La défense du chef de guerre en Ituri Thomas Lubanga a beau invoquer devant les jurés de la CPI tous les artifices innocentant son client, le procès que d’aucuns croyaient ne jamais pouvoir se dérouler est en train d’établir d’ imparables charges pour de lourdes condamnations
Enrôlement des enfants de moins de 15 ans dans un groupe armé, leur conscription et le fait de les avoir fait participer à des conflits armés. C’est de ces trois crimes, repris comme crimes de guerre par le Statut de Rome, que doit répondre Thomas Lubanga devant la Cour pénale internationale(CPI). Le procès a démarré le lundi dernier à La Haye, aux Pays-Bas.
Le procès Thomas Lubanga est très important dans la mesure où c’est le premier qui s’ouvre depuis la création de cette juridiction internationale novatrice en 1998. D’aucuns sont d’avis qu’il s’agit d’un grand défi à relever par la justice internationale qui doit juger sans faille des crimes considérés comme odieux par la communauté internationale et qui mettent en péril tous les instruments internationaux relatifs aux droits humains. Particulièrement en ce qui concerne les enfants, garçons et filles, dont l’avenir est compromis du fait de la boulimie du pouvoir des leaders politiques ou militaires.
Thomas Lubanga représente à ce jour tous les adultes qui se recrutent dans la politique et des mouvements politico-militaires ou des rebellions. Et qui doivent être tenus pour pénalement responsables non seulement des abus commis à l’endroit des enfants mais également des actes répréhensibles posés par ces derniers à la communauté.
Il est vrai que le chef de l’UPC mais également présumé commandant en chef de la branche armée FLPC n’est pas le seul pénitentiaire à La Haye. D’autres Congolais attendent aussi d’être jugés, notamment Germain Katanga et Matthieu Ngudjolo. Dans un autre boxe se trouve Jean-Pierre Bemba. Sénateur, ancien vice-président de la République pendant la transition, présumé pénalement responsable des crimes de guerre et contre l’humanité commis par les troupes du MLC en 2002 en République centrafricaine.
D’autres Africains courent sous des mandats internationaux délivrés par la CPI. Il s’agit notamment du président du Soudan El Bechir, du chef rebelle soudanais de la LRA, Joseph Koni, du nouvel homme fort du CNDP Bosco Ntaganda, tombeur de Laurent Nkunda.
L’affaire Thomas Lubanga ainsi que toutes les autres qui attendent d’être fixées constitue un signal fort à l’endroit de tous ceux qui ont commis et qui continuent à commettre des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide traverse le monde. Quand bien même de nombreux d’observateurs se montreraient sceptiques quant à la capacité de la CPI à se saisir des crimes similaires qui se commettent, notamment au Proche Orient et au Moyen Orient et dans lesquelles des grandes puissances occidentales se trouvent impliquées. Cette justice internationale apporterait un souffle nouveau à toute l’humanité si elle ne se montrait pas sélective. Pour plus de dissuasion.
(CL/Milor/GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 28/01/2009 18:19:18