Alors qu’on n’avait pas encore séché les lar­mes pour des morts tombés lors des affronte­ments entre les troupes gouvernementales et les éléments du CNDP et sou­lagé la douleur pour les milliers de déplacés du Nord-­Kivu, aujourd’hui cloîtrés dans des camps de fortune et soumis aux caprices des organisations humanitaires, de nouvelles pas assez rassurantes nous parvien­nent de l’Ituri.

Dans ce territoire de la province orientale investi par des éléments de LRA, l’Armée de la résistance du seigneur, un mouvement re­belle au régime ougandais, Nous apprenons de la radio onusienne, que de derniè­res exactions de ces rebel­les, on vient d’enregistrer le 24 et 25 décembre der­niers pour l’instant, le chiffre macabre de 75 morts, pen­dant que des recherches se poursuivent encore pour retrouver d’autres corps. C’est là une boucherie per­pétrée sur des populations civiles désarmées et qui n’ont eu pour seul tort que de se retrouver sur le sol de leurs ancêtres. Ce bilan effroyable et interpellateur a été communiqué par le gou­verneur de cette province, Médard Autsai Asenga, qui réagissait à une question de la radio okapi.

Le chef de l’exécutif provincial qui s’est dit très touché par cette situation survenue à Faradje, a indiqué que l’administrateur de ce territoire et ses services recherchent encore d’autres corps. Avant d’ajouter que ces rebelles sont en train de tuer la paisible population.

Bouleversé par ce massa­cre, le gouvernement pro­vincial a envoyé une délé­gation sur le terrain pour comptabiliser les pertes en vies humaines, consoler les survivants et évaluer les besoins humanitaires des rescapés dont la plupart seraient dans la rue fuyant les atrocités des éléments de LRA. A ce sujet, Médard Autsai Asenga a indiqué que le fonds à débloquer ne dépasserait pas 10 millions de FC, mais l’heure est à la mobilisation générale pour porter secours aux victimes des opérations meurtrières de LRA.

Des opérations de repré­sailles de LRA

L’opinion nationale choquée après la diffusion des informations relatives aux exactions commises par les éléments de LRA sur les populations civiles en Ituri, se pose des questions, sur ce qui se passe réellement dans cette partie de la répu­blique.

Ces interrogations se justifient quand on se rappelle qu’il y a quelques temps, on avait décapité le camp des éléments de l’Armée de résistance du seigneur et mis en déroute le chef rebelle Koni. Logi­quement avec de pertes in­fligées à ce mouvement re­belle, la LRA ne pouvait plus disposer des ressources né­cessaires pour rentrer sur le territoire congolais et opérer en toute impunité. Que des situations aussi graves aient été perpétrées sur le terrain, il y a de quoi se de­mander sur le bilan réel des actions militaires menées dernièrement ayant assaini et ramené la sécurité dans les territoires investis par les rebelles de LRA !

La population civile qui avait salué la restaura­tion de l’autorité de l’Etat dans les localités que gé­raient Koni et ses hommes dans la province orientale, s’interroge sur le retour de l’insécurité et le massacre perpétré par la LRA.

Après le petit nord, c’est-à-dire au Nord-Kivu, le mouvement massif des déplacés vient de gagner le grand nord, en Ituri. Et avec les opérations meurtrières des rebelles de LRA, la RDC va enregistrer une autre si­tuation humanitaire grave qui requiert la construction des camps pour l’héber­gement des déplacés, les soins médicaux pour les malades et la restauration de ces populations ayant fui les tueries de LRA.

Le gouvernement central se retrouve ainsi devant deux fronts. Le premier au Nord ­Kivu où les risques d’affron­tements sont imminents entre les troupes gouverne­mentales et les éléments du CNDP, après que les négociations entamées à Nairo­bi, achoppent sur plusieurs points.

Le second front est celui que la LRA vient de ral­lumer en Ituri et qui appelle aux réactions de la coalition militaire Congolo-ougando­ soudanaise. On ne peut que s’interroger sur ce qui se cache derrière chaque arbuste.

Ou après des actions mi­litaires des Fardc, des re­présailles sont commises en toute impunité dans des territoires censés être sous le contrôle des troupes gou­vernementales.

Ce dernier front, réagissent aujourd’hui de nom­breux analystes, requiert une intervention urgente des troupes de la Monuc, avec le déploiement des hélicoptères de combat et des blindés, pour appuyer logistiquement les Fardc et assurer la protection des populations civiles.

Tel est le vœu de certains politiques aussi bien de la coalition gouver­nementale que de l’opposi­tion.

(SL/Ern./GW/Yes)

J.R.T./Le Phare