L’Assemblée nationale a entamé à sa séance plénière de mardi l’examen du projet de Budget de l’Etat pour l’exercice 2009 que venait de présenter le Premier ministre. Les députés de la majorité comme de l’opposition se sont succédés à la tribune pour formuler leurs remarques sur ledit budget.
L’examen du projet du Budget de l’Etat pour l’exercice 2009 a débuté mardi dans la mi-journée à l’Assemblée nationale présidée par l’Honorable, Vital Kamerhe la plénière a démarré par une motion d’information du Député François Mwamba Tshishimbi parlant au nom de tous les collègues du Mouvement de libération du Congo (Mlc). Le secrétaire général du parti cher au leader du MLC Jean-Pierre Bemba Gombo a déploré les actes d’insécurité dont les membres de la délégation du Mlc, en particulier, et les membres de l’Opposition, en général, ont été victimes lors de leur dernier voyage dans le Bas-Congo, le week-end passé.
Et d’informer que la quintessence de leur adresse était basée sur la complicité dans l’arrestation du leader du Mlc bloqué à La Haye, au moment où la RDC a besoin des bras de tous ses fils pour participer à la reconstruction. Mais également sur les tenants et les aboutissants de la mise sur pied du gouvernement Gizenga III sans Gizenga. Conséquence, la garde commise à leur sécurité a été retirée sur un ordre de Kinshasa. Il a indiqué qu’à l’étape de Boma, la nouvelle garde et des personnalités du Mlc, à en croire François Mwamba, ont eu des ennuis judiciaires.
Même son de cloche pour l’Honorable José Engwanda qui, outre le cas de l’érosion à Bumba, a enfoncé le clou de cette insécurité dont sont victimes les cadres du Mlc. Ayant fait allusion au rapport de Human Right wacth, les Députés du Mlc ont suggéré et obtenu la formation d’une Commission d’enquête parlementaire, afin de se rendre sur les lieux et faire la lumière sur cette situation. Quant aux érosions à Bumba, et à ses conséquences, V. Kamerhe a responsabilisé le gouvernement.
Les Députés de l’Opposition claquent la porte. Et pour cause? Lors de la présentation de la politique générale de ce texte de loi, le comportement du public pro Muzito, installé au balcon de la salle des Congrès du Palais du peuple, était, par moment, devenu insupportable. Les nombreux militants du Parti lumumbiste unifié (Palu), non autrement identifiés, n’étaient pas là que pour applaudir A. Muzito, mais la foule est allée jusqu’à hurler et crier sur certains Députés de l’Opposition, en les menaçant par des gestes. Ce, dans un vacarme assourdissant.
Il n’en fallait pas plus pour que les Députés de l’Opposition claquent la porte, exigeant ipso facto l’évacuation de la foule. Il a fallu être V. Kamerhe pour ramener les choses au point en obtenant le retour à la plénière des Députés sans évacuer la foule.
Dans une salle des Congrès pleine comme un oeuf, et sous l’arbitrage impartial de V. Kamerhe, le Premier ministre Adolphe Muzito et tout son gouvernement se sont trouvés face à la Représentation nationale dans le cadre de la présentation et du débat sur le projet du Budget 2009. En ce qui concerne sa présentation, ce projet du Budjet de l’Etat pour l’exercice 2009 est estimé, en recettes et en dépenses, à 2.881,8 milliards de Fc, soit 4,97 milliards de $ Us. Il se dégage un taux d’accroissement en Francs congolais de 61,8%.
S’agissant du cadrage macro-économique de ce Budget, il nous revient que les indicateurs ci-dessous sous- tendent ce programme chiffré du gouvernement. Taux de croissance : 9%. -Déflation du Pib: 8,9%. -Taux moyen d’inflation 15%. - Taux moyen d’inflation fin période :11,5. -Taux de change moyen: 580 Fc. - pib nominal (en million de Fc) : 7991.
Du point de vue de sa configuration, le projet du Budget 2009 contient des recettes courantes ou propres évaluées a 1.600,9 milliards de Fc, soit 2,76 milliards $ Us. Son taux d’accroissement en Fc est de 32,1% par rapport au Budget 2008. Elles sont composées de: Recettes des douanes et accises (595,5 millions Fc), Recettes des impôts (550,5 milliards de Fc), Recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (289 milliards de Fc), Recettes des pétroliers producteurs (165,9 milliards de Fc).
Quant aux recettes extérieures, elles sont chiffrées à : 9.878 milliards de Fc contre 462,4 milliards de Fc en 2008, soit un taux d’accroissement de 113,6%. Elles comprennent : les ressources Ppte (215,9 milliards de Fc), les dons projets (694,6 milliards de Fc dont 429 milliards de prêt chinois), les emprunts projets (77,2 milliards de Fc).
S’agissant des recettes des provinces, elles sont estimées à 293 milliards de Fc, soit 505,3 millions de USD contre 106 milliards de Fc en 2008 soit une augmentation de 187 milliards de Fc représentant un taux d’accroissement de 173,9%.
A propos des dépenses projetés en 2009, elles sont chiffrées à 2.881,8 milliards de Fc. Elles sont réparties de la manière suivante :
- Dépenses du pouvoir central: 2.588,8 milliards de Fc;
- Dépenses des provinces : 293 milliards de Fc.
De ce qui précède, il a été constaté que les dépenses de l’Etat de l’exercice 2009 seront financées en concurrence de 55,6% par les ressources propres, de 34,3% par les ressources extérieures, dont 7,5% pour les PPTE et de 0,2% par les recettes locales des provinces.
Le budget du pouvoir central y participe pour 89%, 8% contre 10,2% pour les provinces.
Comme lors des deux autres projets de budget, l’Opposition a été sans pitié pour le Premier ministre. Elle est allée jusqu’à demander le rejet pur et simple de ce budget. Au départ, une part belle du débat d’hier a été faite au retard avec lequel ce projet de budget a été déposé. Soit à quelques jours seulement de l’expiration de la session dite budgétaire. Pour sa part, Vital Kamerhe a, dans son introduction, invité le Premier ministre Muzito à déposer le projet du Budget dans le délai requis.
Prenant la parole, Adolphe Muzito a donné les raisons de ce retard et le contexte de l’élaboration de ce texte de loi, tout en brossant en même ses priorités et l’état de son exécution. L’opposition, notamment le Mlc avec François Mwamba, Mbusa et Alex Kande, a charcuté ce projet de budget comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Ils ont même appelé au rejet de ce dernier, en demandant au Premier ministre d’élaborer un autre texte qui tienne compte de la situation économique du pays et des aspirations profondes du peuple congolais.
S’agissant des critiques formulées, il y a irréalisme des agrégats macro-économiques indiqués. Le Budget parle des emprunts en indiquant ni les détails ni la liste des bailleurs. Le budget ignore le célèbre barème de Mbudi. Raison pour laquelle le PPRD, notamment Théophile Mbemba, a fustigé la révision à la hausse des frais de fonctionnement de l’institution Président de la République. Autant affecter ces fonds à l’amélioration des salaires des enseignants, policiers, militaires, etc. ce n’est pas fini, car le débat se poursuit aujourd’hui.
(DN/Th/GW/Yes)
Le Palmarès
L’opposition charcute le budget
Configuration?
Croissance aux résultats controversés
V. Kamerhe sauve la plénière du blocage!