Radio Okapi vient de perdre un deuxième journaliste en l’espace d’une année. Après l’assassinat de Serge Maheshe en 2007, c’est le tour de Didace Namujimbo, abattu à Bukavu dans la nuit du vendredi 21 novembre 2008.

Didace Namujimbo Munyigari, journaliste de Radio Okapi, a été lâchement abattu par des hommes armés non autrement identifiés.

L’assassinat de ce professionnel des médias est intervenu au moment où, il rentrait à son domicile, situé au quartier Ndendere à Bukavu, renseigne radiookapi.net.

Comme il fallait s’y attendre, cette deuxième perte en vies humaines enregistrée par la radio onusienne en l’espace d’une année après l’assassinat en juin 2007 de Serge Maheshe devrait susciter de réactions. La première est celle du président de l’Assemblée nationale. A Paris où il séjourne depuis quelques jours, Vital Kamerhe, a exprimé sa consternation et son indignation devant cet acte ignoble. A ce sujet, il a invité la justice congolaise à fournir un grand effort pour ne pas laisser impuni l’assassinat de Didace Namujimbo. Avant de déclarer : « Nous devons considérer que le sang de notre frère va tout simplement nous aider pour voir comment accélérer ce processus de paix ».

Tout en déplorant la disparition brutale de notre confrère Didace Namujimbo, le ministre en charge de la Défense nationale, Charles Mwando Nsimba, a indiqué que cet assassinat prouve à suffisance que « certaines personnes veulent faire taire la vérité ». A l’instar du président de la Chambre basse du Parlement, le ministre de la Défense nationale demande à la justice de retrouver les vrais coupables du crime et de les sanctionner sévèrement.

De son côté, le gouverneur de la province du Sud-Kivu n’est pas resté indifférent. Bien au contraire, Louis-Léonce Chirimwami Muderhwa, a profité de sa visite de travail à Kinshasa pour se rendre dans les installations de la Radio Okapi. Objectif : présenter ses sincères condoléances à la famille communicationnelle de ce média onusien. Une visite qui lui a permis également d’apposer sa signature dans le registre des condoléances.

La population invitée au calme
 
A la question de livrer sa première réaction en sa qualité de gouverneur du Sud-Kivu, Louis-Léonce Muderhwa a déclaré : « J’ai une réaction de révolte, de colère et de déception totale compte tenu de la brutalité avec laquelle, Didace Namujimbo a été assassiné ». En dépit de cela, l’autorité provinciale a promis de suivre de très près la procédure judiciaire déjà en cours.

La population de sa juridiction, il l’a invitée au calme, à la vigilance, et surtout à être attentive, afin d’aider les autorités provinciales à mettre un terme aux assassinats à répétition au Sud-Kivu.

Pour ce qui est de la justice, le gouverneur a souligné : « Le premier point à ce niveau, c’est l’enquête qui est déjà en cours. Je suis en contact avec mon vice-gouverneur, l’Inspecteur provincial de la Police et les autres services, y compris le chef de bureau de la Monuc à qui, j’ai présenté les condoléances. Nous sommes en train de récolter des éléments extrêmement importants. Ce qui nous fait croire que nous allons très rapidement arriver à tomber sur la piste des agresseurs ou de l’agresseur. Nous sommes au niveau de l’enquête préliminaire ». Et d’ajouter : « Le gouvernement provincial va s’impliquer directement et très étroitement dans les différentes étapes de ce procès ».

Qui était Didace Namujindo ? Né le 12 janvier 1974 à Lubumbashi (Katanga), Didace Namujimbo Munyigari est fils de Namujimbo Pierre et de Thérèse Nabintu. Il est septième d’une famille de neuf enfants. Il a fait ses études primaires au Collège Imara de Lubumbashi pour les terminer à Bukavu.

Quant aux études secondaires, il les a commencées à l’Institut Elimu pour les terminer à l’Institut Kasali de Bukavu. Fasciné par le journalisme, il quitte l’ISDR/Bukavu en 1996 et s’est fait engagé à la RTNC Bukavu, où il a presté jusqu’en 2006. Il a été recruté, le 6 février 2006 à la Radio Okapi comme journaliste reporter. Il laisse une veuve et trois orphelins. Que son âme repose en paix et que la terre de nos ancêtres lui soit douce et légère.

Quatre morts et deux blessés

Comme si la guerre qui sévit dans la partie orientale de la RDC ne suffisait pas, l’Est et prin­cipalement la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu vient d’être frappée d’une catas­trophe « naturelle ». Le glissement de terre boueuse a causé,  di­manche à la Place de l’indépen­dance, la mort de quatre person­nes en pleine prière dont deux hommes et deux femmes. Cet ac­cident a également fait deux bles­sés engloutis jusqu’au niveau des épaules par la boue, mais sauvés in extremis. Ces deux blessés sont soignés à l’hôpital général de Bu­kavu qui se trouve à quelques en­cablures du lieu ou l’accident s’est produit.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Il se tenait à cet endroit là une séance de prière pour le retour de la paix à l’Est du pays organisée par une église dite de réveil. C’est en ce moment précis où des hommes et femmes imploraient la miséricorde de Dieu Tout Puissant que la mort a frappé par surprise.

Contacté et joint au téléphone par la Référence Plus, le Vice­gouverneur de la province du Sud­-Kivu, M. Jean-Claude Kibala a in­diqué que cette catastrophe est due à une négligence. En effet, pour ceux qui ne connaissent pas Bukavu, la ville est construite sur un terrain montagneux. A la Place de l’indépendance est érigée une tribune qui sert pour des meetings populaires. A quelques mètres au-dessus, un monsieur a remblayé le terrain pour gagner quelques mè­tres supplémentaires en vue d’y construire sa maison. Ce dernier a pris soin de construire un mur de soutènement. Malheureusement pendant les travaux, le tuyau de la Régideso a été troué. La Régie de distribution d’eau n’a pas été infor­mée pour venir colmater, ce trou. L’eau s’est mise à s’échapper inondant ainsi le sol. Ne pouvant plus supporter le poids, le mur de sou­tènement a cédé, provoquant ainsi le glissement de plusieurs tonnes de boue qui ont déferlé la colline jusqu’à faire écrouler le mur de la tribune. Quatre personnes  ont été ensevelies complètement.

Aussitôt informées, les autorités provinciales ont tenu un conseil de sécurité restreint auquel le maire de la ville de Bukavu était associé. De cette réunion, certaines déci­sions urgentes ont été prises, a fait savoir le vice gouverneur Jean-Claude Kibala. Ce sont notam­ment, la prise en charge de l’inhu­mation des personnes décédées en attendant que des avocats puissent négocier avec leurs fa­milles respectives les modalités d’indemnisation après établisse­ment de responsabilités, la prise en charge des soins de deux bles­sés, la sécurisation du site,...

Le numéro deux de la province du Sud-Kivu a à jouté que d’autres mesures seront prises pour éviter désormais les construction  anar­chiques et sans normes urbanistiques .

(SL/Milor/GW/Yes)

Le Potentiel/La Références Plus