Après avoir été adopté par l’As­semblée natio­nale, le projet de Budget de l’Etat pour l’exercice 2009 a été déclaré recevable au niveau de la chambre haute du par­lement samedi. Ceci après la réplique du vice-premier ministre en charge de la reconstruction aux pertinentes critiques formulées par les sénateurs lors du débat gé­néral. Ils étaient une quaran­taine à se succéder du haut de l’hémicycle pour exposer leurs préoccupations par rapport à ce budget évalué en recettes comme en dé­penses à 4,97 milliards de dollars, mais que la plupart d’entre eux ont qualifié d’ir­réaliste, d’incohérent. Ceci dans la mesure où il ne tient pas compte de la réalité du marché, puisque le taux de change prévisionnel sur le­quel il est basé est de 585 francs congolais pour 1 dol­lar, alors qu’en réalité la de­vise américaine s’échange à ce jour à 650 FC.

« Pour peu que nous soyons sérieux, demandons au gouvernement de rentrer et de revoir sa copie », a exigé un des sénateurs de l’opposition ahuris par les chiffres alignés dans ce budget que des parlementaires de la majorité qualifient eux d’historique.

Pour nombre de sénateurs qui sont mon­tés à la tribune, ce budget ayant été déposé hors délai (longtemps après le 15 sep­tembre), le gouvernement aurait été bien inspiré de se référer à l’article 126 de la Constitution et de sollici­ter au parlement l’ouverture des crédits provisoires pour fonctionner. Ceci en atten­dant l’examen minutieux de son projet de budget par les deux chambres. Car le bud­get de l’Etat est à la fois une loi financière et une loi organique qui, après adoption par les deux chambres, doit passer par la Cour suprême de justice qui en examine la constitutionnalité avant sa promulgation par le chef de l’Etat.

« Sinon, c’est de l’aventurisme politique, de la fiction que de discuter d’une loi aussi importante dans seulement quatre jours », ont estimé plusieurs intervenants.

Parents pauvres

Ces derniers ont par ailleurs fustigé les faits que le budget en question accor­de une part de lion en terme de dotations à certaines institutions telles que la pré­sidence de la République et l’assemblée nationale tandis qu’il néglige d’autres secteurs importants de la vie nationale. Des secteurs comme l’agriculture, la re­cherche scientifique, la jus­tice, l’éducation, considérés ainsi comme des parents. Ce n’est pas tout, car nom­bre de sénateurs ont stig­matisé aussi le fait que rien, dans ce budget n’est prévu pour l’installation d’ici 2010 des futures 26 provinces prévues dans la Constitu­tion du 18 février.

De l’avis de certains sénateurs en tout cas, le budget 2009 est celui de la dernière chance en ce qui concerne cette ques­tion des futures provinces. « Sinon on va nous trai­ter d’escrocs politiques », a lâché un des sénateurs. Lequel n’a pas compris comme d’autres parmi ses collègues que le gouverne­ment ne puisse déceler les recettes additionnelles de l’ordre de 82 milliards F.C. ainsi que les débats de la chambre basse l’ont révélé. Des recettes qui devraient être affectées à d’autres secteurs comme l’éduca­tion, la santé publique ou la recherche scientifique.

En tout état de cau­se, le projet de budget pour lequel le vice-premier mi­nistre chargé de la recons­truction a eu l’honnêteté de reconnaître son caractère faible puisqu’en deçà des ambitions du gouvernement en terme d’investissement, a été versé à la Commis­sion économique, financiè­re et bonne gouvernance du Sénat pour un examen approfondi. Ce après quoi la chambre haute se pro­noncera par le vote à main levée. Rendez-vous est pris pour ce mercredi.

(DN/Ern./GW/Yes)

Wakumuimba/Le Phare