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L’année politique 2008 a été la continuité des années postélectorales. En 2007, les premières institutions élues de la troisième République se mettaient en place.

Pour la première fois dans l’histoire économique de ce pays le gouvernement a connu une époque que d’aucuns qualifient de prospérité économique - a aligné un budget national de plus d’un milliard. Les experts estiment qu’à la création de la monnaie Zaïre, l’économie de ce pays était à un niveau acceptable avec une monnaie forte. Mais jamais le budget de ce pays n’avait dépassé à l’époque les 500 millions de dollars Us. On ne peut passer tel phénomène sous silence et commencer à épiloguer sur la misère du peuple et le sous-développement de ce pays. Comment n’était-on pas capable à l’époque de mobiliser de l’argent dans une économie où l’informel n’était qu’embryonnaire ? Il faut reconnaître que c’est après les pillages des années 1992 et 1993 que l’informel, avec la destruction complète du tissu économique national, est devenu la planche de salut pour de nombreux chômeurs à la recherche de la survie.


C’est avant ce moment que l’on devrait mobiliser suffisamment de l’argent qui aurait pu permettre de poser les bases d’un développement réellement autocentré.

Une gestion exemplaire

Partant de cette donne, on peut dire que ce qui est arrivé en 2007 avec les institutions issues des élections est un vrai événement. Car, la Rdc avec un Budget de plus d’un milliard de dollars Us, ouvrait la vraie voie qui mène au développement. Il restait à combattre les velléités de détournement et l’enrichissement illicite. La tâche de la troisième République aurait pu être facilitée par la gestion de la transition. Mais, hélas, cette période qui aurait pu être la configuration de la République en a été plutôt la négation.

La preuve c’est que les procès, les révocations, l’affaire de 1,3 milliards de Usd, concernent la période d’avant 2007. Pour juger 2008, il faut partir de cet environnement créé par 2007 avec la gestion Gizenga. Cette gestion a été une vraie rupture avec le passé. Les Finances de l’Etat ont été gérées avec une orthodoxie qui devrait étonner tout le monde.

Mais dans une société où les gens ont vécu dans une espèce de mythe de la caverne de Platon, on prend les ombres pour la réalité. Ainsi pour eux, la bonne gestion c’est celle d’hier où l’argent de l’Etat allait dans les poches des individus. On connaît la plainte sous Gizenga : « Toza kolia te », entendez, on ne mange pas. Cela ne veut pas dire que les salaires n’étaient plus versés, mais, tout simplement que le trésor public avait cessé d’être une mangeoire communautaire.

Il fallait donc crier haro sur le baudet. Le vieux devrait partir. Pour ce faire, il fallait lui trouver un motif. Ainsi est né la thèse de l’immobilisme. L’âge du Premier ministre a commencé à faire problème, alors que quand il avait été désigné à la suite de son rôle important dans les résultats électoraux, on ne lui avait pas confié pour mission de courir et de gagner le marathon. On a curieusement fait croire que le rôle du Premier ministre ce n’est pas de résoudre par ses services les problèmes qui se posent, mais d’être entre deux avions afin d’être partout où il y a la moindre catastrophe. Quoi qu’on ait dit et fait, la gestion Gizenga a été une vraie rupture avec le passé.

Pour la première fois, on n’a pas accusé le chef du gouvernement de mauvaise gestion ou d’autres malversations financières. Alors que pour des accusations graves de mégestion, de détournement, de concussion et de corruption, aucun Premier ministre congolais n’avait démissionné.

Et jamais l’Assemblée nationale ne s’était mobilisée pour obtenir la démission de mauvais gestionnaires. Gizenga lui, a démissionné pour des raisons de santé. Il faut reconnaître que l’environnement politique ne lui permettait pas non plus de continuer. C’est encore une grande première dans ce pays où on s’accroche désespérément aux postes.

L’esprit Gizenga

Alors que c’est Gizenga qu’on voulait voir partir soi-disant à cause de son âge, la suite des événements a démontré que c’est au Palu qu’on en voulait. Dans le cas contraire, personne ne comprendrait tout ce qui a été à la base du déclenchement des hostilités pour mettre fin à l’Accord Amp-Palu, survenu au lendemain du Premier tour de l’élection présidentielle en 2006. On oubliait que cet accord avait créé la coalition qui devait gouverner le pays. En déclenchant ces hostilités, on avait pensé qu’on ne ferait du Palu qu’une bouchée. Car, se disait-on, on n’aura personne pour prendre la défense des intérêts de ce parti politique considéré souvent à tort comme une formation politique replié sur lui-même.

Encore une grande première, on a vu le Palu se déployer et déployer ses experts pour démolir les thèses saugrenues selon lesquelles, l’accord Palu-Amp était caduc par le seul fait de la démission de Antoine Gizenga et qu’il fallait repartir à zéro, sinon remettre la gestion du gouvernement au Pprd, parti le plus important numériquement au sein de la majorité. Le Palu a même engagé un débat frontal avec ses partenaires de la majorité. D’aucuns avaient même craint que cette majorité éclate. La vérité a finalement eu raison du mensonge grâce à l’intervention de l’arbitre toujours impartial qu’est Joseph Kabila.

Nomination et investiture de Adolphe Muzito

La succession de Antoine Gizenga est revenue au Palu. Et pour représenter ce parti, Antoine Gizenga a désigné une de ses têtes pensantes, Adolphe Muzito qui était jusque là, ministre de Budget. Aussitôt investi, Adolphe Muzito qui venait d’annoncer les axes importants de son action, à savoir la fin de la guerre à l’Est par la voie diplomatique, la voie politique, la voie militaire comme dernier rempart et tout cela, en appliquant la politique de bien faire et le faire savoir. C’est dans ce dernier volet que s’impose la voie médiatique. Liant la parole aux actes, le Premier ministre s’est rendu à l’Est aussitôt après son investiture. Il est même arrivé dans des endroits où aucun ministre du gouvernement central n’est arrivé depuis que ce pays est indépendant.

La voix de la Rdc porte

Au plan diplomatique, la machine pilotée par Alexis Thambwe Mwamba s’est aussitôt mise en marche. Politiquement et diplomatiquement, les résultats ne se sont pas fait attendre. Le rapport de l’Onu qui reconnaît pour la première fois la présence des troupes rwandaises et l’aide du Rwanda aux rebelles congolais est un témoignage éloquent de cette vitalité. Ce rapport de l’Onu vient contredire l’autre rapport tendancieux, intentionnellement élaboré pour empêcher que la communauté internationale connaisse le vrai visage du Congo.

Hrw, auteur de ce rapport, voulait sans aucun doute prendre sa revanche sur la décision des pays africains de mettre fin au mandat du rapporteur spécial en matière des droits de l’homme. Au cours de cette année, la Rdc a participé activement à beaucoup de rencontres internationales. Deux sommets de la Sadc, en Rsa et au Swaziland ; Kinshasa a abrité la rencontre des ministres de la Défense de la Ceeac, sans oublier la participation de deux présidents de deux chambres du parlement au forum interparlementaire qui a eu lieu au Rwanda.

Les responsables rwandais ont participé à des rencontres en Rdc et les Congolais sont allés au Rwanda, c’est le cas de la dernière rencontre des ministres de la Défense de deux pays à Gisenyi au Rwanda. On ne peut pas parler de cette volonté de la Rdc de vivre en paix avec ses voisins sans épingler les opérations conjointes entre les forces armées de la Rdc, du Rwanda et du Sud Soudan contre les rebelles de la Lra.

Décrié à son arrivée pour avoir passé les troupes du Cndp en revue, alors qu’elles sont dirigées par un criminel recherché par la Cour pénale internationale, l’émissaire de l’Onu, l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, a appris à connaître Nkundabatware et son mouvement. La dernière résolution du Conseil de sécurité de l’Onu (Résolution 1856) est une preuve que désormais, les thèses de la Rdc sont entendues et comprises. C’est un fait très remarquable pour cette année.

Les portes des prisons s’ouvrent

Prenant ses fonctions le 6 décembre 2006, Joseph Kabila avait émis le vœu de voir les portes des prisons congolaises s’ouvrir et se refermer derrière tous ceux qui voudront continuer la recréation du pillage des ressources de l’Etat. Tout le monde devrait savoir qu’il ne revenait pas au chef de l’Etat de mettre les gens en prison en jouant le rôle qui est dévolu à la justice. Mais c’était à l’exécutif d’organiser l’administration de la justice et de veiller à sa marche.

C’est ce que le chef de l’Etat a fait en mettant de l’ordre dans ce secteur. Des magistrats atteints par la limite d’âge ont été mis à la retraite, les inactifs ont été relevés de leurs fonctions, travail que le ministre de la Justice a poursuivi. Aujourd’hui, la machine judiciaire a pris de la vitesse notamment avec l’arrestation de ceux qui avaient utilisé l’argent de l’Etat pour des prestations non remplies.

On peut citer à titre d’exemple, l’interpellation de dix opérateurs économiques, du secrétaire général au budget et récemment du Directeur général de la direction générale des impôts. Avant cela, il y a eu d’autres actions judiciaires et administratives contre les agents et fonctionnaires de l’Etat impliqués dans l’affaire de 1,3 milliards de dollars Us.

(SL/Milor/GW/Yes)

Joachim Diana Gikupa/L’Avenir



Last edited: 31/12/2008 16:24:11

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