L’ancien lieutenant de Nkunda, le général Bosco Ntaganda, dont l’éloignement de son chef a permis la déstabilisation de leur mouvement politico-militaire Cndp et facilité la cessation des hostilités dans les Kivu n’aura pas pour autant effacé ses propres crimes pour lesquels HRW exige son arrestation
L’Organisation non gouvernementale internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch, réclame l’arrestation du général Bosco Ntaganda. Le HRW fustige le fait qu’aucune démarche ou action ne soit initiée par le gouvernement congolais dans le sens d’amener l’actuel chef d’état-major du Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, devant la justice. L’organisation a donné cette position dans un communiqué publié le 23 janvier courant.
Human Rights Watch souhaite que Bosco Ntaganda réponde de ses actes qui vont à l’encontre des droits de l’homme devant la Cour pénale internationale où un autre Congolais Thomas Lubanga comparait pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans durant la guerre de 2003 dans l’Est du territoire congolais.
“Nous étions très sidérés lorsque nous avons appris qu’il y avait une conférence de presse tenue conjointement entre Bosco Ntaganda et le ministre congolais de l’Intérieur. Nous déplorons que le moindre effort ne soit fourni par Kinshasa pour arrêter le chef d’état-major du Congrès “, constate avec amertume Anneke Van Woudenberg, une chercheuse à Human Rights Watch.
L’organisation demande donc au gouvernement congolais de rompre avec le silence qui, malheureusement, selon l’organisation, est de nature à encourager l’impunité. C’est des choses qui ne doivent pas continuer, franchement’, a dit la chercheuse de l’Ong qui souligne que Bosco Ntanganda mérite la prison.
Selon Anneke Van Woudenberg, le chef d’état-major du Congrès pour la défense du peuple (CNDP), est responsable de graves crimes dans le district d’Ituri dans la province Orientale. C’est un individu qui, non seulement a commis des atrocités, mais aussi celui qui les encourage. De ce fait, il ne constitue donc nullement un partenaire viable ni pour le gouvernement congolais ou rwandais, ni pour son mouvement, le CNDP”, déclara-t-elle sur une chaîne de radio locale.
Brandissant son expérience de 10 ans sur le sol congolais, Anneke Van Woudenburg estime que des individus de l’acabit de Bosco Ntaganda finiront toujours par poser d’autres actes très nocifs à la paix dans la région:” On n’arrive jamais à une paix durable avec des gens qui ont commis ces types de crimes “, conclut-elle avec l’espoir que Kinshasa l’écoutera en ne laissant pas Bosco Ntaganda libre de tout mouvement partout en République démocratique du Congo. Il faut l’arrêter.
Dans l’entre-temps, le chef rebelle, pilote du CNDP est aux arrêts au Rwanda depuis le 23 janvier dernier à Gisenyi où il fut surpris par les forces rwandaises. L’arrestation de Laurent Nkunda par le Rwanda est, certes, sujet de diverses interprétations aussi bien au Congo qu’au Rwanda. Mais la majorité des populations du Congo démocratique réclament-elles aussi que justice soit faite. Plusieurs Congolais attendent voir le rebelle à la barre pour répondre de ces actes.
Jusque-là, un silence finalement inquiétant aussi bien du Rwanda que de Kinshasa laisse libre cours aux rumeurs de tout bord Wait and see…
(DN/Th/GW/Yes)
L’Observateur
Last edited: 28/01/2009 17:20:39