La province cuprifère du Katanga continue à courir derrière la rétrocession telle que voulue par le gouvernement central. Le président de l’Assemblée provinciale séjourne d’ailleurs à Kinshasa pour tenter de ramener des arriérés cumulés de l’ordre de 130 millions de dollars américains. D’autre part, la réplique du Premier ministre par rapport aux difficultés des entreprises minières au Katanga n’augure rien de satisfaisant.

Ainsi qu’il se dégage du constat, l’Exécutif national ne respecte pas ses propres promesses aux provinces dans le processus de rétrocession. En lieu et place de la retenue à la source prévue dans la Constitution, le gouvernement avait réussi la gageure de convaincre les provinces à accepter une formule appelée «rétrocession». Pour des raisons diverses, le gouvernement tergiverse à verser en faveur des provinces les ressources financières nécessaires pour leur bon fonctionnement.

A la moindre opportunité, les provinces du Katanga, du Bas-Congo et de Kinshasa s’expriment régulièrement à voix audible pour réclamer ce droit constitutionnel. Jamais le gouvernement n’a osé rencontrer leur préoccupation pour des raisons inavouables.

Des arriérés cumulés évalués à 130 millions de dollars américains pour la seule province du Katanga appellent à une profonde réflexion de la part de l’Exécutif national. A travers le budget 2009, le gouvernement laisse transparaître sa volonté de ne point accepter une quelconque évolution dans ce domaine.

Déjà 5.000 emplois supprimés

Plutôt que de minimiser l’impact des suppressions massives d’emplois, les personnes touchées par ces pertes de leurs sources de revenus ne se reconnaîtront certainement pas dans la réplique du Premier ministre. 5.000 emplois déjà supprimés devraient préoccuper le gouvernement. Il n’y a pas que les sociétés irrégulières qui seraient concernées. Et même alors, le gouvernement ne devrait pas s’en réjouir. Bien au contraire !

Au Katanga voire au Nord-Kivu, à titre illustratif, il est avéré que la majorité des entreprises minières mettent la clé sous le paillasson. Des projets d’extension sont soit à l’arrêt ou soit renvoyés à plus tard. C’est le cas de BHP Billiton, le géant mondial du secteur et d’autres encore comme Anvil Mining. L’un des objectifs des «cinq chantiers» touche à l’emploi.

Le gouvernement qui éprouve autant de difficultés à prendre en charge les fonctionnaires, disposerait-il de moyens pour faire face au chômage qui s’annonce ? Au Katanga, les observateurs sont restés inquiets face à l’évolution de la situation tant pour la rétrocession que pour la récession qui frappe déjà les entreprises du secteur minier. Ce sont les ménages qui en paieront le lourd tribut.

(SL/Th/GW/Yes)

Bienvenu Marie Bakumanya/Le Potentiel