Il y a de cela trois mois que la production à la Minière de Bakwanga est à l’arrêt. Et pour cause. Des décisions de gestion prises de commun accord avec la tutelle administrative et financière n’ont pas permis d’opérer la relance tant attendue. Les 11 millions de dollars américains de prêt obtenu auprès de RawBank ont davantage enfoncé la Miba au lieu de la sortir de sa situation de crise et relancer sa production. La nature du prêt n’était pas appropriée à la relance d’une entreprise en difficulté comme la Miba, il était à court terme.

Le gouvernement qui s’était impliqué entièrement dans les négociations et la conclusion de ce prêt doit tirer des conséquences de l’échec et prendre des mesures appropriées contre ceux qui avaient proposé des solutions inadaptées. C’est cela aussi la bonne gestion, particulièrement lorsque des millions de vie sont mises en danger. Personne ne l’ignore, la Miba fait vivre tout l’espace kasaïen.

Dans un mémorandum adressé à la ministre du Portefeuille, la délégation syndicale de la Miba est claire : «L’argent provenant du crédit RawBank et affecté à la production n’a pas produit les effets escomptés». La sentence est sans appel. La délégation syndicale va plus loin : «le secteur de production est le plus affecté par le manque d’engins, de pièces de rechange, de consommables, de moyens de transport».

Dans ces conditions, le travail ne pouvait s’effectuer à la Miba au point que pendant trois mois, aucun carat n’a été produit, révèle les syndicalistes. Pire, des véhicules Miba ont été vendus, sans assurer, en contrepartie le transport des travailleurs jusqu’au polygone, considéré comme principal site d’exploitation. La délégation syndicale regrette que cet argent n’ait pas été affecté «à l’acheminement des pelles neuves qui traînent à Lubumbashi depuis six mois». Plutôt que de se livrer en spectacle dans une guerre médiatique, les syndicalistes de la Miba en appellent à la ministre de tutelle pour que des mesures soient prises.

«La Miba ne fermera pas»

Dans le l’éventualité d’un déficit avéré, les responsables de l’Exécutif devraient constater la carence et prendre des dispositions qui s’imposent afin de permettre à la Miba de résister jusqu’à la période des vaches grasses. Il est vrai que le prix du diamant a chuté de manière spectaculaire, mais la tendance ne restera pas la même indéfiniment. Les travailleurs de la Miba s’accrochent à cette phrase d’espoir du gouverneur Alphonse Ngoy Kasanji du Kasaï Oriental. Toutefois, ils gardent un optimisme responsable face aux ratés, à répétition, constatés dans le processus piloté par la ministre du Portefeuille et l’actuel comité de gestion. Les thérapeutiques proposées et quasiment imposées à la Miba n’ont pas porté des fruits.

«Malgré les difficultés que traverse l’entreprise, la Miba ne fermera pas ses portes», a déclaré le gouverneur Ngoyi Kasanji. Il poursuit : «quand ça ne va pas à la Miba, ça ne va pas non plus Sur l’ensemble de la province».

(CL/PKF)

Le Potentiel