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L’intervention urgente des troupes des pays de l’Union Européenne à l’Est de la RDC avant l’arrivée des renforts supplémentaires des casques bleus de la Monuc se prépare inexorablement comme l’a expressément demandé le Secrétaire général de l’Onu La France qui assure la présidence de l'Union Européenne a recommandé lundi une concertation urgente des 27 après la demande du Secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon, aux Européens d'envoyer des troupes pour une mission intérimaire en République démocratique du Congo. «J'ai demandé qu'un nouvel exercice de concertation se tienne d'urgence à Bruxelles, notamment pour examiner les suites à donner à la demande des Nations unies », a déclaré dans un communiqué le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, relayé par l’Agence France Presse (Afp).

La Belgique a, pour sa part, indiqué dimanche avoir été sollicitée par le Secrétaire général de l'Onu pour participer à une mission européenne intérimaire dans son ancienne colonie, le temps qu'arrivent les renforts promis par l'ONU. La Mission de l'Onu en Rdc (Monuc), déployée depuis 2001, est actuellement la plus importante mission de paix de l'Onu, avec 17.000 hommes dont 5.000 dans le Nord-Kivu. Un envoi de 3.000 casques bleus supplémentaires a été décidé la semaine dernière pour faire face à l'aggravation du conflit et de la crise humanitaire dans l'est du pays, mais leur date d'arrivée n'est pas précisée.

M. Kouchner indique que l'Union européenne continue d'examiner toutes les options envisageables et rappelle qu'une réunion a eu lieu récemment à Bruxelles afin de faire le point de toutes les actions déjà entreprises par les Etats membres et les institutions de l'Union. Mais il se déclare aussi favorable à la demande des Nations unies d'envoyer une mission intérimaire de l'Union européenne, dont il a pris connaissance avec la plus grande attention.

« Depuis le début de la crise, j'ai souhaité que l'Union européenne prenne toute sa place dans la résolution de la crise, qu'il s'agisse de ses aspects politique, humanitaire ou sécuritaire, y compris au travers d'une mission intérimaire de l'Union européenne comme le souhaite le Secrétaire général des Nations unies », écrit M. Kouchner. La France, qui préside l'UE, avait déjà proposé fin octobre d'envoyer des soldats au Nord-Kivu pour une mission humanitaire en appui à la Monuc. Mais plusieurs pays, dont l'Allemagne, s'y étaient opposés.

La Secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme, Rama Yade, en déplacement dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a exhorté dimanche la communauté internationale à se mobiliser d'urgence face à la situation catastrophique dans cette région en guerre. « L'Union européenne est très attendue ici et très demandée, parce que la Monuc estime qu'en terme de matériel et d'unités combattantes, elle a besoin davantage de renfort, et elle estime que seule l'UE est capable d'apporter cela », a-t-elle déclaré.

Les partis flamands favorables à l’envoi des militaires belges en RDC

Les partis flamands sont favorables à l’envoi des militaires belges dans l’Est de la RDC. « Mais une telle initiative ne pourra être prise qu’après un débat au Parlement et moyennant un mandat fort », est-il ressorti le dimanche 30 novembre de l’émission « De Zevende Dag » sur la VRT.

« La situation dans cette région est ‘affreuse’ et il faut faire quelque chose », a souligné la présidente du CD&V, Marianne Thyssen. Elle se réjouit de la réponse positive qu’est prêt à donner le Premier ministre Yves Leterme à une demande des Nations unies de participer à une force de jonction en RDC.

Selon elle, un débat préalable et approfondi au Parlement est nécessaire. Car les conclusions de la « Commission Rwanda » recommandent en effet de ne plus envoyer des troupes belges dans les anciennes colonies.

Option diplomatique

Le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, a accordé une audience le lundi 1er décembre 2008 en son cabinet de travail, à l’ambassadeur de la Grande-Bretagne en République démocratique du Congo, Nick Kay.

L’entretien entre les deux personnalités a tourné autour de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays et les efforts qui sont entrepris pour y remédier.

Au sortir de l’audience, le diplomate britannique a déclaré que son pays privilégie l’option diplomatique dans la recherche de la paix à l’Est de la République démocratique du Congo. C’est pourquoi, selon lui, la Grande-Bretagne soutient totalement les démarches menées en ce moment par Olusegun Obasanjo, émissaire choisi par l’Onu pour faciliter un dialogue politique entre les protagonistes en guerre dans le Nord-Kivu.

M. Nick Kay a aussi félicité le ministre des Affaires étrangères pour les efforts qu’il entreprend avec beaucoup de professionnalisme en vue de rehausser la diplomatie congolaise.

Kinshasa pour le déploiement de la force européenne type Artémis II

Les autorités de la Républi­que Démocratique du Congo (RDC) sont « favorables » au dé­ploiement d’une force européenne dans l’Est du pays en guerre, a déclaré le porte-parole du gouver­nement congolais, Lambert Mende, dimanche à l’AFP.

« Le gouvernement envisage favorablement une telle force », a dit M.Mende, réagissant à l’an­nonce des autorités belges, selon lesquelles le Secrétaire géné­ral de l’ONU, Ban Ki-moon, est fa­vorable à l’envoi d’une force euro­péenne en RDC, en attendant le renfort promis de 3.000 Casques bleus.

« Toute force qui est mise en oeuvre avec ou sans la Monuc (Mission des Nations unies en RDC) et qui contribue à stabiliser la situation au plan national et ré­gional est la bienvenue », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le mandat qui devrait revenir à cette force, M. Mende a répondu: « Le meilleur mandat serait un mandat compa­rable à celui donné à la force Ar­témis ».

Artémis, dirigée par l’Union européenne, avait sécurisé de juin à septembre 2003 la ville de Bunia, chef-lieu du district de l’Ituri dans la Province Orientale (est), et son aéroport.

Cette force, qui avait le droit d’ouvrir le feu en cas de besoin, était intervenue pour mettre fin aux combats sanglants entre milices, qui se déroulaient sous le regard impuissant de quelque 700 Cas­ques bleus.

Le 20 novembre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a dé­cidé l’envoi de 3.000 Casques bleus supplémentaires en RDC, pour renforcer les quelque 17.000 soldats de la Monuc, en raison du conflit dans la province du Nord ­Kivu (est) entre la rébellion de Lau­rent Nkunda et l’armée congo­laise. Cette semaine, Kinshasa a réfusé que l’Inde participe au ren­fort des troupes onusiennes, les accusant d’exactions.

La nature de ces « exac­tions » n’a pas été précisée, mais des Casques bleus, dont des In­diens, sont soupçonnés par l’ONU d’abus sexuels.

Plusieurs sources diploma­tiques estiment aussi que Kins­hasa soupçonne les troupes in­diennes « de collusion » avec M. Nkunda.

Les indiens représentent près de 90% des troupes onusien­nes actuellement déployées dans le Nord-Kivu, où les combats ont repris depuis trois mois et provoqué le déplacement de plus de 250.000 personnes.

(DN/Ern./GW/Yes)

Uhuru

Last edited: 02/12/2008 15:32:04

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