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Le gouvernement central et ceux des provinces ne sont pas au même diapason quant à la gestion des fonds des recettes publiques rétrocédées sur lesquelles les gouverneurs misent pour développer leurs entités tandis que l’autorité centrale les énerve pour le droit de regard qu’il recommande sur l’utilisation desdits fonds Sur convocation du pre­mier ministre, les gou­verneurs de provinces se sont réunis à Kinshasa pendant cinq jours (17-21 no­vembre) pour des « concertations techniques » en vue d’arrêter une stratégie commune sur le pro­cessus de décentralisation et la rétrocession des recettes publi­ques. Adolphe Muzito, dit-on, ne s’est pas caché, au cours de la séance de travail avec les gouver­neurs de provinces, qu’il n’est pas d’accord avec la manière dont les provinces abordent ce problème de décentralisation et gèrent les recettes publiques rétrocédées. Il a annoncé aux­ gouverneurs que des missions d’enquête de l’Inspection géné­rale des Finances seraient dé­pêchées dans les tout prochains jours en provinces.

Depuis la mise en place du gouvernement Gizenga issu du processus électoral, la dé­centralisation donne à débat en Rd.Congo. La conférence qui a réuni à Kinshasa du 17 au 21 novembre les gouverneurs de pro­vinces avait un air de déjà vu.

En septem­bre 2007, une rencontre semblable s’était également tenue dans la Capitale convo­quée par l’ancien ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Denis Kalume Numbi, pour préparer le budget des provinces après l’élection des gouverneurs de provinces par les Assemblées provinciales. Cela avait sans doute contribué à convaincre les gouverneurs sur l’épineuse question de la réctrocession de 40% de recettes nationale allouées aux provinces en vue de leur gestion et développement. Depuis la mise en place du gouvernement Gizenga issu du proces­sus électoral, la décentralisation donne à débat en Rd.Congo.

Dans la perspective de l’adoption de la loi sur la décentrali­sation territoriale, le chef de l’Etat était le premier à prendre l’initiative d’en débattre avec les gouverneurs de provinces. Joseph Kabila avait alors convoqué la Conférence des gouverneurs en août 2007. Mais elle fut annulée sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Néanmoins, officiellement, le but de la réunion était de plancher sur la décentralisation, sans doute « pour rétablir la cohésion et apaiser les antagonismes nés entre les pouvoirs exécutif et Législatif », après l’affaire de la motion de défiance du gouverneur du Kasaï occidental, Trésor Kapuku, par l’Assemblée provinciale.

Convoqués donc à Kinshasa pour des « consultations », les gouverneurs de pro­vinces et les présidents des Assemblées provinciales avaient poursuivi les dis­cussions avec l’alors ministre du Budget, Adolphe Muzito - le même qui est devenu aujourd’hui premier ministre - sur l’épi­neuse question de la rétrocession des 40% des recettes publiques aux provinces. La crispation des provinces était révélatrice d’une chose: La précipitation avec laquelle des options politiques fondamentales de la 3ème  République ont été levées.

Débat national

C’est notamment le cas de la rétrocession des 40 % des recettes nationales aux pro­vinces. Muzito, alors ministre du Budget, avait fait de la haute voltige pour faire avaler la pilule aux gouverneurs de pro­vinces et aux présidents des Assemblées provinciales. Les provinces qui ne sont pas considérées comme des vaches laitiè­res, hésitaient à soutenir le peloton de tête (Katanga, Bas-Congo et Kinshasa) dans la revendication de l’application immédiate de la rétrocession des 40% des recettes publiques. Elles ont défendu, au contraire, que le revenu national soit solidairement rétribué.

Les discussions entamées avaient été sus­pendues, puis reprises. Assez pour qu’un constat s’impose: la question allait trouver solution dans la future loi sur la décentra­lisation territoriale. Les pouvoirs provin­ciaux se plaignaient que la rétrocession par Kinshasa des 40% des recettes n’ait ja­mais été effective depuis la Transition 1+4. C’est pourquoi, ils exigeaient que la rete­nue se fasse à la source, non plus à Kinsha­sa, comme l’exige la constitution dans son article 175. Malgré l’accalmie observée en septembre 2007, le conflit des compéten­ces entre le gouvernement central et les gouvernorats était désormais inévitable. Surtout que les sociétés civiles se montrent davantage revendicatives, notamment sur les retombées de l’exploitation des mi­nerais, du bois, des hydrocarbures dans l’arrière-pays, où les populations ont l’im­pression que des gens deviennent de plus en plus riches à Kinshasa alors que dans les zones d’exploitation des ressources les populations autochtones s’appauvrissent davantage.

« Il faut donc une véritable décrispation », déclare le politologue Jean Marie Kidinda. Au terme du « consensus national » adopté à l’issue des discussions avec les gouverneurs en 2007, élargies aux présidents des Assemblées provinciales, le gouvernement central devrait céder ces 40% des recet­tes nationales aux pouvoirs provinciaux, qui à leur tour, devraient rétrocéder aux entités territoriales. S’il réalisait en août ­septembre 2007, lorsqu’il était ministre du Budget, à quel point il n’était pas pos­sible d’appliquer à ma lettre la rétrocession des 40% des recettes publiques, Muzito, aujourd’hui premier ministre, est très sen­sible au danger que représente la non rétro­cession de ces recettes aux entités territo­riales décentralisées par les provinces. En convoquant à Kinshasa, les gouverneurs de provinces, il ne s’est pas caché, au cours de la réunion de mardi 18 novembre, qu’il n’est pas d’accord avec la manière dont les provinces abordent ce problème.

Selon des sources, le premier ministre a interpellé les gouverneurs de provinces sur l’application effective de la rétrocession des recettes publiques aux entités territo­riales décentralisées. Et il aurait formulé des instructions strictes sur le processus de décentralisation et la rétrocession des recettes publiques.

Les discussions ont tourné autour du budget 2009. Adolphe Muzito a informé les gouverneurs de l’élaboration des textes de gestion des finances locales et de la fonction publique provinciale. Il entend égal améliorer l’allocation des ressources aux provinces et entités ter­ritoriales décentralisées. Il leur a dit que c’est avec les 40% rétrocédés que les villes, les districts, les territoires, les secteurs, les communes et les entités peuvent fonc­tionner et faire fonctionner les administra­tions. Sinon, la non rétrocession devient un obstacle au développement. Muzito a également demandé aux gouverneurs de faire parvenir au gouvernement central les prévisions budgétaires des provinces en vue de leur intégration dans le budget de l’Etat exercice 2009.

Enfin, il a annoncé que des missions d’enquête de l’inspection généra­le des Finances seront dépêchées dans les tout prochains jours en provinces. Ques­tion de faire un état de lieux complet de la Situation générale dans le pays.

(DN/Ern./GW/Yes)

Nadine Kuta/Le Soft International

Last edited: 29/11/2008 15:20:23

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