Un vrai problème moral pour les pays occidentaux qui financent le Rwanda. Il s’agit particulièrement des Etats-Unis d’Amérique et de la Grande-Bretagne. L’attrait que le régime de Kigali exerce sur ces pays, c’est que Kagame est un homme d’action qui aurait sorti son pays de la turbulence. Mais comment ?
Ces gouvernements estiment que Kinshasa serait le contraire de Kigali. Quel paradoxe ! Pour sécuriser (sic) son pays, Kagame n’hésite pas à transporter la guerre en Rdc, d’y fomenter des rébellions. Britanniques et Américains auraient-ils voulu que Kinshasa fasse autant ? Il serait donc facile d’insécuriser le Rwanda en armant les Fdlr. Puisque Kabila ne le fait pas, on l’accuse de mollesse. Au même moment, Britanniques et Américains approuvent Kagame dans son prétexte de martyr du soutien de Kinshasa aux Fdlr.
Le rapport de l’Onu, pour être acceptable, parle du soutien des Fdlr aux Fardc. Refusant d’engager la réflexion sur une voie à cul-de-sac, la Belgique préfère parler de collusion entre Fardc et Fdlr. La réalité est toute autre. Les opinions américaine et britannique la découvrent désormais.
Ainsi, « The Independent » peut faire remarquer aux dirigeants britanniques qu’il est temps de revoir leur politique rwandaise, c’est que les choses commencent effectivement à bouger. « Si Kagame ne maîtrise pas Nkunda, nous devons lui dire que nous ne le financerons plus », peut-on lire dans l’édition de lundi 15 Décembre 2008. Le confrère évoque et salue la décision du gouvernement néerlandais et demande à la Grande Bretagne d’en faire autant.
Ce n’est un secret pour personne. Paul Kagame est le favori de Londres. Cela remonte aux ministres Clare Short et Lynda Chalker. Aujourd’hui, l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair est conseiller du président rwandais. C’est plus qu’un symbole. C’est un parrainage de la politique rwandaise notamment sur la Rdc. C’est donc chimère que d’attendre de la Grande Bretagne une position influencée par le récent rapport de l’Onu. On n’a jamais cherché à savoir pourquoi les forces de l’Onu se sont retirées aussitôt qu’avait commencé le génocide.
Kigali, Londres et Washington ont beaucoup de secrets à partager au sujet de ce génocide rwandais. La réaction des Français et des Espagnols, relevant le rôle de Kagame dans ces tueries apparaît marginale. Si la politique de laisser faire appliquée par Londres et Washington vis-à-vis de Kagame serait due à la reconnaissance de leur culpabilité sur la décision de retirer la force de l’ONU du Rwanda au début du génocide, pourquoi les autres pays du contingent de la Minuar ne ressentent-ils pas la même culpabilité ?
Profitant de cet inconditionnel soutien anglo-américain, Kigali fait subir à la Rdc des affres de plus d’une guerre. Le degré d’intouchabilité était tel que les cinq millions de morts en Rdc, de 1998 à 2002, ont laissé le monde indifférent. Au lieu de la condamnation, Kagame est chaleureusement accueilli à Londres et à Washington pour qui, il serait le dirigeant africain qui parlait désormais leur langage. On croit Kagame au discours. Dans les faits, reconnaît The Independent, il n’y a ni démocratie ni opposition au Rwanda.
Londres et Washington tolèrent tout cela. Ils n’ont pas le droit de laisser Kigali agir en Rdc. S’ils ne peuvent le faire par amour du peuple congolais, qu’ils le fassent au nom de la justice et du moral. Car, soutenir Kigali, c’est porter consciemment la responsabilité des massacres que Nkunda commet en Rdc.
(SL/Milor/Yes)
Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 17/12/2008 16:27:08