Après les parlementai­res, c’est au tour des membres du gouvernement d’être cotés par l’opinion congolaise, à l’issue de 100 jours de travail sur le terrain. Cette période dépassée, l’opinion nationale a fait son bilan à l’issue d’un sondage réalisé par les Points, l’Institut des recherches, études des marches et d’opinions. Très déçue est la popu­lation kinoise, tenaillée par les affres de la crise économique internatio­nale, qui s’attendait à des solutions miracles immédiates à leurs problèmes de survie quotidienne. Ainsi 43,6 % d’enquêtés estiment que le bilan Muzito I est globalement très déce­vant, 28 % le jugent positif et 18 % le disent mitigé, commente le sondage dont L ‘Obser­vateur s’est procuré une copie.

La première catégorie juge que Muzito I n’a pas atteint les trois objectifs qu’il s’était as­signés. Hormis le front diploma­tique où il s’est largement dis­tingué, les autres axes continuent à patauger. C’est notam­ment le cas du front médiatique au niveau international et dans l’Est de la RDC. Les médias congolais, n’étant pas en mesure d’y accéder, se contentent de traiter une information de seconde main lui fournie par les entreprises de presse étran­gères.

En dépit des efforts four­nis dans le sens de la libérali­sation de l’importation du ci­ment gris dont la conséquence se fait encore et toujours sen­tir au niveau du prix, sur le front économique, la situation reste insupportable au regard de la dépréciation de la monnaie lo­cale vis-à-vis des devises étrangères et de la flambée des prix des biens de première né­cessité. Contrairement à la réa­lité sur le terrain, les chiffres du budget sont qualifiés d’irréel parce que ne cadrant pas avec les ressources, les salaires du corps médical, des professeurs d’université et autres catégo­ries socio-professionnelles.

Sur le front social, les en­quêtés jugent que les 100 jours de Muzito ont été caractérisés par plusieurs mouvements so­ciaux tant parmi les ensei­gnants, les fonctionnaires que les infirmiers. Rien n’a été observé dans le sens de l’amélio­ration des conditions sociales de la population. « Les fonction­naires de l’Etat sont impayés, la rétrocession des 40% aux provinces se fait attendre. C’est le rythme de travail de Muzito I », a confié un enquêté.

Ministres cotés indi­viduellement

Les ministres du gouver­nement Muzito ont été cotés in­dividuellement par les enquê­tés. A leur tête, deux ministres : Raymond Tshibanda, ministre de la Coo­pération internationale et régio­nale (14,3%) et Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères (13,7%). Le premier est ainsi coté pour son omniprésence sur les fronts régional et politi­que, en quête de la consolida­tion de la paix au Nord-Kivu et de l’instauration de l’autorité de l’Etat dans la partie orientale du pays. Le second pour sa di­plomatie agissante dont l’une des actions ayant marqué l’opinion est l’intervention à la tri­bune des Nations Unies. Il est Capable de vendre une bonne image du pays, Alexis Thambwe Muamba est un véritable « ani­mal diplomatique ». Sa cote se trouve écorchée à la suite du dossier des passeports biométriques dont la mesure suspendant la livraison n’a pas été appréciée par la population, qui estime que le voyage à l’étranger est le rêve permanent, un symbole de la bénédiction ou encore de la réus­site dans la société.

Suit Luzolo Bambi (7%), de la Justice, qui réalise un bon score, grâce à sa volonté ma­nifeste de lutter contre l’impu­nité en instruisant les arresta­tions de différentes personna­lités tant civiles que militaires. Par contre, la population s’in­terroge sur la suite de ces dif­férentes arrestations dont elle n’attend plus parler. Elle se demande également si l’opéra­tion continuera ou est déjà à son terme. André Philippe Futa (6,9%) de l’Economie occupe la 4ème place avec un score qua­siment égal au précédent. La population le tient bien à l’œil en raison de la visibilité du ci­ment gris sur le marché. Même Si le prix n’a pas encore atteint son niveau initial, les Kinois apprécient ses démarches pour autant qu’ils n’y croyaient plus. Suivent Mende Omalanga de la Communica­tion et des Médias (6,4%), Oli­vier Kamitatu du Plan, José Endundo du Tourisme (4,5%), Emile Bongeli Vice-Premier mi­nistre en charge de la Recons­truction (3,2%), Claude Batibuye Nyamugabo des PME (2,6%), Maj Kisimba Ngoy des Affaires foncières (2,5%).

Ce sondage a été réalisé par les Points, du 2 au 3 fé­vrier, auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 person­nes âgées de 18 ans ou plus. Quel impact peut avoir un tel travail scientifique auprès des ministres qui sont peu soucieux de ce que peut penser ou dire la population à leur endroit ?

(Milor/DN/GW/PKF)

Khéber Kungu/L’Observateur