En un tour de main, ils avaient fait ménage autour d’eux. Prenant leur jambe au coup, les kuluneurs ne trouvèrent leur salut que dans la fuite.
Venus en masse dans le cadre des cinq chantiers, les chinois ont, curieusement, dévié de leur objectif pour rivaliser d’ardeur avec les nationaux dans le petit commerce. Un peu partout poussent des magasins tenues par ces asiatiques qui poussent l’outrecuidance jusqu’à opérer dans les bas quartiers de Kinshasa. On ne s’offusque plus de surprendre un chinois en train d’arpenter les montagnes de Kisenso ou délire domicile en plein Kinsuka pécheur. Preuve qu’ils sont bien intégrés dans ce qui tient désormais d’une seconde Patrie.
Mais là ou le bât blesse, c’est le fait que cet enracinement social des descendants de Mao Tse Tung s’accompagne souvent des travers qui offusquent plus d’un compatriote. Voulant satisfaire leur libido au nom de la liberté d’expression deux chinois ont récupéré deux jeunes filles en leur faisant miroiter un certain bonheur. Forts des recettes réalisées le jour, ils n’ont pas eu de peine à appâter leurs proies à qui ils offriront sur le coup, une ronde sentimentale au clair de lune avec pour point de chute, une terrasse à Matete.
Là, ils dépensent sans brancher à la grande satisfaction de leurs partenaires gérées au petit bonheur et visiblement émues par tant de sollicitude affichée à leur endroit. Cette entrevue débouchera sur une liaison sentimentale contre-nature qui ne manque pas de susciter bien d’interrogations. Pour les deux jeunes filles, c’était un motif de fierté personnel, d’autant plus qu’apprivoiser un chinois pur sang relève d’un exploit. Aussi, chaque soir, les deux couples se donnaient rendez-vous à la fameuse terrasse de Matete suscitant la curiosité des passants.
Un soir, alors qu’ils trinquaient paisiblement au-même endroit, une meute des jeunes gens visiblement hystériques entourèrent le lieu. Ils chantaient à tue-tête un air de combat, chacun deux arborant une arme blanche. Le rituel annonciateur d’un coup de force était presque connu dans ce quartier gangrené par la voyoucratie et le gangstérisme.
« Wapi bango ? » (Ou sont-ils ?), hurlait celui qui passait pour être le chef de bande.
Avec son juste corps qui dessinait parfaitement son anatomie de gladiateur, il écarquillait ses yeux rougeâtres à force que montait la tension. Attablés à quelques encablures de là, les deux chinois éprouvent bien du mal à maîtriser leurs partenaires qui, apparemment, avaient vite décrypté la scène. Leurs copains enfoirés venaient s’enquérir de leur infidélité et au besoin régler leur compte aux deux chinois.
En un tour de main, un projectile fut lancé sur les deux chinois, puis un deuxième, avant que toute la masse se rue sur eux. Bokoyeba biso. (Vous allez connaître qui nous sommes), criaient les envahisseurs au grand dam du tenancier du bar. Puis, en un temps deux mouvements, les deux chinois - retires de leur étreinte - prennent garde les deux poings fermés dans le pur style du Kung Fu. Les Kuluneurs en surnombre s’imaginer alors qu’ils pouvaient écraser les deux chinois de petite taille. La bagarre s’installe, les coups s’enchaînent. Les chinois, d’une souplesse inouïe, virevoltent sur eux-mêmes, se balancent en l’air, roulent magistralement leurs pieds en faisant des dégâts autour deux.
Pour peu, on se croirait sur une scène d’Hollywood tant la démonstration faite par les deux chinois reflétait leurs qualités athlétiques. En un tour de main, ils avaient fait le ménage autour d’eux. Prenant leur jambe au coup, les Kuluneurs ne trouvèrent leur salut que dans la fuite. Quant aux deux jeunes filles par lesquelles l’incident s’est déclaré, elles ont disparu dans la nature.
Comme quoi, il faut se garder d’offenser ou de provoquer un chinois, fut-il de petite taille. On ne sait jamais.
(Milor/GM/PKF)
AD/Uhuru
Last edited: 29/01/2009 17:13:31