L’année 2009 s’annonce rude pour l’économie de la RDC en raison de la chute des prix des matières premières et de la baisse de la demande mondiale. Il est craint que l’impact négatif de la crise financière internatio­nale n’aggrave la situation des plus pauvres en RDC. Ainsi, la Banque mondiale s’engage à accompagner la RDC devant cette période de turbulences afin d’assurer la stabilité du cadre macro-économique.

Un appui à la balance de paiement de 100 millions de dollars sera ac­cordé à la RDC pour limiter l’impact de la crise en RDC. L’information a été li­vrée à la presse ce mardi 27 janvier par la Directrice des opérations de la Banque mondiale à Kinshasa. Marie Françoise Marie Nelly a animé une conférence de presse pour faire le point sur les réalisations de la Banque en 2008 et l’agenda 2009. De cette prestation, il ressort que les pers­pectives économiques de la RDC en 2009 sont sombres. Cette année sera difficile.

La Banque s’apprête à disponibiliser des fonds pour atténuer l’impact de la crise financière internationale. Les 100 millions de dollars promis vont permet­tre à l’Etat d’appuyer la balance de pai­ement et d’apporter les devises néces­saires pour assurer les importations. Par ailleurs, la BM entend aider le gouvernement en assurant le financement des lignes budgétaires sensibles. En outre, le paiement des factures d’eau et d’électricité de consommation de l’Etat va permettre d’aider à la  Regideso et la Snel.

Nécessité d’engager des réformes

­Dans un contexte de crise, la RDC ne doit pas se résigner et croiser les bras, même si les perspectives ne sont pas bonnes, il y aura à terme une reprise de l’économie mondiale. Tout le monde attend cette reprise. Pour Marie Françoise Marie Nelly, la RDC doit en profiter pour mener des réformes de fond. Ainsi, quand la croissance mondiale reprendra le pays sera prête à en tirer les fruits. Entre autres, les réformes prio­ritaires sont: l’amélioration de la gestion des finances publiques, la consolidation du processus de décentralisation, la redynamisation du portefeuille de l’Etat,...

Tout cela doit se faire, dira-t-elle, avec un leadership de haut niveau du côté du gouvernement. Cela suppose des interactions positives et une cohé­sion au sein du gouvernement. Il faudra aussi déterminer des priorités pour avoir des résultats. Du côté des partenaires au développement, il va falloir renforcer l’harmonisation et la concertation afin d’améliorer les résultats sur terrain.

Dans ces réformes, la lutte con­tre la corruption, le renforcement de la justice,   l’adhésion à l’OHADA,... va permettre à la RDC de réaliser un saut qua­litatif sur la voie des réformes structurel­les. Ainsi, la directrice des opérations a fait part de la conférence de presse qu’elle a tenue dernièrement à Paris avec le Medef (patronat français).

Il y a eu près de 380 entreprises représentées. Cela traduit l’importance accordée à la RDC, même en temps de crise. Au fait, tout le monde attend une évolution positive pour rebondir. La RDC doit être prête le moment venu.

Portefeuille de la Banque

Malgré la fragilité de la situa­tion en raison de la crise financière in­ternationale, la Banque mondiale va accompagner la RDC pour que les dépenses sociales en faveur de pau­vres ne soient pas affectées. Et ce même, s’il est vrai que les finance­ments extérieurs vont se raréfier. Pour 2009, la Banque mondiale vise trois objectifs en RDC.

Il s’agit d’accélérer l’exécution des projets pour plus de visibilité dans le domaine social, de mettre l’accent sur les vulnérables dans les secteurs so­ciaux où il y aura baisse des ressour­ces de l’Etat et de promouvoir la bonne gouvernance.  Dans le volet bonne gouvernance et lutte contre la corruption, il est prévu une rencontre entre le département d’intégrité institutionnelle (INT) de la Banque et les coordonnateurs des pro­jets. Pour avoir une performance opti­male de la Banque, Marie Françoise Marie Nelly compte sur un bon lea­dership du gouvernement, pour obtenir des résultats.

Faisant le bilan de l’année 2008, la directrice des opérations de la Ban­que en RDC a relevé que beaucoup a été fait. Après sa prise de fonction dé­but 2008, en mars il y a eu la revue de performance du portefeuille de la Banque en RDC. Après avoir fait le point des projets et programmes, il y a eu quatre re­commandations majeures : réduire les projets à problème, traiter des problè­mes transversaux des projets (pas­sation des marches, suivi évaluation, ...), rechercher un meilleur impact sur terrain et passer à la mise en place des projets sectoriels.

Cette revue du portefeuille a permis de noter l’existence de 11 projets à caractère national et 2 projets à caractère régional, pour un total de 2,3 milliards de dollars dont environ la moitié décaissés. Depuis ce constat, le porte­feuille a grossi avec l’approbation de trois nouveaux projets (pro routes, gouvernance et décentralisation, et ali­mentation en eau en milieu urbain. Il s’agit de trois projets respective­ment d’une hauteur de 180 millions USD, 50 millions USD et 190 millions. Selon les dernières informations, une prochaine revue du portefeuille pour­rait avoir lieu en mars 2009.

(DN/Th/GW/Yes)

Didier Munsala Buakasa/L’Observateur