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En avant et gare au recul de l’élan d’épuration des mœurs dans la gestion publique tel que cela vient d’être déclenché dans le cadre de la lutte contre la corruption à la faveur de laquelle l’Assemblée nationale commence à démanteler les réseaux des fieffés prédateurs des biens de l’Etat

L’air du temps en RDC est vicié actuellement par des odeurs nauséabondes de fumants dossiers de corruption, de trafics d’influence, de détournements de deniers publics que ressasse la Chambre basse du Parlement spécialement impliquée dans la campagne de lutte contre ces fléaux, suivant l’appel lancé par le Président de la République qui avait annoncé dans ce cadre l’ouverture grandement des portes des prisons pour y accueillir les impénitents prédateurs publics sur lesquels la Justice doit mettre le grappin.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que déclenche l’opération de démantèlement des réseaux et tours d’ivoire bourrés des véreuses affaires de rapines mises ainsi à l’index. L’étonnant cette fois dans cet élan d’épuration est que l’action de son déclenchement part de l’hémicycle où les représentants du peuple viennent de prendre l’habitude de décortiquer l’état de la marche des affaires publiques.

Plus de méprise cette fois

Il ne s’agit plus d’un clairon enfourché par la seule autorité suprême du pays comme s’y affairait à son temps l’ex-dictateur Mobutu qui se complaisait, lui, à annoncer à cor et à cri des épurations que la suite révélait de la pure fanfaronnade sans lendemain ni effets escomptés. L’impunité était quasiment consacrée en règle d’or malgré quelques traques policières ciblées menées alors qu’elles n’étaient autres que de la dissimulation d’opérations de règlements des comptes politiques et de chasse aux sorcières. 

On se méprenait donc. Il n’y avait rien de sérieux dans ce qui était entrepris. La démagogie en était simplement le ressort, et chacun dans la population a fini par réaliser qu’on ne faisait que tourner en rond avec de fausses proclamations propres uniquement à berner tout le monde. Et l’on repartait comme avant, comme si de rien n’était, pendant que les sapeurs de la loi se ragaillardissaient et récidivaient leurs coups.

Or voici que cette fois, c’est la représentation nationale qui paraît se résoudre à secouer le cocotier, à donner un grand coup à la fourmilière. C’est à la faveur et en marge de leurs concertations autour de l’élaboration de la loi budgétaire de l’exercice 2009 ayant même nécessité une prolongation de travaux en session extraordinaire pour scruter beaucoup plus en profondeur que par le passé le principal outil de la politique du gouvernement, que Députés et Sénateurs stimulés par les présidents de leurs respectifs forums ont, en effet, déclenché l’opération d’épuration. Les situations scandaleuses concernées par les pratiques véreuses visées sont légion. On eût dit que n’importe quelle situation relevée comporte des faits scandaleux. Il y en a même qui surgissent spontanément, sans qu’on s’y attende.

Qui pouvait s’attendre, en effet, à ce que, par exemple, un groupe de députés commis à la vérification de l’apport des recettes fiscales de la régie financière Direction générale des impôts (DGI) pouvaient tomber si facilement dans la magouille éhontée de pots de vin ? L’affaire a fortement entamé la crédibilité de l’institution qui s’est risquée dans l’exercice d’exorcisme à l’ordre du jour.

Gare à l’arroseur arrosé !

L’Assemblée nationale contrainte de ne point jouer au juge et partie a dû, en quelque sorte, se dessaisir du dossier pour laisser les prérogatives à la Justice d’établir les culpabilités et sanctionner en conséquence avec la perspective de sévère sanction des députés suspectés de corruption.

Ainsi donc, même l’Assemblée nationale serait tombée sous la déplorable situation de l’arroseur arrosé !

La gangrène apparaît à ce point un fléau dévastateur qui touche toutes les institutions. Comment ne pas le croire quand d’autres cas du genre surgissent tel l’autre scandaleux dossier dénoncé de détournement de fonds de la paie des enseignants du district du Sud-Ubangi dans la province de l’Equateur. S’il n’y avait pas un député révolté en lui-même par le scandale constaté et qui en était arrivé à le dénoncer au cours des travaux en plénière avec une pertinence telle que la Chambre basse du Parlement fut amené à diligenter une enquête approprié autour de la scabreuse affaire, sans doute que tout se serait limité à une vague de rumeur comme il y en a tant d’autres qui endorment le pays.

Les enseignants du Sud-Ubangi victimes du détournement concerné allaient tout simplement ruminer leur désespoir de toucher les deux mois de salaires récupérés par leurs autorités locales. On s’est tellement accommodé en RDC à l’habitude de tels et répétés coups ! Heureusement que cette fois la perspicacité des autorités de l’Assemblée nationale a été si résolue que l’enquête a été menée non sans être épargnée, hélas, de toutes sortes d’entraves et obstructions visant à la faire échouer, comme le rapport des députés membres de la commission ad hoc en a étalé la série des dits obstacles. L’audition du rapport parlementaire a véritablement ahuri non seulement la plénière mais aussi le public qui a pu suivre la retransmission en direct à la télévision nationale les péripéties de la séance y consacrée.

Les révélations étalées des louches combines du détournement dénoncé ne prêtent pas à confusion sur la responsabilité des personnes mises en causes avec en tête – oh suprême scandale ! - le gouverneur de province en personne, ainsi que le commissaire de district du Sud-Ubangi apparu son invétéré complice. De quoi frémir de gêne pour une classe politique dirigeante révélée si fourvoyée dans de répréhensibles et véreuses pratiques dignes des bandes maffieuses honnies avec la plus grande désapprobation. Dire que le principal responsable mis en cause est l’autorité administrative numéro 1 en personne de la province, celle spécialement qualifiée pour la gestion de l’entité et de toute sa population ! Dire aussi qu’il s’agit d’un élu du principal parti implanté dans la province !

La plénière de l’Assemblée nationale s’est livrée à son habitude dans la critique du rapport de sa commission. D’emblée la grande majorité des députés ont condamné sans réserve le détournement déploré. D’aucuns ont dénoncé ce qui a été qualifié par un intervenant de regrettable culture sociale même dans la manie de l’aliénation sans vergogne du bien public. L’alerte était sans appel sur le danger que représente cette pratique qui ne peut que constituer un frein sérieux à l’essor d’une société.

Quelles chances la RDC peut-elle trouver de se développer si elle doit être administrée par une engeance de dirigeants aux pratiques peu recommandables comme le rapport parlementaire l’a fait constater dans le chef des principaux responsables actuels de l’administration de la province de l’Equateur et du district du Sud-Ubangi ?

Incontournable cure à prendre par la RDC

Il s’est trouvé malheureusement des intervenants pour mitiger la gravité du détournement dénoncé en faisant prévaloir les notions de présomption d’innocence tant que la culpabilité n’était pas encore établie par la justice.

D’autres intervenants prenant visiblement faits et cause pour les détourneurs dénoncés se sont présentés au prétoire de l’hémicycle de la Chambre basse du Parlement avec une plaidoirie d’arrière-garde en prétendant sans froid aux yeux que le rapport de la commission n’ayant pas comporté d’éléments d’audition des incriminés était tout simplement édulcoré et uniquement partisan, donc non approprié pour juger les actes commis par les suspects ciblés.

Heureusement que dans leur majorité les députés ont considéré la flagrance des répréhensibles faits commis et ont décidé de recommander la traduction en justice des impénitents détourneurs. Il n’y a plus de complaisance à s’autoriser en cette matière.

Le temps est révolu où l’ancien dictateur amusait la galère en tolérant les maux qui gangrènent la société congolaise et la plonge dans l’infernal cycle de déperdition et de l’arriération dont elle peine encore aujourd’hui à se défaire. L’épuration de la gestion de la res publica recommandée par le président Joseph Kabila et à laquelle le Parlement vient d’entamer d’opérer doit se poursuivre.

C’est une cure incontournable à prendre par la RDC si elle tient à sortir des chemins battus et prétendre à son véritable développement. L’opinion congolaise place son dernier espoir dans cette épuration décisive pour le pays, convaincue qu’elle est dans sa grande majorité que même les revers que le pays subit actuellement à son ventre mou de la partie Est du territoire ne sont que les conséquences des vices internes de la mégestion que l’on peut corriger avec une résolution de bonne gouvernance avec des hommes pétris de bonne volonté de servir loyalement et dans un esprit patriotique les intérêts de la communauté nationale. Gare donc au moindre réflexe de remise en question de l’élan d’épuration à l’ordre du jour !

(DN/Yes)

Daniel Nzuzi/MMC



Last edited: 14/01/2009 16:06:07

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