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Bonjour | 18/03/2010 12:46 | English Make DC Home page | RSS feed

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Papy Kibonge, ancien MLC, ancien de son armée de libération, ALC, a rendu visite au « Soft International ». Il raconte, la haine visible, ce qu’il a été y faire. Ce qu’il y a vu. C’est un témoin clé qui avoue : « J’ai des choses à dire à la CPI » et prophétisait déjà : « Politiquement, il ne reste que quelques mois à Bemba pour exister ».

Sans se faire aucune illusion : « S’il est élu Président de ce pays, je n’aurais qu’un choix : aller en Europe et changer de nationalité, ou me replier chez moi au Maniema et créer une branche armée pour lutter contre son pouvoir féroce ».

Vous avez été à la Haye. Une Ong convention congolaise contre l’impunité vous a invité. Qui préside cette Ong ?

Un certain Eric Kalumba. Je l’ai rencontré à Paris. Et il m’a invité à la Haye.
 
Pourquoi cette ONG soutient­ elle la plainte d’un chef d’Etat étranger contre un acteur politique r-d congolais ?

Je crois que cela rentre dans le cadre de son cahier des charges. En tout cas, cette ONG a constaté qu’il y a eu beaucoup de crimes impunis au Congo. C’est pourquoi, elle milite pour que tous les leaders politiques au pays ou à l’étranger soient amenés un jour a répondre de leurs actes devant la justice.

Mais nous sommes face à des crimes supposés avoir été commis à l’étranger et non pas sur des R-dCongolais ?
II y a eu des crimes de guerre commis à l’étranger et aussi au Congo, notamment le cannibalisme signalé en Ituri. Compte tenu de mes convictions personnelles, j’estime que la seule façon de lutter efficacement contre la violence en Afrique, c’est de combattre l’impunité.

Etes-vous bien placé pour vous en prendre à JP Bemba ou lui cherchez-vous des poux sur la tête ?

Je ne peux pas continuer de tirer sur un corbillard. Politiquement, il ne reste que quelques mois à Bemba pour exister. Bientôt il va répondre de ses actes devant les tribunaux. Cependant, je dis que ce garçon est dangereux pour l’avenir de tout un peuple. Voilà pourquoi je m’investis, non pas pour combattre, l’homme, mais le système qu’il veut incarner dans ce pays. Il s’agit d’un système dictatorial et maffieux.

Vous avez participé à l’émergence de ce système ?

J’ai été dans l’armée de libération de Bemba, je suis allé aux négociations de Lusaka. j’y ai siégé comme chef de la délégation à la commission militaire mixte, puis au comité politique pendant plus l’une année. A mon retour, j’ai trouvé qu’un système avait émergé et je continue de le combattre jusqu’à ce jour. Des amis tels Karawa et Solo, avec qui nous avons créé le MLC, ont été jetés en prison. Ils commençaient à faire ombrage. On s’est donc retrouvé dans un système dictatorial où Bemba imitait maladroitement Mobutu. Celui-ci avait tué ou jeté en prison la plupart des compagnons de la Révolution. Moi-même j’ai subi le même sort, j’ai été emprisonné pendant huit mois. N’eut été l’intervention des Ougandais, je ne sais pas ou je serais aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous oppose à Bemba ?

Les idées, la vision. Je ne partage pas la même vision avec Jean-Pierre Bemba. Il ne vise rien d’autre que de mettre le pays sous la main mise d’un réseau maffieux. Je suis parmi les gens qui ont demandé aux jeunes de Bumba, Aketi, Lisala d’adhérer massivement à l’Armée de libération du Congo. Nous disions à ces derniers que nous combattions pour un idéal, celui de l’émergence d’un Etat de droit dans notre pays. Et ces enfants sont morts sur le champ d’honneur pour qu’il y ait un vrai changement. A voir tout ce que Bemba fait, je me dis qu’il est en train de trahir la mémoire de tous ces jeunes gens.


Vous êtes-vous découvert cette mission après avoir quitté le MLC ?

Tout en étant dans le MLC, bien sûr... C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de partir du MLC en 2002. C’est vous dire que je n’étais plus d’accord avec la ligne dictatoriale instituée par Bemba. Il arrêtait ses compagnons ou éliminait carrément certains officiers qui lui faisaient ombrage, tel le colonel N’sau et Azimangando. Il y a eu beaucoup d’abus que nous avons malheureusement constatés par la suite. Par exemple, les recettes que généraient les services sur les territoires que nous contrôlions étaient directement amenées-à l’étranger par François Mwamba, lequel était chargé de les blanchir avec un certain Jean-Pierre, l’homme de main de Bemba à Bruxelles. Pour me résumer, je dirais que je n’ai pas pris les armes pour servir un Homme mais l’idéal.

D’après ce que j’ai entendu dans les couloirs, il y a beaucoup de gros poissons, des autorités actuellement dans les institutions de notre pays qui seront appelées à répondre de leurs actes. La liste est longue.

Beaucoup d’autorités en place avez-vous dit ?

Ceux qui se reprochent de quelque chose en Ituri, voire au Congo. Aujourd’hui, la CPI ne veut pas qu’il y ait avant les élections une nouvelle tension. La CPI ne veut pas être un instrument politique pour régler des comptes aux animateurs ou aux candidats censés demain diriger le pays il reste qu’après les élections, un gros lot de tous ces gens là au pouvoir prendre le chemin de La Haye. Je pense à ceux qui ont joué au Congo comme sur un terrain de football, plus particulièrement Jean-Pierre Bemba.

(SL/Milor/GW/Yes)

Le Soft International



Last edited: 24/12/2008 12:54:15

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