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Bonjour | 18/03/2010 4:05 | English Make DC Home page | RSS feed

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Parmi les fléaux qui empestent la circulation sur les routes congolaises au grand énervement des automobilistes, le mauvais état de la grande majorité des voies n’est rien à côté de la gangrène de la corruption dont les policiers de roulage croient faire un droit acquis.

John Numbi serait-il ce patron qui place les policiers aux coins de rues très fréquentés pour rançonner les conducteurs des véhicules ? Nombreux sont ceux de RD-Congolais qui se souviennent  de ce texte de l’écrivain Peter Abraham appris à l’école primaire et mettant en exergue la mendicité forcée. « La mendicité forcée, mon patron me plaça à un coin de rue très fréquenté. M’ayant fourré dans les mains sa casquette, il me bourra les côtes en commandant : je te découperais ta peau en rubans si tu ne te mets pas à mendier immédiatement. Allez, vas-y », textuel. Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est cela l’impression que les policiers de roulage RD. congolais donnent. Tout étranger qui débarque à Kinshasa et emprunte les grandes artères de la capitale est amèrement surpris par le comportement peu commode qu’affichent les éléments de la PSR commis à la régulation de la circulation routière disséminés dans des carrefours de la ville. Lequel comportement s’érige malheureusement en une habitude. L’acte odieux débute toujours par un salut militaire renforcé par une courbette : « Bonjour patron ! »

Dès que le patron-souvent à bord d’une voiture de luxe­ fait un signe d’acquiescement, la demande s’en suit immédiatement : Patron, un sucré s’il vous plaît ». Pendant les fêtes de nativité et de nouvel an, les choses sont allées de mal en pis. « Joyeux Noël chef!... ». Bonne année patron... Un vœu somme toute normal mais avili par la main déjà tendue qui l’accompagne, forçant presque celui à qui il est adressé à accéder à la demande en mettant la main à la poche. Malheur à ceux qui sont tenus de faire de longues distances ou se livrent à de va et vient pour de raisons diverses. Dans leur quête obsessionnelle à mendier, les policiers ne se rendent même pas compte qu’ils ont déjà rançonné tel ou tel autre boss une ou deux fois auparavant. Ceux qui en sont victimes révèlent que les policiers ne sont pas les seuls à exceller dans ce job d’un genre nouveau.

Shegués-ces enfants de la rue, vigiles placés devant les supermarchés, les shops, agences des banques, agences de transfert de fonds... s’adonnent également à la mendicité, cette sale besogne. Parquer une voiture devant un magasin, ou n’importe quelle maison de commerce et bureaux devient infernal. Déjà, l’autorité urbaine, par le biais de la Direction générale des recettes de Kinshasa -DGRK-, a placé des jeunes dames qui récoltent les droits de parking auprès des automobilistes et autres propriétaires des véhicules en situation de stationnement. L’opération, bien que louable, est entourée d’un désordre indescriptible, aucune l’inscription ne prévient que tel parking appartient à la ville et tel autre est privé. Tout cela doit être organisé.

Mais au niveau de la Police spéciale de roulage-PSR-, la situation interpelle plus d’un. Parce que de fois, la circulation est perturbée pour la simple raison que les policiers Commis à la tâche de réguler le trafic sont, la plupart du temps, préoccupés à récolter leur dû auprès des conducteurs. Tout ceci ternit à tort l’image de la police dans son ensemble, alors que les efforts avaient été fournis par la hiérarchie pour lui débarrasser de brebis galeuses. Car, actuellement, rencontrer un groupe de policiers même tard dans la nuit sécurise plus qu’il y a quelques années. Quand on ajoute le fait qu’en dehors de la mendicité qui écorne l’honneur de la PSR, s’ajoute le rançonnement même pour des erreurs de conduite qui nécessitent juste un conseil, la coupe devient trop pleine. L’on en veut pour preuve ce qui se déroule au quotidien devant les bureaux de South african airways - SAA sur le Boulevard du 30 juin.

Embarrassé de choisir où payer

Les éléments de la PSR qui s’y trouvent ne prennent pas la peine d’indiquer la bonne direction que doit prendre un conducteur hésitant venant de la Gare centrale et voulant franchir le passage ménagé pour déboucher sur l’avenue Wangata, ou celui débouchant de cette avenue mais voulant emprunter le même boulevard pour se diriger vers le rond point Mandela. En cas d’hésitation de la part du conducteur, un ou deux policiers font irruption, prennent sans façon place à bord du véhicule. Souvent, l’un d’entre eux, le plus gradé se charge d’exiger les documents de bord. Le permis, la carte rose, l’assurance et la vignette sont vérifiés-de fois pas-mais se retrouvent en deux temps trois mouvements dans les poches du gradé. En ordre ou pas, l’infraction est signifiée, le montant de la pénalité, communiqué séance tenante. Une alternative est vite proposée au contrevenant. Accepter d’être amené au bureau pour payer le montant exorbitant auprès des autorités ou négocier et donner moins. Là dessus, le chef qui suit discrètement la négociation, donne son quitus au subalterne. Le reste dépend de la souplesse du contrevenant qui n’a pas de choix et ne peut que se plier devant cette sollicitation. Ce qui se fait à ce niveau du boulevard du 30 juin est la vraie image du spectacle que ce corps de la police offre dans la quasi totalité des carrefours de la capitale. Tout simplement désolant.

Salutation monnayée

L’autre comportement des PSR qu’il faut fustiger demeure cette salutation monnayée. mieux une courbette à l’endroit des personnes se trouvant à bord de grosses cylindrées. Les policiers sont tellement aguerris qu’ils savent identifier et distinguer, en un clin d’œil, le chauffeur du patron. Leur courbette se résume en un salut militaire renforcé d’un sourire flatteur accompagnés du bonjour patron, tozolia te (se traduisant par, on meurt de faim), une bien belle façon de discréditer son employeur, l’Etat RD-congolais. Pendant les fêtes de fin d’année, on pouvait entendre de la bouche de certains éléments de PSR, au croisement de l’avenue ex-­Huileries et du Boulevard du 30 juin, au rond point Huileries, et d’autres carrefours de la capitale la demande non voilée :

« S’il vous plait patron, un sucré... ». Partout, c’est le même spectacle répugnant. Difficile de faire un zoom de la situation sociale des policiers. Mais une chose est vraie, témoigne un conducteur, ces policiers se sont affiliés dans des ristournes par groupes de cinq, dix ou plus et chacun cotise par jour des montants variant entre  10 et 50 Usd. Tout cet argent provient de cette récolte presque forcée qu’ils opèrent auprès des usagers de la route en général et de la mendicité sur la personne des grosses légumes.

Des policiers saouls

Pour certains des policiers de la PSR, l’argent récolté sert à se saouler la gueule sans se préoccuper du reste. Dans la plupart des carrefours, on peut facilement remarquer des policiers dans un état d’ébriété. Au rond point des Huileries, un policier d’une minceur qui ne laisse aucun passager indifférent, visage fatigué et uniforme mal entretenue, est souvent en état d’ivresse avancé. De fois, on le surprend somnolant debout alors qu’il est en train de réguler la circulation. Souvent, ce sont des coups de klaxons intempestifs des véhicules qui le remettent à l’ordre. Lorsqu’il lui arrive de solliciter une faveur de la part d’un quelconque boss, ce n’est pas une demande en bonne et due forme mais une menace suivie des insultes en cas de refus d’accéder à sa sollicitation. Pour maints observateurs ayant l’habitude de passer par ce rod-point, il n’y a pas de doute que la hiérarchie est complice de cette situation. Autrement, comment comprendre que ce genre de comportements demeurent impunis ? La hiérarchie policière, avons-nous appris, aurait tenté de remédier à cette question en permutant certains policiers sans résultats positifs. Pour certaines personnes ahuries, l’on ne saurait remédier au mal sans penser aux sanctions exemplaires capables de redorer l’image ternie de la PSR, partant l’ensemble de ce corps de métier qui commençait pourtant à accrocher l’estime des Kinois.

(Milor/TN/PKF)

Kisungu Kas/AfricaNwes



Last edited: 20/01/2009 17:02:45

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