La nouvelle de l’arrestation du chef du protocole de Paul Kagame, Rose Kabuye a focalisé l’atten­tion non seulement du monde, mais de l’Afrique toute entière. Pourquoi cet intérêt pour un simple (?) chef de protocole de la présidence rwandaise ? La raison est aussi sim­ple que complexe. Le Rwanda a créé cet intérêt en réagissant contre la France. Dans une ré­ponse de berger à la bergère, le Rwanda avait également orga­nisé une enquête et ac­cusé des personnalités françaises d’implica­tion au génocide rwan­dais. Quand l’Allemagne a mis en application le mandat français en arrêtant la chef du protocole de Kagame, on s’attendait à ce qu’il y fait la réaction de Kigali. C’est cette attente qui a suscité l’intérêt. Jusqu’où Kagame pourrait-il aller ? Comme on devrait s’y attendre, Kigali a promis de lancer égale­ment des mandats d’ar­rêt contre les person­nalités françaises.

Cela a fait rigoler dans la mesure où on ne voit pas quel pays appli­querait le mandat d’arrêt lancé par la justice rwan­daise contre une des per­sonnalités françaises ac­cusées.

Pour Kagame, ce qui comptait, c’est la réaction. Apparemment, le monde accorde plus d’attention à un tel ré­gime, un peu théâtral, mais qui exprime un be­soin réel de souveraineté. Ne dit-on pas « qu’on res­pecte plus ceux qui nous menacent que ceux qui nous respectent ».

Si une des person­nalités françaises accu­sée se trouvait par hasard à Kigali, la justice rwan­daise franchirait-elle le rubicond ? Pour un régime qui oeuvre en hors la loi et qui est encouragé par certaines puissances, on ne peut pas douter qu’il cherche à s’attirer les effets des projeteurs.

La France et l’Allemagne, malgré elles

On constate que l’Alle­magne a arrêté Rose Kabuye malgré elle. Si ce geste dépen­dait des gouvernants, on est sûr et certains que Rose Kabuye ne serait pas arrêtée. La preuve c’est qu’au niveau du gouverne­ment, on avait averti Kigali afin que Rose Kabuye n’effectue pas le déplacement sur le sol allemand. Si cette dame a été arrêtée quand même, on doit cela au sérieux de la justice al­lemande certes, mais surtout à la séparation des pouvoirs.

On n’a pas besoin d’être devin pour imaginer que la France citée aussi, n’avait pas souhaité que cette arrestation inter­vienne et surtout en ce mo­ment. Pour Paris, Rose Kabuye est un colis encombrant. C’est parce que le vin était tiré, la France a décidé de le boire. Là aussi, la sépara­tion des pouvoirs a joué. Car, si le jeu avait été joué sur le terrain politique, Rose Kabuye n’aurait pas été arrêtée.

On sait que Sarkozy tient énormément aux relations avec le Rwanda à tel point qu’il est capable de se rabaisser jusqu’au niveau où il n’est pas permis pour plaire plus aux parrains du Rwanda qu’aux Rwandais. Aussitôt ar­rêtée, la chef de protocole de Paul Kagame a été mise en li­berté. Il est vrai qu’elle reste sous surveillance judiciaire avec interdiction de quitter la France, mais, c’est mieux que le sort réservé à l’ancien vice-président et sénateur en fonction de la Rdc. La question que plus d’un se posent, c’est de savoir en quoi réside cette dif­férence de traitement.

(SL/Milor/GW/Yes)

L’Avenir