Du 21 au 28 novembre 2008 s’est tenue à Arusha, en Tanzanie, la 24ème session du Forum parlementaire de la SADC. La délégation congolaise y a pris une part active et remarquable à ces travaux.

Les questions de paix, de sécurité, de développement et de démocratie ont dominé les travaux de la 24ème session du Forum parlementaire de la SADC. Arusha, capitale de la Tanzanie, a abrité cette session qui a connu la participation des parlementaires des pays membres de cette communauté sous-régionale.

Ce qui explique la présence des parlementaires congolais à ces assises. Une forte délégation de 10 personnes dont 7 députés et 3 sénateurs conduite par Mario-Philippe Losembe et Marc Mvwama Anedu, respectivement 2èmes vice-présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.

Outre sa participation active à toutes les séances de travail du forum, la délégation congolaise a saisi cette opportunité pour soulever les questions de paix et de sécurité qui perturbent le processus de développement des pays africains, en général, ceux de la SADC en particulier. C’est ainsi qu’elle a saisi cette opportunité pour faire une déclaration du haut de la tribune de cette session en reconnaissant à sa juste valeur le soutien qu’apportent les instances de la SADC à la République démocratique du Congo.

Les hostilités du Kivu

Pour mieux cerner le problème congolais, la déclaration des parlementaires de la RDC rappelle qu’en 2006, des élections présidentielle et législatives ont été organisées au Congo. Elections jugées de libres, démocratiques, transparentes et crédibles par les observateurs tant nationaux qu’internationaux, parmi lesquels ceux de la SADC. Les mêmes élections ont conduit à l’installation des institutions légitimes. « Alors que les institutions légitimes et légalement établies s’attellent à restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo et à mettre en oeuvre le programme de reconstruction du pays , certains fils ont entrepris de reconstituer des groupes armés et de relancer la guerre et ainsi déstabiliser les institutions démocratiquement élues », souligne la déclaration.

Pour les parlementaires congolais présents à Arusha, il s’agit là de la violation des résolutions et recommandations librement signées lors de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Nord-Kivu et du Sud-Kivu tenue à Goma en 2008. Pire, ces groupes armés ont repris les hostilités depuis le 28 août 2008, exacerbant ainsi la situation de guerre.

Lourdes conséquences donc sur le plan humanitaire de cette nouvelle escalade militaire, comme il fallait s’y attendre : des milliers de morts, des femmes et jeunes filles violées et près de deux millions de personnes déplacées vivant dans des conditions infrahumaines. « Ces faits constituent des crimes de guerre et crimes de contre l’humanité », souligne la même déclaration.

Aussi, la délégation du parlement congolais a saisi cette opportunité pour saluer et encourager la volonté affichée par la communauté internationale en vue de faire face à cette catastrophe humanitaire. Elle se félicite également de l’ adoption de la résolution du Conseil sécurité de l’Onu autorisant l’augmentation des effectifs de la MONUC tout en précisant que le 3 mille hommes supplémentaires ne seront d’aucune efficacité si le chapitre VII de la Charte des Nations unies n’est pas appliqué pour imposer la paix. Assurer effectivement la sécurité des populations exposées aux velléités guerrières des immigrants et réfugiés armés qui, ayant perdu les élections, veulent reprendre le pouvoir par les armes.

Partant, la délégation de la RDC exprime toute sa gratitude à l’ égard des pays de la SADC qui, dans le passé, ont soutenu le Congo en y envoyant des troupes pour restaurer la paix. Au regard de l’évolution dramatique des événements dans l’Est du Congo, la délégation du Parlement congolais sollicité l’adoption d’une résolution demandant à leurs gouvernements respectifs l’envoi des troupes de la SADC aux fins de restaurer la paix dans cette partie de la République. La même délégation insiste également pour que cette aide concerne l’armée congolaise en pleine restructuration en vue du désarmement rapide des forces négatives et leur rapatriement dans leur pays.

Enfin, la délégation est convaincue que le retour à la paix est un élément indispensable qui permettra à la RDC de répondre efficacement aux défis du développement durable. Mais aussi à la crise économique qui secoue le monde ainsi qu’aux effets néfastes d’une industrialisation mal maîtrisée ayant pour conséquences les changements climatiques, la sécheresse et les inondations. Une déclaration qui a retenu l’attention de tous les participants, conscients du rôle prépondérant d’un Congo en paix dans la quête de la relance du développement de l’Afrique.

(Milor/GW/PKF)

Le Potentiel