C’est un Francis Kilombo qui a dé­posé jeudi dernier, en debut d’après-midi, une requête au greffe de la Cour suprême de justice. Le député na­tional Kalombo a saisi cette haute instance judiciaire pour solliciter l’annulation de l’édit n°0001/08 du 22 janvier 2008 portant créa­tion de la Direction générale de recette de Kinshasa. Aux motifs que cet édit viole la Constitution, et ne repose sur aucune base juridique.

En clair, cette déci­sion a été mise en oeuvre sans référence à la Cons­titution et sans attendre la promulgation au niveau de l’Assemblée nationale, des lois concernant les préroga­tives légales dévolues aux assemblées provinciales de créer des services d’assiet­te et autres.

C’est ainsi qu’à la lecture du texte portant création de la DGRK, Fran­cis Kalombo relève à la fois des vices de forme et de fond. Sur le plan de la for­me, cet édit, est dépourvu d’une référence légale et ne fait aucune allusion à une prérogative constitutionnelle ou une disposition juridique particulière pouvant asseoir son fondement.

Avec la confusion délibérément entretenue par cet édit, on ne serait pas surpris de voir chaque province créer sa propre “DGRK”!. Le Bas-Congo aurait ainsi sa DGRBC, le Katanga, sa DGRKat, le maniema, sa DGRMan, le Bandundu, sa DGRBand.

Dans un Etat de droit, a martelé le député national Kalombo, c’est le respect des lois qui doit gui­der l’action des institutions démocratiques, telles que les assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux.

Aujourd’hui, violer la Constitution risque de deve­nir un sport national. On tue ainsi la république, s’est-il écrié, avant d’ajouter qu’il appartient aux citoyens con­golais de dénoncer toutes les violations de la Constitu­tion.

A la question de savoir quel sort pourrait être réservé à son millier d’agents, si la DGRK venait à être supprimée, le député Kalombo a laissé entendre que la DGI reprendrait toutes ses prérogati­ves et récupérerait tous les agents de la DGRK.

Comme pour enfon­cer le clou, il a réservé une copie de sa requête au Pre­mier ministre, au ministre des Finances et à son collègue du Budget, pour sollici­ter du gouvernement, l’envoi des missions d’enquête et la prise des mesures conser­vatoires en attendant l’arrêt de la Cour suprême de justi­ce. Signalons que le député national Francis Kalombo en déposant sa requête, s’est acquitté de toutes les formalités exigées par la procédure devant la Cour suprême de justice. C’est auprès du greffier principal Mme Nzolele qu’il a rémis sa requête en annulation, les pièces jointes, ainsi que les frais requis pour ce fai­re.

Et avant de quitter la Cour suprême de justice, il a tenu à préciser que par cette démarche, il ne s’at­taquait pas aux personnes, mais aux violations de la Constitution, la loi fonda­mentale.

(CL/Ern./GW/Yes)

J.R.T./Le Phare