Edifiante visite au pays natal organisée par les autorités administratives angolaises de Cabinda d’une quinzaine d’exilés cabindais vivant à Kinshasa, dans le cadre de la sensibilisation de toute la diaspora cabindaise ayant fui la guerre pour son retour à la mère patrie pacifiée et engagée dans une remarquable phase de reconstruction
Retour serein vendredi à Kinshasa d’un groupe d’une quinzaine d’exilés cabindais revenus d’une visite de six jours dans leur natale province angolaise de Cabinda que les concernés avaient quittée à cause de la guerre coloniale d’abord pour les uns, et de rébellion pour les autres. Le groupe constituait une délégation d’invités d’honneur des autorités provinciales du Cabinda. Il y avait à leur tête un vétéran leader politique en la personne de M. Antonio Sozinho, la quatre-vingtaine sonnée, l’un des trois cofondateurs du principal et légendaire parti d’indépendance de ce territoire coincé entre les deux Congo au nord de l’Angola.
Visiter sereinement leur territoire de Cabinda sur invitation officielle des autorités administratives angolaises, et en revenir sains et saufs ! Voilà que se réalise ce qui paraissait et paraît encore comme une utopie pour bon nombre de Cabindais de la diaspora. La population de ce territoire qui ne compte même pas le demi-million d’habitants est si échaudée par la guerre depuis les temps coloniaux qu’elle est toujours en train de se demander quelle partie prendre dans ce qui lui arrive : continuer à revendiquer l’indépendance ou l’autodétermination claironnée par le dernier leader politique réfugié lui en France, ci-devant M. Nzita Henriques Tiago, et attendre l’hypothétique aboutissement de cette croisade, ou admettre l’administration du pouvoir angolais et rentrer au pays travailler sous cette autorité angolaise.
Heure du choix décisif pour les Cabindais !
La situation a tellement évolué après moult occasions ratées de règlement du conflit cabindais qu’il sonne désormais l’heure du choix décisif pour les Cabindais. Ou bien il faut rentrer maintenant au pays, ou alors rater carrément le coche et le train du changement positif qui s’effectue sous la houlette d’un véritable stratège de la paix et de la reconstruction que s’avère l’actuel chef de l’administration de la province, à savoir : le gouverneur José Hannibal Rocha.
Depuis sept ans que ce gouverneur et ancien maire de Luanda dirige le Cabinda, il a engagé ce territoire dans un programme de reconstruction et de pacification qui est en train de changer la donne de son ancienne crise. Il apparaît clairement en voyant M. Rocha à l’œuvre qu’il a très bien compris que la solution au problème cabindais ne tenait qu’à la meilleure gestion des ses problèmes spécifiques. Ce territoire extrêmement riche du Golfe de Guinée est déjà pourvoyeur par ses royalties du pétrole de près des ¾ de l’enveloppe du budget de l’Angola.
Une province si importante en tant que contributrice principale des ressources de l’Etat mérite un traitement spécial. Laisser perdurer le pourrissement de la situation de ses ressortissants totalement désaxés par le conflit armé ne peut que contribuer à exacerber le nationalisme affolé des Cabindais se considérant sacrifiés pour les richesses de leur patrimoine ancestral. Sans donc attendre la solution du conflit par un arrangement, quel qu’il soit, entre les indépendantistes et le pouvoir à Luanda, le gouverneur José Hannibal Rocha s’est engagé dans la reconstruction et la réhabilitation des infrastructures.
Peu à peu les Cabindais vivant au pays ont vu leur environnement se métamorphoser. De grands travaux routiers ont été initiés. A ce jour déjà la ville de Cabinda redevient une coquette citadelle avec des immeubles complètement retapés ou de nouveaux et imposants édifices qu’on fait pousser dans tous les coins. Il y a notamment des complexes sportifs qui vont certainement prédisposer l’admirable ville côtière de l’Océan Atlantique à l’organisation des compétitions de renommée internationale.
Indéniable métamorphose
Ce n’est pas seulement la ville capitale de la province qui se métamorphose ainsi, mais aussi le territoire profond jadis repaire des soubresauts révolutionnaires des combattants de la cause indépendantiste. Ces contrées redoutées d’accès pour l’insécurité qui y régnait connaissant des transformations inouïes aussi. D’abord par les voies d’accès aux localités de cet hinterland cabindais : des routes modernes y sont construites par des connaisseurs fiables, des entreprises aussi bien portugaises que brésiliennes, de même que des sociétés chinoises.
Il se remarque ensuite d’autres travaux de réfection aussi bien d’infrastructures routiers, hospitaliers, scolaires, et touristiques. Dans toutes les directions de ces territoires, que l’on aille vers Belize, Buco-Zau, Miconje, Necuto et Massabi, on voit les entreprises de constructions dans les chantiers de construction d’hôpitaux avec suite de bâtiments connexes Il en va de même des complexes scolaires, sportifs et de tourisme.
L’Etat assure l’enseignement gratuit du niveau primaire et celui du secondaire, tout en assurant la bourse pour les étudiants du niveau supérieur dont la plupart sont en train d’être envoyés dans les grands instituts universitaires à travers le monde. Les soins médicaux sont aussi gratuits partout à travers la province. Un traitement de qualité y est même assuré grâce aux équipements médicaux modernes dont sont continuellement dotés ces hôpitaux.
Voilà dans quelle ambiance baigne l’administration actuelle de la province, mais comme ces actions ne sont pas accompagnées de grand tapage e médiatisation, seules les populations demeurées sur le territoire et les commerçants venant principalement des deux Congo voisins palpent les changements qui s’opèrent. La diaspora cabindaise peu sensibilisée à la métamorphose qui s’effectue subit encore le matraquage de l’intoxication autour de l’insécurité, quand bien même les foyers de trouble dans l’arrière pays s’estompent.
Enjeu de l’aspect sécuritaire
Sur ce chapitre sécuritaire, le gouvernement provincial a aussi entrepris un vaste programme de récupération et intégration des anciennes forces combattantes de la cause indépendantiste.
Beaucoup de combattants des deux principaux mouvements insurrectionnels pour l’autodétermination, principalement le FLEC-FAC (Front de libération de l’Enclave de Cabinda – Forces armées cabindaises) du leader Nzita Henriques Tiago, et le FLEC-Renové de l’ancien duo Tiburcio et Bento sont progressivement accueillis dans un camp de cantonnement militaire, celui de Yabi, à la périphérie de la ville de Cabinda.
L’encadrement de ces forces combattantes se déroule dans des conditions acceptables, même si au départ les premiers internés se plaignaient d’un abandon à eux-mêmes qu’ils auraient enduré. Il a même été dit que ces combattants étaient carrément emprisonnés. La méfiance autour de cet encadrement a été grossie dans la communauté de la diaspora qui continuer à critiquer ce qui est dénoncé comme une occupation étrangère du Cabinda par l’Angola.
Le contexte ne semblait pas favorable à se risquer au rapatriement. Les réticences demeurent vis-à-vis de l’administration angolaise. Ainsi l’invitation lancée par les autorités provinciales de Cabinda aux exilés cabindais n’a pas suscité l’engouement général attendu. Même quand il s’est agi d’appuyer la démarche par l’implication d’une structure spécialement cabindaise, le Forum des Cabindais pour le dialogue (FCD) à la tête de laquelle avait été désigné M. Bento au terme d’un consensus politique.
Ravissement de la reconnaissance de l’identité cabindaise
Il s’est trouvé tout de même le groupe de Cabindais gravitant autour du vieux leader Antonio Sozinho, pour souscrire à la démarche qui ne devait même pas susciter de la méfiance si la communication passait parfaitement sur les nouvelles réalités de la province cabindaise. L’entourage du gouverneur de province ainsi que celle du président du FCD ont alors eu la judicieuse idée d’organiser la visite des exilés à l’occasion et de l’anniversaire le 1er février de la signature du prestigieux Traité de Simulambuco et de l’autre anniversaire du déclenchement du mouvement de libération nationale angolaise le 4 février.
D’une part l’anniversaire du Traité de Simulambuco est considéré comme meilleure occasion de valorisation de la cause cabindaise, en rappel du pacte de protectorat qui avait été conclu entre les princes royaux de Cabinda et les conquistadors portugais au début de la période coloniale. Les Cabindais considèrent ce traité comme un signe d’affirmation de leur identité aujourd’hui noyée dans la patrie angolaise. Quant à l’anniversaire du 4 février, il représente aussi un moment de valorisation de l’idéal national.
Les autorités cabindaises ont tenu à célébrer ces deux anniversaires sans discrimination, ce qui ne se faisait pas dans le passé. Ainsi le gouverneur José Hannibal Rocha ne pouvait mieux signifier sa détermination à briser les frustrations cabindaises, et donc favoriser le rapprochement et rapatriement recherchés. La délégation conduite par le vieux leader Sozinho a été émerveillée de constater toutes ces bonnes et heureuses dispositions des hôtes officiels de Cabinda.
Dès l’arrivée à Cabinda, le groupe d’exilés a apprécié l’accueil chaleureux lui réservé. Les membres de la délégation ont bien apprécié le fait qu’ils aient été logés dans le prestigieux hôtel Mayombe qui a aussi bien une histoire coloniale que de l’insurrection qualifiée à son temps de « Golpe » de Cabinda, c’est-à-dire de coup d’état militaire de l’occupation cubaine après le coup d’état de la révolution des œillets au Portugal en avril 1975.
Les compagnons de Sozinho ne pouvaient manquer de ressentir la considération dont ils étaient entourés de la part des autorités provinciales. Aussitôt ils commencèrent par reconnaître la bonne volonté de leurs hôtes. Ce sentiment est allé grandissant tout au long de la visite. Cela était patent dès la première soirée quand la délégation sera reçue par le gouverneur de province dans le véritable bijou de sa résidence officielle.
Moment décisif de rapprochement
L’éclat de cette résidence est sans pareil et on ne pouvait l’imaginer sans avoir palpé soi-même la beauté de la réfection de ce vieil et prestigieux édifice érigé à leur temps par des hollandais qui comptent parmi les premiers occupants occidentaux de Cabinda. Toute la concession ainsi que le jardin décoré avec des statues de la faune cabindaise sont d’un attrait incontestable. L’intérieur et d’une autre merveille architecturale mêlant style romaine, coloniale et moderne avec des couloirs bien décorés menant à une salle de réunion très moderne bâtie en forme de minuscule amphithéâtre avec une tribune surélevée à laquelle est venu prendre place le gouverneur et ses adjoints ainsi placés face-à-face de leurs invités de la diaspora cabindaise.
Ce premier contact a été un moment décisif de rapprochement. Le gouverneur José Hannibal Rocha commençant pas saluer le chef de la délégation en l’appelant « Papa Sozinho » a touché la corde sensible de tout le groupe. Cela signifiait que l’administration actuelle cabindaise ne repousse pas les vétérans qui ont combattu pour la cause de l’émancipation du territoire de Cabinda et de sa population. Le vieux leader à l’honneur n’a pas manqué de rendre la pareille au gouverneur qu’il a remercié au nom de tous les membres de la délégation pour l’invitation leur adressée
Il s’engagera ensuite un long échange au cours duquel l’autorité numéro 1 de Cabinda s’est mis à expliquer les tenants et aboutissants de tout le programme de pacification et de reconstruction qu’il avait entreprise aussitôt qu’il fut nommé à la tête de la province. Il indiquera que toute l’action qu’il a engagé ainsi que le lui a recommandé le gouvernement angolais consistait à changer le Cabinda qui représente une province méritant de bénéficier d’un statut spécial par rapport à toutes les autres provinces du territoire angolais.
Le gouverneur José Hannibal Rocha a clairement laissé entendre que le Cabinda qui contribue pour la plus grande part au budget de l’Etat angolais doit avoir un traitement spécial mais qu’il était hors de question d’envisager actuellement sa séparation d’avec la mère patrie l’Angola, comme le revendiquent les indépendantistes cabindais. Le statut spécial que le pouvoir angolais a réellement accepté d’accorder à ce territoire doit être saisi et bien compris par les leaders politiques cabindais pour coopérer et favoriser le développement que mérite le Cabinda.
Beaucoup d’explications furent données patiemment par le gouverneur de province sur tout le programme entamé de pacification et de la reconstruction du Cabinda. Tous les chantiers ouverts des travaux de réfection ou d’érection d’infrastructures tant au chef-lieu de province qu’à travers l’ensemble du territoire sont la concrétisation du lancement effectif du vaste programme de modernisation de la province. M. José Hannibal Rocha visiblement ému ira jusqu’à exprimer son ambition de transformer dans ce processus le Cabinda en une sorte de Dubaï à l’éclat méritoire même supérieur à cet illustre état des Emirats arabes !
Les visiteurs de la diaspora cabindaise ont alors été conviés à apprécier les changements réalisés et donner leurs avis que le gouverneur promettra de prendre en compte. La ronde des territoires de la province allait être organisée à cet effet. M. Sozinho indiquera pour sa part dans une première réponse à l’adresse du gouverneur que les membres de la délégation allaient lui exprimer leurs considérations sur toutes les réalités des transformations qu’ils auront palpées à la fin de la visite. (A suivre)
(DN/Yes)
Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 08/02/2009 10:44:50