L’étau se resserre sur le chef rebelle du Cndp qui, lors de dernières concertations de Nairobi, a eu du mal à convaincre Olusegun Obasanjo, Benjamin Mkapa et ensuite Louis Michel qui s’en tiennent au cadre institutionnel actuel.
Sur l’échiquier politique congolais, le jeu ne semble plus brouillé tel qu’il en a été le cas lors de la reprise de la guerre du Nord-Kivu fin août par le Cndp. Des signes avant- coureurs démontrent qu’une nouvelle donne s’installe depuis peu. L’échec de dernières concertations de Nairobi menée par l’émissaire des Nations unies sur la crise congolaise, Olusegun Obasanjo, marquées davantage par l’intransigeance du Cndp et paradoxalement par la souplesse du gouvernement est un signe de temps qui ne trompe pas.
Dans les coulisses des pourparlers, on renseigne que Benjamin Mkapa, ancien président tanzanien qui a accompagné récemment Obasanjo à Nairobi, et Louis Michel, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, ont tour à tour rappelé à l’ordre Laurent Nkunda sur la tentation aventurière de la remise en question du cadre institutionnel actuel. Cela traduit l’exaspération de la communauté internationale qui a largement contribué à la mise en place des institutions républicaines issues des élections.
Remettre aujourd’hui en cause par la seule force des armes la légitimité de ce processus est, du point de vue européen, inacceptable. C’est un cuisant échec qu’a subi, à cet effet, le Cndp.
Le deuxième élément annonciateur, c’est incontestablement le dégel dans les rapports entre Kinshasa et Kigali. Le déclenchement de la guerre d’août dernier a eu comme effets collatéraux le rapprochement de deux capitales après les chassés croisés diplomatiques de la communauté internationale sur l’axe Kinshasa–Kigali et les contacts directs entrepris entre les deux parties.
Réunies du 4 au 5 décembre derniers, les délégations ministérielles de deux pays ont apprécié les progrès accomplis dans le sens de la normalisation des relations diplomatiques bilatérales et la coopération économique régionale. Tant Kinshasa que Kigali ont affirmé leur engagement à ouvrir leur ambassade dans les deux capitales durant le premier trimestre de 2009. Ce qui, logiquement, était impensable, il y a quelques temps.
Nkunda en difficultés
A ces facteurs, il faudrait adjoindre les retombées du dernier rapport des experts des Nations Unies qui cite nommément le Rwanda comme le principal soutien militaire et logistique du Cndp. Quoique le gouvernement rwandais ait apporté un cinglant démenti sur ces accusations, on apprend que ce pays est fortement gêné par ces révélations qu’il avait toujours niées. Pour preuve, le gouvernement hollandais vient de suspendre son aide à ce pays estimée à 7 millions d’euros pour les exercices 2008-2009.
En coulisses, on indique que les derniers développements de la situation avec l’éventualité de l’intervention militaire de l’armée angolaise au Nord-Kivu sous mandat de l’Onu mettent mal à l’aise Paul Kagame qui se rappelle de sa mésaventure de 1998 dans le Bas-Congo et à Kinshasa où la force de frappe de l’armée angolaise avait contraint Kigali et Kampala d’avouer la présence de leurs troupes en Rdc derrière le Rcd et ainsi négocier une sortie.
Ce cauchemar double des échecs diplomatiques en rapport avec le dossier congolais, le pousserait à lâcher son poulain, Laurent Nkunda. Ainsi donc l’étau se resserre sur le chef rebelle du Cndp qui perçoit déjà une issue incertaine de son aventure.
En difficultés, Nkunda s’évertue à rameuter tardivement certains pays africains dont le Sénégal alors que son sort est déjà scellé. On est rassuré que le rendez-vous du 17 décembre entre les délégués du gouvernement et ceux du mouvement rebelle risque d’accoucher de nouveau d’une souris.
(Milor)
Ndong. M.N./La République
Last edited: 17/12/2008 16:39:33