Il fustige les textes et paroles chantées dans 90% de chansons contenues dans l’album du patron. Selon S’grave, la plupart de ses compositions vont à l’encontre de moeurs congolaises.
C’est un véritable coup de gueule. Des quolibets en direction de Koffi Olomide, en mission de service à Paris. Wazekwa se fait le donneur de leçons en critiquant, de façon à peine voilée, « Bord Ezanga Kombo », le récent opus de Mopao Mokonzi. Selon Monstre d’amour, l’auteur de la chanson « Kataguruma » est à court d’inspirations. Conséquence, ses compositions malsaines risquent d’entraîner la jeunesse dans la boue. Que réserve, alors, le patron de Quartier Latin International à l’auteur de « La chèvre de monsieur Seguin » ? Laissez le temps au temps. Une nouvelle page de “controverses” vient de s’ouvrir entre deux leaders de la musique congolaise en cette année nouvelle entre Wazekwa, patron du groupe Cultur’A Pays vie et Koffi Olomide dit Papa Fleur, leader de l’orchestre Quartier Latin. On peut le constater à travers les propos tenus par Monstre d’amour vis-à-vis de son adversaire.
D’une sagesse et d’une intelligence rares, S’grave s’est servi du plateau d’une chaîne de télévision émettant à Kinshasa pour critiquer l’oeuvre d’autrui. En passant, la vedette met en garde les chanteurs Joss Diena et Julien Gabanna, le guitariste Hono Kapanga et l’animateur Gesac, tous ses anciens musiciens ayant quitté son groupe pour intégrer Quartier Latin, en leur interdisant de faire des courbettes auprès de ses proches pour une tentative de médiation en vue d’un retour au bercail. « Je vous exhorte de rester la où vous aviez choisi d’évoluer. Car aucun d’entre vous ne sera pardonné et, ainsi regagné mon orchestre », a-t-il martelé.
Et à Wazekwa d’ajouter : « J’ai regardé, après j’ai compris que son écriture est bonne mais il y a trop de fautes. C’est sur base de cette phrase que l’homme du verbe a formulé ses remarques contre « l’album du patron » malgré son succès incontestable sur le marché. Deux raisons ont remonté la colère de Monstre d’amour pour s’insurger contre l’oeuvre de Sarkozy Mopao.
Primo, il fustige les textes et paroles chantées dans 90% de chansons contenues dans l’album du patron (Koffi 2008). Selon S’grave, la plupart de ses compositions vont à l’encontre de moeurs congolaises.
Le patron de Cultur’A invite, par ailleurs, les parents à ne pas permettre à leurs rejetons d’écouter de peur qu’ils soient entraînés à la débauche. Pour Mokwa Bongo, son collègue a tapé à côté. Dans cette compilation musicale, il n’a pas joué son rôle d’artiste qui est d’éduquer la masse, de promouvoir les valeurs positives d’un peuple à travers sa culture.
Secundo, le géniteur de “Que demande le peuple” invite le ministère de la Justice, à travers la Commission nationale de censure, qui est un organe technique sensé veiller sur les oeuvres et spectacles artistiques, à ouvrir l’oeil et le bon sur certaines œuvres culturelles.
« Je déplore les insanités dans cet album. C’est vraiment regrettable de constater que notre commission de censure laisse passer ces types de chansons à la portée du public. A moins qu’elle n’existe que de nom. Si réellement, cette censure travaille pour sauver les moeurs, elle doit suspendre certaines chansons et ses clips , conclu Wazekwa.
Gros plan sur Wazekwa !
Wazekwa S’Grave, Artiste -Musicien - parolier, est le chanteur de l’amour courtois et de la morale. Il est celui pour qui être auteur -compositeur est une prérogative qui permet de donner la primauté à la réflexion, aux idées, à l’imagination. Etant le meilleur parolier de sa génération, il est celui qui a introduit l’idée du « Verbe » dans la chanson.
Le verbe est un aphorisme, une formule que l’artiste crée au lieu de se référer aux proverbes déjà existants. Le verbe est un outillage conceptuel qui permet d’appréhender plus rationnellement un très large pan de la réalité.
En fait, Mokwa Bongo S’Grave définit le verbe comme étant tout proverbe qui vient d’être créé. C’est-à-dire, une pensée nouvelle, une formule que l’artiste n’a pas glanée quelque part, c’est bel et bien le fruit de l’imagination de l’artiste. Et; pour correspondre à toute signification de vrai proverbe, le verbe ne doit pas être contredit.
Le verbe peut pousser à différentes interprétations, mais en tout cas, l’artiste s’efforce à ce que le verbe ne subisse pas de contradiction. Etant donné que « la vérité ne craint pas la confrontation », le verbe est, par conséquent, considéré comme vérité.
Un génie au service de la nation !
C’est en 1990 que Wazekwa commence une étroite collaboration avec d’autres musiciens en tant que Parolier. De 1991 à 1993, il collabore avec Koffi Olomide dans les albums comme: « Koweït rive gauche », « Noblesse oblige »,… De 1993 à 1995, en collaboration avec Papa Wemba, ils sortiront les albums comme: « Floridoles » et « Pole Position ».
On n’écrit pas un livre parce qu’on a une histoire à raconter, mais parce qu’on a un style (des mots). De même pour S’Grave, il ne fait pas la musique parce qu’on a une belle voix mais parce qu’on en a maîtrisé les rudiments. Il y a peut être un savoir ou une expérience individuelle, mais pour parler d’une science, il faut que plusieurs personnes la partagent, la contrôlent, la critiquent, s’en assurent et s’en souviennent. Et, pour rendre la vulgarisation du verbe plus effective, Félix Wazekwa choisira d’interpréter ses chansons en tant que chanteur dans les albums suivants « Tetragramme », « Pauvre Mais... », « Bonjour Monsieur », « Signature », « Yo Nani ? », « et Après... », « Faux motu moko boye », « Que demande le peuple », « La chèvre de Monsieur Seguin ».
Des mérites à travers l’Afrique
« Et après… est le sixième opus signé Félix Wazekwa, réalisé en Afrique et en Europe avec la danse « Nzoto ya maman elengi », cet album a connu un accueil très favorable du public. Ce disque a permis à l’artiste d’être plébiscité au Kora 2004, en Afrique du Sud, comme le meilleur artiste de l’Afrique Centrale. Même succès récolté dans que demande le peuple ? » qui remplace Monstre d’amour sur orbite. Grâce à son générique percutant, cette oeuvre collective a également permis au patron du groupe Cultur’A pays vie d’être couronné à travers le continent. Il va rafler 3 trophée de la percée au cours d’une même soirée en Afrique du Sud et simultanément 1 trophée à Brazzaville. 2008 restera une année de bonheur pour l’enfant terrible de Matete avec ses titres de Meilleur clip, meilleur artiste africain et meilleur chorégraphie (danse Moto ya liboma aliaka na fulu) et le prix Tam tam d’Or à Brazza. A ces dernières s’ajoute les créations exclusives des musiciens de l’orchestre Cultur’a Pays- vie.
Musique en RDC : Wazekwa entre par la grande porte !
Les amoureux à la fois de la bonne et douce musique de même que ceux de la musique dite show se retrouvent dans sa musique. La pureté originelle dont use Wazekwa dit Monstre d’amour dans ses verbes est, en tout état de cause, un appel vers un retour à la conscience humaine à laquelle tout homme est appelé. Ce talentueux poète -philosophe qui, partant des oripeaux de la réalité sensible esquisse une réalité originelle renvoie ses auditeurs à une profonde réflexion du sens même de la vie ici bas « aie à l’esprit que ce que tu fais maintenant pourra être la dernière entreprise de ta vie ». Outre les belles paroles qui composent ces formidables chef- d’oeuvres, les danses et chorégraphies également contribuent à sa réussite, et sont devenues les plus populaires dans les boîtes de nuit ainsi que dans les fêtes ».
(Th/BT/PKF)
Jordache Diala/La Prospérité
Last edited: 13/01/2009 11:02:33