Le  conseil  d'administration  de  la Banque mondiale (BM) vient  d’accorder   un  montant  de  190 millions Usd pour le Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain (PEMU) en République démocratique du Congo.

L'objectif du projet est d’accroître de manière durable l’accès à l’eau dans les zones  urbaines  sélectionnées,  ainsi  que  l’efficacité  de  la  REGIDESO,  la société nationale chargée de la distribution d'eau.

Le Projet s’efforcera de parvenir aux  résultats  suivants  : un meilleur accès aux services de base en fourniture d’eau,  essentiellement  par  le  biais  des raccordements  domestiques  et des bornes-fontaines;  une  réduction  des  pertes  et  un  accroissement  de  la productivité ; et une amélioration de la situation financière de la REGIDESO.

Le  réseau  hydrographique  de  la  RDC  est l’un des plus vastes du monde, mais malgré  ses  ressources  hydrogéologiques que l'on estime très étendues, le pays fait face à des difficultés considérables pour alimenter en eau sa population.

Actuellement, 22 pour cent seulement (soit 11 millions d’ habitants) ont accès à l’eau potable. Ce   projet   contribuera  directement  à  atteindre  le  septième  Objectif de développement  du  millénaire  (ODM-7),  qui  vise la réduction de moitié, d’ici 2015,  du  pourcentage  de personnes ne bénéficiant pas d’un accès durable à une eau potable de bonne qualité ni à des installations sanitaires de base.

Grâce à ce projet, près de 1,2 million de la population urbaine bénéficiera  d’un  accès  à  l’eau  potable,  ce  qui,  à  son  tour,  permettra d’améliorer  la  qualité de vie (ODM-1), réduire la mortalité infantile (ODM-4), améliorer  la  santé  maternelle  (ODM-5),  et  lutter  contre la propagation du VIH/SIDA, du paludisme et d’autres maladies (ODM-6).

« Le  manque  d'eau  potable  fait  peser une menace considérable sur la santé publique  et  ce  sont  les  pauvres qui font les frais d’un service inefficace, devant  payer  le  litre  d’eau jusqu’à sept fois plus qu’ils ne devraient s'ils étaient servis convenablement par le service public de l’eau », a indiqué Franck Bousquet, responsable de ce projet à la Banque mondiale.

Les  foyers  démunis  des  zones  urbaines sont le principal groupe ciblé par ce projet,  qui  mettra  à leur disposition des bornes-fontaines ou d’autres points d’approvisionnement de proximité.

La  gestion  transparente  de  ces  bornes  sera  renforcée  par  des procédures d’intermédiation  sociale,  permettant  ainsi aux résidents locaux de participer activement à la gestion de l’eau.

La  stratégie  de  ce  projet  consiste,  en  outre,  à  créer les conditions de l’autonomie  et  de  la  viabilité  financière  de  la REGIDESO, à améliorer ses opérations  et  à  redresser sa situation financière par le biais d’un processus évolutif  conduit  par  un opérateur professionnel dont les termes du contrat de gestion  sont  de  cinq  ans.

Cette intervention du secteur privé renforcera les aspects   technologiques   et  de  gestion,  ce  qui  réduira  ainsi  les  coûts d’exploitation, augmentera les recettes sur les ventes et facilitera de surcroît l’élaboration d’un contrat explicite entre l’État et l’opérateur privé.

« Les  clients  existants connaîtront également une amélioration du service qui sera  le résultat d’une meilleure gestion axée sur les résultats de l’entreprise qui seront suivies et évalués régulièrement sur la base d’audits indépendants », a ajouté Franck Bousquet.

Trois  centres urbains ont été sélectionnés: Kinshasa, Matadi et Lubumbashi. Les études  préparatoires  ont  en  effet  démontré  que  pour restaurer la capacité financière  de  l’entreprise  nationale  d’utilité  publique d’eau, le programme prioritaire  devait  se  concentrer  sur  les  trois  plus  grands centres de la REGIDESO. 

Ces  trois  centres  urbains  représentent, en effet, 72 pour cent du chiffre  d’affaires  de  l’entreprise,  79 pour cent de ses clients actifs, mais seulement 38 pour cent de la longueur totale de son réseau.

Il  faut  cependant  noter  que parallèlement aux investissements du PEMU il y a d’autres  projets  en  cours  financés  par d’autres partenaires comme la Banque africaine  de  développement (BAD), qui a financé en 2007 un projet représentant près  de  100  millions  Usd  dans  le  secteur  de  l’eau  dans  des  localités secondaires.

(SL/TN/GW/Yes)

Théo Ngangu/MMC