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Bonjour | 14/03/2010 15:49 | English Make DC Home page | RSS feed

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La Belgique a été sollicité pour participer au renforcement de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc). Mais le gouvernement belge, par l’entremise de son ministre des Affaires étrangères, est réticent à l’idée d’envoyer des Casques bleus dans l’Est de la RDC. La Belgique aurait préféré l’envoi d’une force européenne a souligné M. Karel De Gucht. En marge d’une visite au siège des Nations Unies, à New  York, le ministre belge des Affai­res étrangères a, en outre, souli­gné que la Belgique a été sollici­tée par l’ONU pour contribuer au renforcement des hommes de la Monuc. Karel De Gucht a précisé qu’il était « réticent » à engager des troupes belges comme Casques bleus au sein de la Monuc. Cela, en raison notamment de la struc­ture de cette force onusienne et de ses règles d’engagement (les circonstances dans lesquelles les militaires peuvent faire usage de la force). Pour De Gutht, il avait été par­tisan de l’envoi- un moment préco­nisé par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner d’une force européenne au Nord-Kivu. Il a regretté que cette idée soit désormais quasi-aban­donnée. « Deux à trois mille hom­mes bien équipés pourraient réus­sir à contenir les affrontements », a souligné M. De Gucht.

Dans l’entre-temps, le gouver­nement Leterme songe à fournir une contribution à la Monuc en matière de transport aérien, de ren­seignement et d’aide à la réforme du secteur de sécurité congolais sans engager de troupes, a ajouté le ministre.

De son côté, le minis­tre belge de la Défense, Pieter De Crem, a annoncé l’envoi d’une « commission technique » militaire belge auprès de l’ONU pour exa­miner quels sont ses besoins.

Par ailleurs, Karel De Gucht s’est implicitement déclaré « favo­rable » à la révision de la recom­mandation de la commission d’en­quête sénatoriale sur le Rwanda. Celle-ci interdit l’envoi de troupes de combat pour des opérations de l’ONU, dans les anciennes colo­nies et adoptée après la mort de dix Casques bleus belges à Ki­gali en avril 1994. « Ces décisions doivent pouvoir évoluer. Elles da­tent d’une dizaine d’années, mais certaines restent valables », a dit le chef de la diplomatie cité par l’agence Belga.

Rappelons que le Nord-Kivu est le théâtre de combats depuis plus de deux mois entre l’armée gou­vernementale, les FARDC et la rébellion du général Laurent Nkunda, le Conseil national pour la Défense du peuple (CNDP). Pour faire face au drame humani­taire, l’ONU a souhaité l’envoi de 3.000 hommes de troupes supplémentaires pour appuyer les 17.000 autres qui sont déjà sur terrain.

Quand Kinshasa récuse l’Inde...

La prise de position de Karel De Gucht intervient pendant que le gouvernement congolais, par la bouche du porte-parole du gouver­nement, Lambert Mende Omalanga, refuse la présence de troupes indiennes dans le cadre du renforcement de la Mission des Nations unies (Monuc). Selon une source digne de foi qui cite Lambert Mende, le gou­vernement congolais a transmis, le week-end à la Monuc, une let­tre adressée au secrétaire géné­ral des Nations unies, Ban Ki­moon dans laquelle nous récu­sons les troupes indiennes », a déclaré à l’AFP Lambert Mende. Le ministre de la Communication et des Médias a précisé qu’il faisait référence au renforcement de la Monuc décidé la semaine dernière par le Conseil de sécurité des Nations unies.

« Le gouvernement congolais, comme tout autre gouvernement dans le monde, a parfaitement le droit de récuser pour des raisons de souveraineté et d’Etat, le dé­ploiement sur son territoire de trou­pes d’un pays. Ainsi pour connaî­tre les raisons de ce refus, nous n’avons pas d’explications à four­nir à qui que ce soit, a tranché le porte-parole du gouvernement.

Signalons qu’avec environ 4.400 militaires en RDC, l’Inde est le principal contributeur de la Monuc et elle s’est portée volon­taire à hauteur d’environ 1.200 hommes pour renforcer cette mis­sion de paix. Pendant qu’on as­siste à ce ballet, la rébellion de Laurent Nkunda vient, une fois encore, de violer le fragile cessez-­le-feu en vigueur dans l’est du pays, à en croire la Monuc.

 « Sous couvert d’opérations de police et de pacification, la rébellion a lancé de nouvelles opéra­tions militaires sur l’axe Kiwanja­, Ishasa, aggravant la situation hu­manitaire et sécuritaire au Nord­-Kivu, accuse ce communiqué de la Monuc. Ces combats qui oppo­sent les FARDC aux combattants du CNDP se déroulent autour de Kinyandoni et Nkwenda, à l’est de Kiwanja, à 80 km au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, selon la Monuc.

Mardi 25 novembre, la rébellion avait indiqué être en train de me­ner depuis trois jours des « opéra­tions de sécurisation » dans ce secteur contre des miliciens Maï-­Maï et FDLR (rebelles hutus rwan­dais). Ces combats ont semé la panique au sein des populations civiles qui sont jetées encore une fois sur les routes à la recherche de la sécurité, fuyant vers Nyamilima ou à la frontière ougandaise, précise la Monuc. « La force onusienne condamne sans réserve ces actions initiées par le CNDP. Il s’agit d’une violation du cessez-le-feu. La Monuc demande instamment à la rébellion de se conformer, sans condition, au cessez-le-feu et ne plus aggraver davantage le niveau de souffrance des populations », sou­ligne le communiqué de la Monuc.

La force de l’ONU dénonce également des actes de pillages perpétrés cette semaine par des éléments de l’armée régulière dans le territoire de Lubero (120 km au nord de Goma). Le village de Bulotwa a été ainsi le théâtre de pillages orchestrés par des mem­bres de certaines unités des FARDC, indique le communiqué de la Monuc qui « condamne aussi ces actes ». Le communiqué poursuit que la mission de paix attend des auto­rités militaires compétentes qu’el­les fassent subir les rigueurs de la loi à tous les coupables de ces actes conformément aux promes­ses faites par le gouvernement, à respecter strictement le cessez­-le-feu en revenant sur leurs posi­tions du 29 octobre et à respecter également les zones de sépara­tion.

Selon la Monuc, aucun ces­sez-le-feu n’a encore été conclu entre l’Armée et les rebelles de­puis la reprise des hostilités fin août. Le 29 octobre, le CNDP avait décrété un cessez-le-feu unilaté­ral, mais les affrontements se poursuivent à intervalles réguliers, les deux camps se rejetant la res­ponsabilité de ces violences. Une fragile accalmie est cependant observée depuis six jours.

Le 16 novembre, lors de la ren­contre entre l’émissaire de l’ONU Olusegun Obasanjo et le chef re­belle Laurent Nkunda, le CNDP avait retiré ses troupes de près de 40 km sur un front au nord de la province. C’est pourquoi, les Cas­ques bleus de la Monuc continuent à patrouiller dans les zones de sé­paration, mais le maintien de ces zones demandera la bonne foi et la coopération de tous.

Guerre au Nord-Kivu : 16 personnalités mondiales demandent l'envoi rapide de troupes de l'UE
 
 D'influents anciens responsables politiques et religieux du monde entier ont envoyé jeudi une lettre ouverte aux dirigeants européens réclamant l'envoi par l'Union européenne (UE) d'une force intérimaire en République démocratique du Congo (RDC), pour y protéger les civils.

Les 16 signataires, dont l'ancien archevêque du Cap Desmond Tutu ou l'ancien président tchèque Vaclav Havel, constatent que les combats dans l'est de la RDC ont provoqué une "vraie catastrophe humanitaire".

Ils appellent donc les chefs d'Etat et de gouvernement européens à faire preuve de "leadership politique personnel" en envoyant une force d'interposition, absolument nécessaire selon eux pour éviter une répétition du génocide d'avril 1994 au Rwanda.

Parmi ces signataires figurent deux prix Nobel de la paix, Desmond Tutu et l'ancien président sud-africain Frederik de Klerk, ainsi que Romeo Dallaire, le général canadien qui dirigeait la mission des Nations unies au Rwanda en 1994, ou encore l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson et Vaclav Havel.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé, le 20 novembre, d'envoyer 3.000 Casques bleus pour renforcer la mission des Nations unies en RDC (Monuc), mais "cela prendra vraisemblablement entre trois et six mois pour les déployer", notent-ils. Or, "le peuple congolais ne peut pas attendre".

L'envoyé spécial de l'ONU en RDC a demandé le déploiement d'urgence d'une force intérimaire pour protéger les civils avant l'arrivée des Casques bleus, remarquent-ils. "Il est de plus en plus clair que l'UE est la mieux placée (...) pour jouer ce rôle et se déployer maintenant", écrivent-ils.

"Nous vous exhortons à accepter très rapidement le déploiement d'une force de l'UE", poursuivent-ils. "De notre point de vue, cela aiderait à protéger les vies de centaines de milliers de civils actuellement en danger. Cela nécessite votre leadership politique personnel pour faire en sorte que ça se produise et nous assurer que plus jamais signifie réellement plus jamais."

Depuis fin août, de violents combats ont repris dans le Nord-Kivu, à l'est de la RDC, entre d'une part la rébellion de Laurent Nkunda et d'autre part l'armée congolaise et des groupes armés alliés. Ils ont provoqué le déplacement, selon le Président Joseph Kabila, de plus de 2.000.000  de personnes.

(SL/Th/GW/Yes)

L’Observateur/AFP/MMC

Last edited: 27/11/2008 15:23:46

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