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Bonjour | 21/03/2010 3:55 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le Conseil européen soutient le processus de Goma, soutient les autorités de Kinshasa avec lesquelles il souhaite la collaboration, et rejette toute remise en cause de la souveraineté de la République démocratique du Congo. La formation d’un gouvernement d’union nationale ne ressort pas dans les conclusions du Conseil et n’est pas la finalité des rencontres en cours.

Le Conseil Européen s’est réuni du 8 au 9 décembre 2008 autour de la question de la Rdc particulière­ment au sujet de la situa­tion qui prévaut à l’Est de ce pays. La 2915 ème ses­sion du Conseil à tire cer­taines conclusions qui tra­duisent la position on ne peut plus claire de l’Union européenne sur la Répu­blique Démocratique du Congo. De prime abord, le Conseil rap­pelle que sa position n’a pas changé depuis sa prise de position du 10 novembre 2008.

Le Conseil rappelle les conclusions du Conseil affaires géné­rales relations exté­rieures du 10 novem­bre sur la RDC et reste très préoccupé par la situation dans l’Est du pays provoquée par la reprise de l’option mi­litaire par toutes les parties, notamment l’of­fensive du CNDP, et par ses conséquences sur le plan humanitaire, alors que l’accès aux populations déplacées reste très difficile dans certaines zones du Nord Kivu “.

Pour ce faire, la position du Conseil est que l’on puisse rechercher la solution à ce problème en vue de mettre fin au drame humanitaire en respec­tant les cadres mis en place jusque-là et à cette fin. L’Union européenne étant partie pre­nante et signataire des actes de Goma et de Nairobi, n’a ja­mais reproché quelque chose à ces cadres de concertation. Ainsi donc dans ses conclusions, « Le Conseil appelle toutes les parties concernées par les processus de Goma et de Nairobi à respecter le ces­sez-le-feu et à garantir la sé­curité du personnel humanitaire ainsi que l’accès incondition­nel aux populations ». Tout est clair à ce sujet que le Conseil ne reconnaît pas le Cndp comme partie extérieure au processus de Goma. Ce que déclare le Cndp, en disant que le programme Amani serait Ca­duc, n’engage pas le Conseil.

Le gouvernement respon­sabilisé

Pour mettre fin aux nom­breuses exactions et violations des droits de l’homme, il faut le respect de ces programmes. La préoccupation du Conseil par rapport à ces violations est à la mesure de sa préoccupation de son engagement pour la stabilisation de la situation sécuritaire dans cette partie de la Rdc. Dans ces conclu­sions: « Le Conseil exprime sa vive préoccupation face à la poursuite de graves atteintes aux droits de l’homme, en par­ticulier des exécutions som­maires, des violences sexuel­les systématiques, ainsi que le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats par les grou­pes armés, tel que rappelé par le Conseil des Droits de l’Homme à sa session extraor­dinaire du 28 novembre et du 1er décembre.

Le Conseil con­damne ces actes et appelle toutes les parties concernées à y mettre fin. Il appelle en par­ticulier le gouvernement de la RDC à mettre fin au compor­tement de certains éléments des forces armées congolai­ses, caractérisé par des attein­tes aux personnes et aux biens qu’ils sont censés protéger. Le Conseil appelle l’ensemble des parties à prendre toutes les mesures qui s’imposent en vue de mettre un terme aux viola­tions des droits de l’homme, d’arrêter et de punir les respon­sables.

L’engagement de l’Europe

Toutes les initiatives ac­tuellement entreprises en Rdc rencontrent la faveur du Conseil. Ainsi dans ses conclu­sions: « Le Conseil salue la mobilisation de la Commission européenne et des Etats mem­bres pour venir en aide à la population victime du conflit et contribuer à la recherche d’une solution politique à la crise, a travers une aide humanitaire supplémentaire de 4 ,6 Millions d’euros et de nombreux déplacements ministériels en RDC et dans la région. Le Con­seil encourage la Commission et les Etats membres à pour­suivre cet effort en étroite coo­pération avec l’ONU, l’UA et les Etats de la région, dont il salue l’implication.

Le rapatriement des Fdlr et la souveraineté de la Rdc

Le rapatriement des mi­lices hutu rwandais qui opèrent à l’Est de la Rdc est une des raisons principales du froid en­tre Kigali et Kinshasa. C’est la raison que le Cndp utilise par procuration pour provoquer le drame humanitaire à l’Est de la Rdc. Pour le Conseil, la so­lution à ce problème réside dans le respect des actes de Goma et de NaIrobi. Ainsi donc, « Le Conseil rappelle la nécessité de poursuivre les ef­forts en vue de mettre un terme à l’activité des groupes armés étrangers dans l’Est de la RDC, notamment les Fdlr. Il rappelle l’engagement de l’UE afin de permettre le règlement de ce problème, par la relance des processus de paix de Goma et de Nairobi. Il de­mande à la RDC et aux autres gouvernements de la région de prendre les mesures nécessai­res à cette fin. Il demande aux pays de la région de respecter la souveraineté de la RDC.

Le dégel entre Kinshasa et Kigali

S’il y a une solution à la crise à laquelle le Conseil se prononce sans ambiguïté non sans reconnaître tacitement la responsabilité des certains pays voisins dans la situation d’insécurité à l’Est de la Rdc, c’est le dossier sur le dégel entre le Rwanda et la Rdc, C’est pourquoi, « Le Conseil salue l’engagement de la région dans le cadre des processus de paix de Goma et Nairobi. Il se félicite à cet égard de la re­prise du dialogue entre les gou­vernements de la République démocratique du Congo et du Rwanda et les encourage à in­tensifier leur coopération en vue de normaliser leur relation et de contribuer à la stabilisa­tion durable de la situation. Il salue les efforts de l’ex-Prési­dent Olesugun Obasanjo, En­voyé Spécial du Secrétaire Gé­néral des Nations Unies, pour trouver une solution politique au conflit. Il rappelle l’engagement de l’UE dans le cadre de la Facilitation Internationale’.

Soutien et reconnaissance des autorités congolaises

Contrairement à ce que d’aucuns pensent en se basant sur des impressions, le Conseil ne fait pas table rase des insti­tutions élues de la Rdc. Bien au contraire il reconnaît que la solution au problème qui se pose à l’Est de la Rdc passe par la collaboration avec les autorités congolaises et non pas leur mise à l’écart. Pas étonnant que dans ses conclusions », Le Conseil souligne l’importance de la poursuite de la coopéra­tion avec les autorités congo­laises pour renforcer leurs ca­pacités, en particulier dans le secteur de la sécurité, en vue notamment de renforcer la sta­bilité dans l’Est, et de lutter con­tre l’impunité et l’exploitation illégale des ressources naturelles, dont la persistance alimente la crise. Le Conseil rap­pelle la disponibilité de l’UE à approfondir son engagement à cette fin, y compris par l’inter­médiaire de ses missions EUSEC et EUPOL RD-Congo et de la Commission, en collaboration avec les autorités con­golaises ».

La Monuc incontournable

Beaucoup de choses se disent sur la Monuc. On se pose la question sur son efficacité. Si pour la population locale et une certaine opinion aussi bien con­golaise qu’africaine, la Monuc ne sert à rien, « Le Con­seil réitère son soutien à l’ac­tion menée par la MONUC sur le terrain et l’encourage à pour­suivre le renforcement de son dispositif au Nord-Kivu. Le Con­seil se félicite de l’adoption le 20 novembre par le Conseil de sécurité, à l’unanimité, de la résolution 1843 autorisant le renforcement des effectifs de la MONUC, qui doit contribuer à améliorer la protection des po­pulations civiles et à accompa­gner le redéploiement en cours de la mission.

Au-delà du renforcement d’urgence des effectifs, le Con­seil suit avec attention les dis­cussions en cours au Conseil de sécurité sur le renouvelle­ment du mandat de la MONUC en vue d’améliorer l’efficacité de la force. Le Conseil a pris note de la lettre adressée par le Secrétaire général des Nations unies au Secrétaire général/Haut Représentant et demande à ce dernier et à la Commission de préparer rapidement les élé­ments de réponses techniques, humanitaires et politiques en tenant compte des observations présentées ». « Pour conclure, « Le Conseil continuera à sui­vre de près les développements humanitaires, politiques et sécuritaires dans l’Est de la RDC »…

Lorsqu’on lit attentive­ment les conclusions du Con­seil, on constate qu’il y a plus de divergences entre le Cndp et le Conseil européen qu’il n’y a de soutien, même tacite. Le Conseil soutient le processus de Goma que le Cndp récuse. Le Conseil soutient les autorités de Kinshasa avec les­quelles il souhaite la collabo­ration tandis que le Cndp pense remplacer le gouvernement issu des élections par un gou­vernement d’union nationale issu des négociations directes avec les dirigeants de ce mou­vement et l’opposition non-institutionnelle. On peut allonger la liste et mettre au défi ceux qui témoigneraient du soutien de l’Ue au Cndp et surtout à la formation d’un gouvernement d’union nationale.

(SL/Th/Yes)

JDG/L’Avenir



Last edited: 11/12/2008 16:46:24

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