Sur réquisition de l’Auditorat général, les mili­taires de la 11éme Région militaire ont procédé, de­puis le 6 décembre dernier, au déguerpissement de leurs compagnons d’armes, des policiers, des veuves et orphelins des familles mili­taires qui occupaient sans titre ni droit, la ferme Lokali (Sicotra) dans la Commune de la N’Sele. Conséquence, plus de 3.000 personnes composant prés de 500 mé­nages ont été jetés dans la rue et passent depuis lors la nuit à la belle étoile. Délo­gées manu militari, ces per­sonnes traumatisées sont depuis plus d’un mois expo­sées à toute sorte d’intem­péries ayant déjà entraîné mort d’hommes dont celle d’un magistrat.


C’est à ce sujet que le Comité de crise de dé­guerpis de Bibwa/Sicotra Lokali renseigné que cet acte brusque à causé des pertes énormes des biens et exposé les enfants à diverses maladies et actes de violences sexuelles.

Propriété de Seti Yale, ancien conseiller spé­cial de feu le maréchal Mo­butu Sese Seko en matière de sécurité, cette ferme est restée pendant longtemps inactive, abandonnée par son propriétaire car en exil à l’extérieur du pays depuis le changement de régime en 1997. La nature ayant horreur du vide et suite aux différents conflits ar­més qu’a connus le pays, des nombreux déplacés de guerre ont choisi d’occuper ces lieux en y construisant des logis de fortune.

Cependant, accuse Bakenga André, président du comité de crise, au jour dudit déguerpissement des occupants illégaux de ce lieu, des éléments PM qui ont exécuté cette décision ont débordé de zèle en al­lant jusqu’au-delà des limi­tes de la concession Seti.

En effet, indique­-t-il, sans aucun jugement préalable rendu par les institutions judiciaires com­pétentes, les civils voisins de la ferme Lokali ont été chassés, alors qu’ils ont été chassés, alors qu’ils détien­nent des titres de propriétés fonciers en bonne et due forme leur délivrés par le conservateur. Tout en exi­geant le retour incondition­nel dans leurs maisons en attendant qu’un jugement contradictoire et définitif soit prononcé, le comité de crise a demandé la révisitation des contrats de M. Seti Yale, à travers une enquête qui doit être diligenté par les forces vives du pays et cela, dans un bref délai. Pour les déguerpis, le propriétaire de la ferme est détenteur d’un contrat de plus de 2 hecta­res signé par un conserva­teur des titres fonciers, au lieu d’un ministre au regard de la loi en la matière.

En guise de répara­tion des préjudices subis, ils sollicitent une sanction des coupables de ces dérives. Alerté, le gouverneur de la ville, André Kimbuta qui dans une correspon­dance du 11 décembre der­nier a dénoncé le zéle des militaires enregistrés vers le voisinage de la ferme avant d’exiger des explications au commandant de la 11éme Région militaire.

Entre-temps, ces compatriotes délogés de Bibwa Sicotra/Lokali con­tinuent à broyer du noir, ne sachant à quel saint se vouer, en ce début d’année nouvelle.

(GM/Milor/Yes)

Tshieke Bukasa/Le Phare