Selon des informations recueillies auprès des sources ecclésiastiques et qui se recoupent avec les témoignages rapportés par des voyageurs en provenance de Kasongo-Lunda dans le Kwango, province de Bandundu, l’ISTM/Kasongo-Lunda se meurt de sa belle mort comme un bien sans maître. Rien ne va dans cet institut supérieur des techniques médicales sur lesquels, pourtant, la population de cette contrée avait fondé un espoir légitime.

Nos sources rapportent, en effet, que cette institution est la seule en Rdc qui n’a pas un comité de gestion à sa tête. Le directeur général est seul maître à bord et dirige les affaires de l’institut comme bon lui semble au mépris des instructions académiques. Cette manière de conduire l’institut n’étonnent pas certains observateurs qui rappellent au sujet de sa nomination qu’il est un « parachuté », c’est-à-dire une personne qui est venue du dehors du circuit normal de promotion des cadres dirigeants des établissements d’enseignement supérieur.

Il est indiqué, par ailleurs, que le secrétaire académique nommé par le ministère de tutelle n’a jamais fait le déplacement pour rejoindre son poste d’attache. Ce dernier a choisi d’œuvrer dans la sous-cellule de Secope à Bandundu III dans la ville de Kenge où il tient un célèbre débit de boissons. Cette situation comme on peut le constater arrange le directeur général qui n’a jamais signalé le fait pour des raisons faciles à deviner. Ainsi, il peut à sa guise percevoir le salaire de l’Académique et l’utilisé pour ses propres besoins sans que quelque l’on demande de comptes.
Le secrétaire administratif connaissant les frasques du Dg en matière de gestion a préféré s’effacer. Conséquence : le Dg fait ce qu’il veut et quand il veut.

Il s’est même permis de se rendre à Kenge et de percevoir l’argent destiné à la bourse des étudiants finalistes qu’il a par la suite détourné. L’anarchie au sein de l’institut a atteint son comble au point que les diplômes sanctionnant la fin de cycle sont distribués comme des petits pains selon le bon vouloir du Dg sans une cérémonie de collation des titres académiques. Certains étudiants qui n’ont jamais mis leurs pieds à Kasongo-Lunda et qui habitent Kenge se retrouvent avec des diplômes de l’ISTM/Kasongo-Lunda qu’ils achètent moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.

Des députés originaires du Kwango ont fait des rapports sur cette situation et relevé le fait que l’institut n’ait pas des bâtiments. Les cours se dispensent parfois dans les locaux de magasins et autres maisons de négoce. Mais cela semble laisser l’autorité de tutelle dans l’indifférence totale. Ce qui, selon certains observateurs, accrédite les informations selon lesquelles le Dg profite de ses descentes à Kinshasa pour acheter la conscience de ceux qui pourraient briser sa carrière.

Qui sauvera l’ISTM/Kasongo-Lunda ? Telle est la question que posent bon nombre d’observateurs. Il est temps, estime-t-on, qu’une enquête ou même une inspection soit diligentée dans cet institut pour mettre de l’ordre dans la boutique. A suivre.

(GM/TN/Yes)

T.N./MMC