Toutefois, les proches du gouverneur de l’Equateur continuent d’arguer que José Makila Sumanda paie tout simplement les frais pour avoir dévoilé les trames d’une opération retour des fonds et enlevé le steak de la bouche de ceux qui veulent le couler.
C’est bientôt peut être l’épilogue autour du dossier croustillant des 85 millions FC détournés à Gemena au détriment des enseignants locaux à qui cet argent aurait été envoyés pour le liquidation des arriérés de salaires. Cette question a tellement fait couler autant d’encre que de salive dans l’opinion après que l’Assemblée nationale s’en soit saisie pendant des heures et des heures de débats.
Une mission parlementaire a été diligentée pour se rendre à Gemena en vue de tirer les choses au clair. Revenue, son rapport a donnée lieu à des chaudes envolées oratoires au sein de l’Assemblée nationale, et l’affaire connue du grand public. José Makila affiche sérénité. Le gouverneur de l’Equateur n’a jamais détourné. Il aurait tout simplement demandé qu’on affecte ce fonds visiblement destiné au district du Sud-Ubangi aux travaux d’infrastructures comme indique le libellé « compte mis à la disposition de Gemena que l’on peut lire en fac-similé. Sans plus.
Entre-temps, beaucoup sont ceux qui voient José Makila, le gouverneur de la province de l’Equateur, s’en tirer mauvais compte, certains députés ayant émis le voeu de le voir traduit en justice pour répondre de ce détournement de deniers publics. En attendant que les choses s’éclaircissent, une enquête indépendante menée sur les traces de la mission parlementaire vient de jeter le pavé dans la marre. Elle démontre clairement que le fonds de 85.243.546,00 FC supposé détourné. L’argent pour lequel les romains s’empoignent serait tout simplement un fonds flottant - voir fac-similé - dont le motif et l’expéditeur restent inconnus.
Après avoir contacté plusieurs personnalités importantes de l’Equateur intéressées par le dossier dont le commissaire de district Lumbwe wa Kisimba et son adjoint chargé du développement, l’inspecteur principal provincial de l’EPSP, le service de la paie, le SECOPE Gemena, le préfet du collège Elykia, La directrice et les enseignants de l’EPA du 04 octobre, le directeur de la succursale de la BCC à Mbandaka..., ceux qui ont mené l’enquête indépendante restent convaincus que la communauté nationale est en train de passer à côté d’une occasion unique de mettre à nu une vaste opération retour des fonds publics et que le CDD du Sud Ubangi et le gouverneur de l’Equateur sont en réalité les victimes expiatoires des commanditaires de cette opération frustrés par le fait que les deux personnalités mises en cause aient étalé au grand jour cette opération.
L’enquête révèle que l’argent en question n’a pas été destiné aux enseignants de Gemena pour la simple raison que son libellé dans le livre des comptes courants de la BCC indique: Compte mis à disp Gemena. Sans plus.
Insinuer que l’argent prétendu détourné était destiné à la paie des arrières du mois de mars est mal perçu par des analystes. Ceux-ci estiment que c’est une aberration pour autant que le salaire du mois de mars a été gelé parce que sensé être aligné sur le barème appliqué chez les fonctionnaires. Depuis, cet argent n’avait pas été envoyé. C’est donc une affaire nationale qui ne peut pas concerner un seulcoin de la République.
Le CDD Gemena alerté par son ordonnateur délégué, a attendu 48 heures sans qu’aucun soubassement, comme exigé, suive ce montant. Dans le même ordre d’idées, le CDD Gemena, en réunion de sécurité, a carrément décidé de demander des instructions à sa hiérarchie de Mbandaka. D’ailleurs, nulle part il n’est dit que cet argent était destiné à payer les arriérés des salaires des enseignants. Toutes les démarches menées à cet effet soit par le CDD, soit par le gouverneur pour connaître l’expéditeur -provenance-de cet argent qui n’est même pas passé par la direction de la BCC à Mbandaka se sont révélées infructueuses.
Les professionnels de l’opération retour auraient décidé de liquider Makila qui par inadvertance aurait dévoilé le pot aux roses. Finalement, l’argent aurait servi à achever et aménager des infrastructures d’intérêt public dont un pont et un bâtiment en faveur de la Fonction publique à Gemena.
L’enquête se dit préoccupée à ce jour de découvrir l’identité de l’expéditeur de ce fonds surtout que pendant la même période, des sources proches de la territoriale indiquent 85 millions FC atterrissaient à Gemena, un autre montant de 36.000.000 FC était réceptionné à Gbadolite et au mois de juin de l’année dernière, un montant de 1.278.653,19 FC se trouvait logé à la succursale de la BCC à Gemena. Les craintes de ceux qui ont mené l’enquête accroissent dans la mesure où, à ce jour, cet argent serait porté disparu des caisses de cette banque.
Le rapport reste encore formel sur le fait que contrairement à ce qui a été soutenu, le commissaire de district du Sud-Ubangi ne se trouvait pas à Gemena lorsque la mission d’enquête parlementaire s’y était rendu. Il était, selon le rapport, à Kinshasa où il répondait à une invitation du ministre de l’Intérieur pour une confrontation avec Sedea Zabusu, le Vice-ministre de l’EPSP sur le problème de 85 millions FC. « c’est à son retour à Gemena qu’elle a rencontré à l’Aéroport, les députés en fin mission avec lesquels il avait taillé bavette séance tenante », note l’enquête.
Quand à José Makila, le gouverneur de l’Equateur. dans une déclaration publique, il ne s’est pas empêché de noter qu’il n’existe aucun plaignant pour ce fonds alloué par l’Etat et qui a été régulièrement réquisitionné et a servi à la réalisation des ouvrages publics à impact visible.
« Je ne tiens à prêter aucune confusion susceptible de me qualifier de renégat de l’opposition ou de l’approuvant de la majorité. Mais j’affirme à l’intention des uns et des autres que le pouvoir auquel je participe en tant que Gouverneur est un bateau solidaire », a prévenu José Makila en ajoutant qu’il ne faut pas liquider le capitaine de ce bateau au risque de le voir chavirer au détriment de tous.
En conclusion, José Makila n’est pas allé par quatre chemins: « Comme la République démocratique du Congo est un Etat de droit, la justice sera faite ».
(CL/Ern./GW/Yes)
Laurent Buadi/Africa News