L’aile dissidente du mouvement dirigée désormais par Bosco Ntaganda affirme ne pas reconnaître la délégation envoyée dans la capi­tale kenyane. Son porte - parole, Dé­sire Kamanzi, affirme que cette délé­gation a été envoyée non seulement par le président déchu, mais qu’il fallait avant tout avoir des discussions internes sur le cahier des charges avant d’aller à Nairobi, rapporte radiookapi.net

Les pourparlers entre le gouverne­ment et le CNDP se poursuivent à Nairobi. Le CNDP y est représenté par Bertrand Bisimwa son porte-parole. Pour Désiré Kamanzi, porte-parole du CNDP de Bosco Ntaganda, il faudrait d’abord revoir les structures du mou­vement : « La délégation qui est là-bas n’est pas reconnue par notre mou­vement. Donc, il fallait revoir les struc­tures, comment elles seraient redynamisées, et savoir réellement sur quoi on peut tabler pour avancer avec les négociations. Nous ne disons pas que les négociations ne sont pas fon­dées. Mais il faut revoir ce qu’il faut vraiment négocier, parce que ce qui est diffusé, par-ci par-là n’est pas né­cessairement bien accepté par la nou­velle organisation, ou alors le nouveau leadership ».

« Un non événement » pour le gouvernement

Pour le ministre de la Communi­cation et Médias et porte-parole du gouvernement, les dissensions ac­tuelles à la tête de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) sont un « non- événe­ment » pour les autorités de la Répu­blique démocratique du Congo. Ce serait « significatif », a estimé Lambert Mende, si ce malaise pouvait changer la nature de ce mouvement armé en parti politique. Mais « si c’est une manœuvre pour faire diversion, cela a échoué », a indiqué le ministre de Médias et communication dans une dépêche de l’AFP.

Un chercheur inquiet

Selon Arthur Kappel, chercheur et analyste à l’ONG Crisis Group, il y a risque que les négociations de Nairobi ne débouchent pas à la cessa­tion des hostilités sur terrain. Car, poursuit-il, la dissidence qui commande les troupes, ne reconnaît pas le mandat de la délégation envoyée par Laurent Nkunda.

Intervenant à l’émission « Dialogue entre Congolais » de Radio Okapi, Arthur Kappel explique « Là où la difficulté se trouve c’est que la délé­gation qui est à Nairobi n’a aucune personne de la dissidence: Désiré Kamanzi, qui a été aux deux rendez-­vous, n’est pas là cette fois-ci, d’après ce qu’on me dit. La dame qui était là, la fois dernière, n’y est pas non plus. A mon avis, si la dissidence, évidem­ment, ne reconnaît pas le mandat donné à cette délégation par Laurent Nkunda, nous risquons de voir, qu’on va à Naïrobi, on discute des choses, on signe des choses et que sur le ter­rain, les troupes du commandant mi­litaire déployées sur place, agissent différemment.

(SL/Ern./Yes)

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