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Bonjour | 22/03/2010 0:06 | English Make DC Home page | RSS feed

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La République démocratique du Congo est en rupture d’énergie. Et pourtant, elle possède l’un des plus grands barrages hydroélectriques du monde : Inga. Raison pour laquelle le Sénat a interpepellé dernièrement la haute direction de la SNEL pour s’expliquer sur cette situation qui perturbe la quiétude des ménages, décourage les investisseurs et freine le développement des industries locales. Et pourtant, il existe un projet de réhabilitation d’Inga depuis 2002. Mais voilà que pour un gap de 170 millions de dollars, ce projet risque de se transformer en une illusion. Manque de volonté politique de la part du gouvernement congolais. Absence de vision macroéconomique.

Que des programmes et projets pour la réhabilitation de la Centrale d’Inga. La Banque mondiale, qui avait, la première, manifesté l’in­tention de s’y frotter au travers le Programme multisectoriel d’ur­gence de réhabilitation et de re­construction (PMURR), s’estime presque dépassée par l’ampleur des travaux.

En effet, il faut aujourd’hui, selon le cabinet Fichner, 417 millions Usd pour réhabiliter les 10 groupes d’Inga I et II. Mais, dans la gibecière, à peine 250 millions Usd seraient disponi­bles, dont 230 millions pour le compte de la Banque mondiale. Toutefois, cette banque ne serait pas prête à faire plus. Il y a donc un gap à couvrir, soit près de 170 millions Usd. Du côté congolais, silence total dans le camp gouvernemen­tal. Poussant ainsi la Banque mon­diale à se tourner du côté des privés, notamment les entreprises minières du Katanga.

417 millions Usd pour Inga I et II

En fait, de toutes les promesses faites depuis le lancement en 2002 du Programme multisectoriel d’urgence de réha­bilitation et de reconstruction (PMURR), financé à hauteur de 454 millions Usd par la Banque mondiale, aucune d’elles n’a franchi le seuil du virtuel. On a tergi­versé, tâtonné sans concrétisation. Aujourd’hui, la centrale hydroélec­trique d’Inga a besoin d’une cure de jouvence en vue de mieux rem­plir son rôle économique doublé du social, non seulement pour la RDC, mais aussi pour d’autres sous-ré­gions d’Afrique. Cependant, il faut préalablement débloquer d’impor­tantes sommes d’argent pour y arriver. D’où ce projet de réhabili­tation d’Inga.

Selon une récente étude menée par le cabinet d’ingénierie Fichner pour le compte de la Banque mondiale, il faut aujourd’hui 417  millions de dollars américains afin de remettre en état 10 groupes d’Inga I et II. Dans l’enveloppe prévue à cet effet, le projet ne dis­pose que de 250 millions Usd, dont 230 millions débloqués par la Ban­que mondiale. Il y a donc un gap à couvrir de l’ordre de 170 millions de dollars US. Mais, où trouver le surcoût lorsqu’à Kinshasa, rien ne semble bouger dans ce sens?

En séjour à Kinshasa de­puis quelques jours, Michel E. Layec, économiste en chef de la Banque mondiale pour les ques­tions d’énergie en Afrique, s’est posé quasiment la même question lors d’une rencontre, hier lundi, avec un groupe de journalistes. L’expert de la Banque mondiale a reconnu l’urgence d’entreprendre non pas seulement pour la RDC, mais aussi pour d’autres pays branchés sur le projet, de remise à niveau des installations hydroélec­triques d’Inga. Mais, au préalable, réunir les moyens financiers né­cessaires qui ont presque doublé depuis l’adoption du projet, il y a de cela cinq ans.

La stratégie pour la Ban­que mondiale est de mobiliser, en associant éventuellement des par­tenaires privés, sur base des clau­ses « justes et transparentes », dans le projet de réhabilitation d’Inga. Mais, sur la participation de la RDC à ce projet, rien n’a été évoqué dans ce sens. D’où, des interrogations sur ce qui adviendrait au gouvernement s’il se met à l’écart d’un projet qu’il devait lo­giquement s’approprier pour une cause nationale.

Il y a aujourd’hui près de 170 millions Usd à mobiliser afin de bonder, entre 8 et 10 ans, les travaux nécessaires à la réhabili­tation de 14 groupes d’Inga I et II. Paradoxe, là où le gouvernement devrait se montrer plus actif, d’autres partenaires extérieurs se mobilisent en lieu et place du gou­vernement congolais. Tout se passe comme si le dossier Inga ne l’intéressait guère. Alors que c’est un patrimoine national qui est en jeu. Patrimoine au centre de nom­breuses tractations à l’échelle mondiale depuis plusieurs années.

En jetant un coup d’oeil sur les prévisions budgétaires 2009, dans le cadre de 5 chantiers, le gouvernement n’a prévu que 27,5 milliards de Fc pour le chantier Eau et Electricité, soit 4,5 millions de dollars. Et pourtant, il s’agit d’un secteur prioritaire et de surcroît générateur de recettes. Raison pour laquelle, le Sénat a interpellé dernièrement la haute direction de la SNEL pour de plus amples ex­plications sur la gestion de cette entreprise. Après audition, la dé­ception est totale. La crainte de voir le projet de réhabilitation d’Inga se traduire en une illusion est grande. Faute de volonté poli­tique et de vision macroéconomi­que.

Certes, la Banque mondiale manifeste l’intention d’associer d’autres partenaires, fussent-ils privés, au projet de réhabilitation d’Inga. Il y a vraisemblablement là une brèche où la RDC peut s’engouffrer en vue de concréti­ser ce vaste projet d’Inga I et II. Mais la question est celle de sa­voir si Kinshasa a saisi réellement cette opportunité pour prendre part à ce challenge.

Apparemment, la réponse est négative. Puisque l’on parle de la réhabilitation d’Inga dans cer­taines rencontres internationales sans que la RDC y soit associée. Serait-ce dû à ce manque de vo­lonté d’apporter un centime de dollar dans le projet pour la politi­que de la main tendue et une mau­vaise gestion de ce que l’on reçoit? La volte-face de la Banque mon­diale confirmerait en grande par­tie cette hypothèse.

Pour preuve, convaincue de cette incapacité du gouvernement à mobiliser des fonds nécessaires à la mise en oeuvre du projet de réhabilitation d’Inga I et II, c’est, dans un premier temps, vers des entreprises minières, membres de la Fédération des entreprises du Congo (Fec), que la Banque mon­diale s’est tournée. Au cours d’une rencontre le 13 novembre 2008 à sa repré­sentation de Kinshasa, en pré­sence, outre de sa directrice des opérations pour la RDC et le Congo/Brazzaville, mais aussi de ses experts en énergie dépêchés par Washington, la Banque mon­diale a clairement exposé, devant le gouvernement congolais, avec à ses côtés la FEC, sa vision pour la concrétisation du projet de ré­habilitation d’Inga I et II. L’objectif de la rencontre, avait rapporté la FEC, était « d’en­visager les voies et moyens d’améliorer le secteur de la pro­duction et du transport de l’énergie, en particulier en ce qui concerne le programme de dé­veloppement retenu pour Inga ».

La Banque Mondiale se rétracte

Faisant le compte rendu de la réunion, un document interne de la Fec indique : « la Banque a réestimé les financements néces­saires pour la réalisation de son programme et arrive à la con­clusion que depuis les premiè­res évaluations, le coût des tra­vaux a pratiquement doublé ». « Il s’avère donc nécessaire, poursuit le document, pour la Ban­que mondiale de trouver des fi­nancements privés pour couvrir le gap et notamment de s’assu­rer si le secteur minier ne serait pas intéressé de participer à ces développements ». C’est tout dire.

La position, unanimement adoptée à cette rencontre, ne pré­cise nullement la place du gouver­nement dans ce nouveau montage financier. Toutefois, il n’est pas encore trop tard pour la RDC de se ressaisir en mettant tout en oeuvre pour retrouver sa place dans le projet de réhabilitation d’Inga. Ceci est d’autant plus évi­dent qu’il y a urgence de le faire maintenant avant de crier au bradage du patrimoine national quand tout aura été consommé.

La réhabilitation d’Inga pré­sente un déficit de financement de presque 170 millions Usd. Pour raison d’inaptitude du gouverne­ment, la Banque mondiale, qui pi­lote le projet, a préféré se tourner vers les « minings », sans doute jugés plus crédibles et liquides que l’Etat congolais. Mais le drame est que si Inga devait se refaire grâce au financement essentiellement extérieur et privé, la RDC n’aura tiré aucun dividende.

(SL/Th/GW/Yes)

Le Potentiel

Last edited: 02/12/2008 15:43:46

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