invi­tation du gouvernement de la Ré­publique démocratique du Congo, aucune hypothèse décou­lant des résultats de ces opéra­tions ne peut être sous-estimée tant sur le plan national, régional qu’international dans ses aspects politique, juridique et militaire.

(CL/Yes)

Le Potentiel



Last edited: 10/02/2009 16:58:01

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