La Monuc  a démarré son programme de renforcement de ses ef­fectifs dans le Masisi Cen­tre en vue de rassurer les populations locales et celles venues d’ailleurs fuyant les affrontements et autres exactions perpétrées par les belligérants de tous bords.

Selon le lieutenant-colo­nel Jean-Paul DIETRICH, porte-parole militaire de la MONUC, tout en proté­geant spécialement la ville de Goma contre une éventuelle attaque du Cndp, ce renforcement vise à stabili­ser les choses, de faire face aux menaces sur le terrain et de répondre aux différen­tes demandes d’assistance aux populations déplacées.

Ce renforcement Se­rait aussi un message clair en direction des belligérants surtout ceux du mouvement politico-militaire fortement appuyé par le Rwanda, a signalé un observateur de la région chaude des Grands Lacs. Car, d’une part, les Etats membres de la CEEAC démarrent ce matin à Kinshasa une des réunions au niveau des responsables des ser­vices de sécurité, des for­ces armées et des affaires étrangères.

Ce sera dans le cadre d’une commission qui résulte du Protocole de Paix et de Sécurité appelé CO­PAX qui se réunit chaque fois que la paix et la sécurité sont menacées dans cette région d’Afrique Centrale. En tenant compte essentiellement des incursions des pirates dans le Golfe de Guinée et de la résurgence de la guerre en RDC qui as­sume la présidence de cette organisation.

D’autre part, en exé­cution de la récente résolu­tion du Conseil de Sécurité des Nations Unies donnant le feu vert à l’envoi de nou­veaux 3.000 unités supplé­mentaires pour renforcer la Monuc, la Belgique est en train d’examiner les voies et moyens pour obtenir de son Parlement l’autorisation de remplir ce mandat‚ il semble aussi que les der­niers entretiens entre les deux émissaires spéciaux et le général dissident se sont déroulés dans un climat de forte tension du fait que le chef de la rébellion refuse de retourner vers le programme AMANI qui serait à ses yeux une cour du Roi Pétaud. L.Nkunda s’en tiendrait à un « phare à phare » avec Joseph Kabila selon l’expression en vogue dans les milieux kinois.

Nkunda énervé par l’arrivée des renforts onusiens et des troupes européennes

Le CNDP dans tous ses Etats... Le Conseil National de la Défense du Peuple (CNDP) voit d’un très mau­vais oeil l’envoi des troupes européennes dans l’Est du pays. Selon son porte-pa­role, Bertrand Bisimwa, c’est une désagréable surprise... On pensait que les Nations Unies étaient en­gagées dans une solution pacifique de la crise... Ceci montre que la  voie de la né­gociation dans laquelle les Nations Unies veulent nous amener est une manoeuvre qui vise à gagner du temps.

Laurent Nkunda et ses acolytes redoutent un agenda caché de la part des Occidentaux, qui con­sisteraient à les déloger purement et simplement de leurs positions, sous pré­texte de vouloir surveiller le cessez-le-feu et de protéger les populations civiles.

Situation humanitaire catastrophique

Dès ses premiers contacts avec des déplacés diman­che à Goma, dans le cadre d’une visite d’information de trois jours en RDC, la Se­crétaire d’Etat française aux Droits de l’Homme, Rama Yade, a qualifié de « catas­trophe » la situation huma­nitaire qui prévaut dans la partie Est du pays. Aussi, a-­t-elle demandé à la communauté internationale d’agir vite.

« L’Union Européenne est très attendue ici et très de­mandée, parce que la Mo­nuc estime qu’en terme de matériel et d’unités com­battantes, elle a besoin da­vantage de renfort, et elle estime que seule l’UE est capable d’apporter cela », a-t-elle fait savoir.

Les décideurs des Grands Lacs se concertent

A en croire le président tan­zanien, Jakaya Kikwete, des Chefs d’Etats et de gou­vernement de la région des Grands Lacs vont se retrou­ver le 11 décembre à Nairo­bi pour débattre de la crise politico-militaire congolaise. C’est ce qui ressort, a-t-on appris, de ses récents en­tretiens avec le Secrétaire Général de l’Onu, Ban Ki-­Moon. Ils devraient notam­ment faire l’Etat des lieux à la lumière des efforts de médiation de l’Envoyé spécial de l’Onu en RDC, Olu­segun Obasanjo, auprès des « belligérants congolais, assisté de l’ancien pré­sident tanzanien Benjamin Mkapa, représentant de l’Union Africaine ».

(DN/Ern./GW/Yes)

Kimp./Le Phare