Alors qu’on attendait l’audience de confirmation des charges dans le procès Jean-Pierre Bemba à la Haye pour le 08 décembre prochain, la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a reporté une deuxième fois l’audience pour examiner la solidité des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité portées contre l’ancien vice-Président congolais Jean-Pierre Bemba.

Selon le communiqué de la CPI parvenu à notre rédaction hier, la chambre envisage le 12 janvier 2009 comme la date la plus proche pour l’audience, mais la date exacte sera déterminée le 29 décembre, évoquant l’absence d’un juge jusqu’à janvier 2009 pour des circonstances familiales graves, sans aucune autre précision. L’audience avait d’abord été prévue pour le 4 novembre puis le 8 décembre. Précisons que la chambre préliminaire, sans préjuger du déroulement du procès, doit s’assurer que les accusations portées contre un suspect présentent des éléments de preuve suffisants.

Elle décide ensuite de confirmer ou non certaines charges, ouvrant la voie a un procès. Arrêté depuis fin mai à Bruxelles sur base d’un mandat du procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, Jean-Pierre Bemba depuis l’audience d’identification de juin dernier se trouve donc en détention à la Haye.

Le procureur lui reproche des viols, des tortures, des pillages et des meurtres commis par ses hommes en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003. Pour rappel, en 2002 et en 2003, le Mouvement de libération du Congo (MLC) fondé par M. Bemba était allé appuyer le régime du Président centrafricain d’alors, Ange-Felix Patassé, pour écraser une tentative de coup d’Etat du général François Bozizé, qui s’est emparé plus tard du pouvoir.

Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux aux élections présidentielles de 2006, vivait en exil depuis son départ de la République démocratique du Congo en avril 2007. Tout se passe comme si, depuis, rien ne lui sourit.

Mais dès l’annonce du report de l’audience de confirmation des charges la  date probable du 12 janvier 2009, les réactions ont fusé de partout. Dans son intervention, Me Aimé Kilolo du collectif des avocats de la défense s’est dit déçu que les agendas ne se tiennent pas. Tout en se déclarant solidaire de la situation familiale du juge empêché, il a regretté que le juge n’ait pas été remplacé. Car, selon lui, il est question de garantir à leur client son droit à la liberté ainsi qu’un procès équitable. Néanmoins, face à ce report, dissimulant mal la colère, il a souligné qu’il n’entreprendrait aucune démarche particulière.

Pour les partisans de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, il s’agit d’une manoeuvre dilatoire qu’emploie la CPI dans un procès qu’ils considèrent comme politique dans la mesure où elle, donc la CPI, ne dispose d’aucune preuve contre le Chairman du MLC. Mais des sources généralement bien informées, il nous revient qu’une délégation de ce parti se rendra à La Haye lundi prochain pour manifester leur attachement indéfectible à Bemba qui doit passer des moments difficiles avec ces reports à répétition dans un procès qui n’a encore rien dévoilé de son contenu.

Pour Paul Madidi, le porte-parole de la CPI en Rdc, il ne faut rien exagérer. Ce qui arrive doit être placé dans l’ordre normal des choses. Il n’est pas facile de remplacer un juge dans une affaire où le dossier compte environ 7000 pages.

Ces juges sont imprégnés du dossier donc, difficilement remplançables. Cela n’est pas à confondre avec le premier report dont la cause était, selon Paul Madidi, de permettre à la défense de Jean-Pierre Bemba de s’imprégner du dossier et de se préparer d’une manière adéquate. A ce niveau, la défense du Chairman qui se dit prête depuis novembre n’accepte pas cette raison avancée par la CPJ.

Pour les uns et les autres, la seule préoccupation demeure le maintient ou non de la date du 19 janvier car il n’est pas impossible que la chambre avance une autre date. Que nous réserve donc le 29 décembre ?

(DN/Milor/GW/Yes)

Le Palmarès