Constat de rapide évolution de la situation militaire au front de la guerre à l’Est : la signature du cessez-le-feu entre le chef d’état-major des forces du CNDP, les Fardc et le Pareco vient d’être suivie d’une visite commune à Mushake des généraux Mayala et Ntaganda
Les barrières qui séparaient autrefois les lignes des fronts entre le CNDP et les FARDC dans le territoire de Masisi ont été levées le week-end dernier. Le constat a été fait le dimanche 18 janvier par une délégation mixte FARDC-CNDP-Pareco qui s’est rendue à Mushaki, une localité située à 45 km au Sud-Ouest de Goma.
Dans une déclaration à la presse, le commandant de la 8ème région militaire, le général Vainqueur Mayala, a indiqué qu’un groupe d’officiers conduits par lui s’est rendu jusqu’à Mushaki, jusque-là, fief du CNDP.
A noter que dans ce déplacement, il a été accompagné du général CNDP Bosco Ntaganda et d’autres officiers du Pareco. Objectif : sensibiliser les populations civiles ainsi que les troupes armées à la nouvelle donne militaire dans la zone. C’est-à-dire informer les uns et les autres que les ex-belligérants sont devenus des alliés des troupes loyalistes pour combattre un ennemi commun, les FDLR.
Parlant du travail à abattre sur le terrain, le général Mayala a précisé qu’ils étaient en train d’examiner depuis lundi 19 janvier les modalités d’exécution de leurs accords.
Des Mai-Mai favorables au regroupement
De son côté, la Société civile locale apprécie ce geste positif des belligérants d’hier. John Banyene, président de cette structure sur l’axe Sake–Mushaki, pense que si la paix s’instaure réellement, cela va permettre aux populations civiles de se consacrer au développement. Et de noter que les habitants de Masisi exhortent les parties en conflits à la sincérité pour ne pas retomber dans la démagogie.
Les deux principaux groupes Maï-Maï opérant dans la province du Sud-Kivu se disent disposés à rejoindre le centre de regroupement de Luberizi, au motif de l’évolution observée au sein du CNDP. Les responsables de ces deux mouvements confirment que les FRF basés dans les Hauts Plateaux de Minembwe ne constituent plus un obstacle dès lors que le chef d’état-major du CNDP décide de réintégrer les rangs des Forces armées congolaises.
Cependant, les Maï-Maï Shikito, Richard Mukulumanya, ne précisent pas la date exacte du début de rassemblement de leurs troupes. Toujours est-il que le responsable de ce groupe a fait savoir qu’il a besoin de sept jours pour sensibiliser ses hommes. Cela, avant de déclarer : « Et nous et les FARDC, notre ennemi commun était le CNDP. Je pense que le CNDP et les FRF sont les mêmes et qu’aujourd’hui le CNDP a accepté de réintégrer les FARDC. Donc pour moi aussi il n’y a pas de difficulté d’aller vite, vite au regroupement pour faire amener mes éléments dans les FARDC ».
Pour sa part, le secrétaire permanent du Programme Amani au Sud-Kivu, Célestin Bamwisha, a rassuré que toute la logistique était prête au centre de regroupement de Luberizi. Il ne reste qu’à procéder à l’ouverture officielle. En outre, il a fait remarquer que la semaine en cours sera décisive pour le désengagement des groupes armés du Sud-Kivu.
Un bataillon de 1.500 soldat rwandais depuis ce mardi dans la traque des Fdlr en Rdc avec l’accord de Kinshasa
Le gouvernement de la République démocratique du Congo, par le biais de son porte-parole et ministre de la Communication, Lambert Mende, vient de confirmer ce mardi 20 janvier 2008, son accord pour une action commune avec le Rwanda afin de traquer les rebelles hutus rwandais, après l'entrée dans l'est de la RDC d'un bataillon de l’armée rwandaise.
«Nous avons lancé une invitation à l'armée rwandaise qui est venue avec des officiers de renseignement. C'est ça leur mandat », s’est confié à l’Afp Lambert Mende. Et d’ajouter : « C'est une opération menée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), appuyées par la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) ».
Comme l’on peut s’en rendre compte, la traque des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), réfugiés dans l'Est de la RDC depuis le génocide au Rwanda en 1994, a commencé mardi avec l'entrée d'au moins un bataillon de soldats rwandais au nord de Goma, capitale provinciale du Nord Kivu.
Les gouvernements rwandais et de la RDC avaient annoncé le 5 décembre 2008 leur intention de combattre ensemble les FDLR.
Selon des sources militaires, 800 à 1.500 soldats de l'infanterie rwandaise sont arrivés à Kibumba, à 35 km au nord de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
Le 16 janvier, une douzaine de commandants dissidents de la rébellion du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), emmenés par leur chef d'état-major, le général Bosco Ntaganda, avaient déclaré unilatéralement la fin de la guerre contre les FARDC et annoncé leur intention de traquer les FDLR aux côtés des armées congolaise et rwandaise.
Plusieurs chefs de la milice maï-maï des Patriotes résistants congolais (Pareco) se sont aussi rangés dans le camp anti-FDLR. L'armée rwandaise a l'intention de se diriger vers Rutshuru (80 km au nord-est de Goma), où se trouverait, selon les sources militaires, le chef historique du CNDP, Laurent Nkunda, qui reste silencieux depuis l'annonce de la fin de guerre par ses commandants dissidents.
(DN/Yes/PKF)
Radiookapi.net/Le Potentiel