Sans le soutien de la Grande-Bratagne, le Rwanda n’est juste qu’une grenouille qui veut se faire aussi gros que le boeuf. Conscients de cette lapalissade, plusieurs voix s’élèvent au sein de l’Intelligentia congolaise pour s’attaquer aux véritables auteurs de la tragédie congolaise. C’est dans ce contexte que répondant à l’appel d’un groupe d’étudiants qui ont lancé depuis Londres, l’opération « Save the Congo », plusieurs membres de la communauté congolaise ont manifesté dans la capitale anglaise le vendredi 21 novembre courant. Le point de départ était l’ambassade du Rwanda à Londres.

Une jeune congolaise de 11 ans, atterrée par les atrocités qui défilent sur les différentes chaînes internationales, a déposé une couronne de fleurs devant cette ambassade en guise de deuil. Ensuite, les manifestants se sont ébranlés en direction de la résidence du Premier ministre en vue de lui remettre une pétition signée par plus de 3 mille personnes. Pour eux, la Grande­-Bretagne doit mettre fin à son soutien aveugle apporté au Rwanda dans le conflit qui sévit à l’Est. En outre, elle doit condamner l’agression contre le Congo qui est à la base de la grave crise humanitaire observée au Nord-Kivu.

Cette attitude ferme de l’Angleterre, estiment les auteurs de la pétition, aura le mérite de tempérer les ardeurs du Khmer Noir de Kigali et permettra de mettre un terme aux viols massifs ainsi qu’aux autres violences sexuelles contre la femme et la jeune fille. Cette manière de voir la crise au Congo commence en tout à faire école. Un collectif d’organisations humanitaires et groupes religieux britanniques ont aussi écrit à Gordon Brown à propos de la crise du Kivu. Ils l’ont enjoint à protéger les civils de la Rdc et à faciliter le déploiement rapide des troupes européennes. Même les Anglais ne croient plus en l’efficacité de la Monuc.

C’est dire que les choses se bousculent vite au niveau de l’opinion internationale. Les dernières révélations de la presse britannique y sont en tout cas pour beaucoup. C’est grâce à cette dernière que l’on sait comment le Rwanda émarge, comme une rubrique interne et autonome, au budget de l’Angleterre. Pour l’exercice en cours, le pays des mille collines s’est vu octroyé 470 millions de livres sterling. Pour un minuscule lopin de terre environ cent fois plus petit que le Congo et dont l’économie ne rencontre pas de problème majeur, la somme est colossale. Elle permet à Kagame de surarmer le Rwanda Défense Army en vue de déstabiliser le Congo. Ajouter à cela le profit illicite obtenu de la vente du coltan congolais, le compte devient parfait. Quoi qu’il en soit, le moment de rendre compte commence à sonner pour Kigali et ses mentors.

Le conditionnement

A la lumière de ce qui vient d’être révélé ci-haut, il s’avère vraiment impérieux de mettre en branle un front médiatique et diplomatique de très grande envergure. L’heure est donc celle de maintenir une pression sans égale sur Londres. Toutes les bonnes volontés de la planète n’attendent que notre signal. D’ailleurs, sans nous, Barack Obama, alors Sénateur, avait fait voter une loi en faveur de la crise qui sévit en Rdc, voici plusieurs années. Redoutant de le voir aller plus loin qu’attendu, un quotidien conservateur de Londres titrait la semaine dernière: « What means the DRC for Obama » ? Que représente la Rdc pour Obama? A lui seul, le titre nous renseigne sur l’inquiétude qui prend d’assaut les faucons de la politique britannique. C’est donc le moment d’agir vite et avec précision.

A ce propos, l’histoire nous renseigne que la meilleure façon de faire fléchir un gouvernement occidental, c’est d’alerter au maximum son opinion publique. C’est grâce à cette méthode que les protestants ont réussi à conditionner l’opinion publique belge en faveur de l’autodétermination des Congolais en 1960. Si cette


opinion n’avait pas appris les atrocités commises dans la colonie, en son nom, par ses dirigeants, les choses n’auraient pas aussi vite bougé.

Le même scénario s’est répété, mais à l’envers, en 1978 lors de la guerre de Kolwezi. L’opinion publique française, qui ne pouvait accepter un engagement militaire en Afrique, a été prise à revers au terme d’une machination diabolique. Des civils français ont été massacrés en série à Kolwezi, puis les images ont fait le tour du monde. C’était suffisant pour que la légion, vole à la rescousse d’un « Mobutu déjà mis K.O.; »

En avance sur les événements, par son analyse pointilleuse de la situation politique aussi bien locale que planétaire, votre quotidien prévenait l’opinion congolaise dans le point  mercredi 26 novembre 2008, sous le titre « La diplomatie congolaise », comme suit: « aujourd’hui des voix s’élèvent de partout à travers la planète pour dénoncer l’empire militaro-industriel qui travaille avec acharnement à vamporiser la Rdc.

Même la plus sceptique presse anglo­saxonne, à travers ses plus grands médias... commence à ouvrir ses yeux... Tout le monde embouche la trompette, sauf nous-­mêmes ».

Un peu plus loin, on enfonçait le clou : « la médiation à fond d’une tragédie reste le seul gage permettant de se prémunir contre celle-ci à travers le temps. Sans elle, la shoah ou l’holocauste juif aurait fini dans un cul-de-sac ». Et pour conclure, on lançait cette magistrale interpellation : « La diplomatie, ce n’est donc pas d’être simplement représenté numériquement dans le monde. C’est plus et surtout de faire entendre sa voix partout où l’occasion s’en trouve offerte ».

(DN/Th/GW/Yes)

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