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La RDC va participer activement au 12ème sommet de l’UA qui s’ouvre dimanche 1er février à Addis-Abeba en Ethiopie où le ministre des Affaires étrangères Alexis Thambwe Mwamba conduit la délégation congolaise aux travaux de cette rencontre continentale appelée à débattre des dossiers sensibles aujourd’hui en Afrique

Dimanche 1er février, s’ouvre à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie, le 12ème sommet de l’ Union africaine. Parmi les points débattus lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères, réunion qui précède celle des chefs d’Etat, la situation en République démocratique du Congo ne figure pas à l’ordre du jour. Comme si l’affaire a été déjà classée. Est-ce un dossier oublié ?

La grand-messe des chefs d’Etat de l’Union africaine s’ouvre ce dimanche 1er février à Addis-Abeba. Il s’agit de la 12ème session de l’organisation africaine qui prendra fin le 3 février. Trois jours durant, il sera question de la situation économique en Afrique, et particulièrement des infrastructures. Mais également du Zimbabwe, de la Libye avec la mise en place du « gouvernement africain », de la Guinée et de la Mauritanie, suite aux coups d’Etat dans ces pays. C’est ce qui se dégage des travaux des ministres des Affaires étrangères qui préparent les dossiers à soumettre à l’appréciation des chefs d’Etat et de gouvernement.

Ainsi qu’on l’aura constaté, nulle part il est question d’un examen approfondi ou de l’évaluation de la situation en République démocratique du Congo. Tout se passe comme si les choses s’étaient rapidement améliorées pour que l’on n’accorde plus d’attention à cette situation préoccupante et qui menace toujours l’Afrique des Grands Lacs. L’attitude paraît surprenante comme s’il s’agissait déjà d’un dossier oublié. Et pourtant, il ne le faut pas.

Attitude surprenante, il est vrai, comme si la guerre au Kivu était un fait divers. Une situation de guerre qui a pourtant provoqué un désastre humanitaire sans précédent en Afrique. Près de 2 millions de personnes déplacées et la mort des centaines de milliers de morts.

Aller jusqu’au bout

Devant ce drame humanitaire aux conséquences imprévisibles dans toute la région des Grands Lacs, une certaine solidarité internationale s’est manifestée pour assister les populations congolaises en détresse. Entre-temps, le Conseil de sécurité a adopté la Résolution 1856 pour renforcer le dispositif militaire de la Monuc et soutenir l’initiative du secrétaire général de l’ONU relative à l’institutionnalisation des « négociations directes » entre le Gouvernement de Kinshasa et la rébellion armée du CNDP. D’où Nairobi III. Quand bien même qu’il y aurait eu une « fin surprenante » de la guerre et l’accord entre la RDC et le Rwanda pour traquer les Interahamwe, donc les FDLR, le dossier n’est pas pour autant bouclé. Bien au contraire, l’œuvre demeure inachevée et qu’il faut absolument la parachever pour éviter d’autres surprises désagréables.

Kinshasa : reprendre l’initiative

Qui a intérêt de voir ce dossier afficher un goût d’inachevé ? Kinshasa ne doit pas s’inscrire dans cette logique d’irresponsabilité politique. Certes, Nairobi III a été court-circuité par l’évolution de la situation militaire sur le terrain. Serait-ce fait à dessein pour miroiter à Kinshasa une fin de guerre qui n’a pas encore livré tous ses secrets ? C’est possible.

Devant cette hypothèse, il revient à Kinshasa de faire preuve de maturité doublée de responsabilité politique pour que le processus de Nairobi III aille jusqu’à bon terme. Si l’on peut tolérer l’annulation de la rencontre du 25 janvier 2009 à Nairobi, Kinshasa devrait avoir cette présence d’esprit d’exercer une pression sur l’ONU, l’UA et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour que la réunion du 31 prévue toujours à Addis-Abeba se tienne. Il revenait à cette rencontre d’endosser les résultats de Nairobi et l’accord de Goma. Ce qui devrait permettre à la facilitation internationale, c’est-à-dire, Olusegun Obasanjo et Benjamin M‘Kapa de se présenter devant les chefs d’Etat africains et dire : « Messieurs, mission accomplie ». Les dirigeants africains auraient alors pris acte, conférant ainsi un contenu politique et juridique, à portée nationale et internationale à tous les acquis ayant concouru au retour de la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs.

Force est de nous empresser de relever que dans certaines capitales occidentales, la tendance est de « sous-estimer les efforts africains de résolution de crise ». En effet, à en croire des sources concordantes, certains conseillers du président français ont mal digéré les réactions des Congolais et des Rwandais face au Plan Sarkozy. Ce « plan », comme on le sait, ignore superbement la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la Communauté économique des pays des Grands Lacs. François Soudan écrit ceci, dans son article intitulé «  Grands Lacs : Que cherche Sarkozy ? », paru dans l’édition n°2507 du 26 au 31 janvier 2009 de Jeune Afrique, faisant allusion aux groupes de travail mixtes Elysée–Quai d’Orsay : « Les Congolais nous renvoient à cette coquille vide qu’est la Communauté économique des pays des Grands Lacs. Or, la CEPGL est comateuse depuis vingt ans, ironise à Paris un proche du dossier (Ndlr, Plan Sarkozy). Ils parlent de souveraineté menacée, mais qui mieux que la France a toujours défendu la souveraineté congolaise ? Sarkozy est le seul dirigeant occidental important à se rendre à Kinshasa, il ne va pas y aller pour faire des ronds de jambe, mais pour être utile à la paix. Quant aux Rwandais, ils seraient bien inspirés de changer de stratégie et de saisir la main qui leur est tendue ».

Toujours des propos provocateurs et méprisants. A Kinshasa de s’imposer une réflexion sérieuse pour éviter toute surprise inhérente à des impondérables des initiatives au goût inachevé.

(DN/PKF/Yes)

Freddy Monsa Iyaka Duku/Le Potentiel



Last edited: 31/01/2009 11:16:12

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