La République démocratique du Congo vient de payer « cash « le traitement de faveur réservé, peu avant la fin de la transition, aux troupes du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) basées au Nord-Kivu, en leur appliquant la formule du « mixage », en lieu et place du « brassage » décidé dans le cadre de la refondation de l’armée nationale.

Depuis presqu’un mois, un nouvel « Etat » est en gestation dans la partie Est du pays, avec comme architectes des compatriotes en uniforme, à qui il avait été permis de se constituer en armée autonome, avec leur commandement, leur puissance de feu, leurs mentalités de « minorité à protéger » et leurs affinités ethnicolinguistiques.
Le mixage aura été un poison pour le Système national de défense. Maintenant, les FARDC reflètent l’image d’un « corps » désarticulé, avec une chaîne de commandement à plusieurs têtes et des éléments disparates au Nord-Kivu. La confiance s’est éloignée d’une zone opérationnelle où les troupes loyalistes n’hésitent plus, à délier leurs langues devant les médias périphériques pour crier leur ras-le-bol, face aux cas de trahison de leur hiérarchie rapprochée ou d’autres frères d’armes, au manque d’argent de nourriture, d’armes et munitions.
Qui détournent la solde et la ration alimentaire des soldats loyalistes au front ? Qui donnent des contre-ordres de repli lors des conquêtes des positions précédemment tenues par l’ennemi? Qui vendent les plans de bataille? Qui créent la fracture entre soldats des FARDC et résistants Maï-Maï ? Où est passée la discipline militaire pour qu’aujourd’hui l’image de pillards colle terriblement nos militaires à la peau?
Ces interrogations ne peuvent trouver des réponses claires que si l’Assemblée Nationale s’engage à élargir la brèche des déballages qu’elle a ouverte la semaine dernière. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo sont tombées si bas qu’il y a nécessité urgente de leur appliquer une chirurgie au laser pour les sauver d’une mort qui commence à leur faire des pieds de nez au Nord-Kivu.
Relancer le « brassage »
Nombre de compatriotes pensent que le mal principal de notre armée ne se situe pas au sommet de la pyramide. Si le « changement » continue de se focaliser sur l’état-major général, sans que ne soit remise immédiatement en cause la malheureuse expérience du « mixage », il y a lieu de craindre que les valeureux officiers supérieurs appelés à son chevet ne finissent par passer pour des incapables.
Aussi, d’aucuns recommandent la relance rapide du « brassage », non seulement au Nord-Kivu, mais aussi au Sud-Kivu, au Maniema et en Province Orientale, où est signalée la présence de plusieurs brigades et bataillons répondant encore à la configuration leur conférée à l’époque de l’administration du RCD. Un peu partout à l’Est du pays, l’absence du « brassage » a permis à un nombre incalculable d’officiers et soldats de l’ex-armée du RCD de continuer d’agir comme si le pays n’était pas encore entré dans la 3ème République, avec Kinshasa comme centre d’impulsion des décisions politiques, administratives et militaires.
Ces compatriotes en armes qui croient devoir poursuivre leur carrière militaire à vie dans les villes, districts, territoires et secteurs où ils faisaient la pluie et le beau temps à l’époque de la « rébellion » ou de la « Transition » devraient en être absolument éloignés pour briser leur routine. Indépendamment des stratégies à mettre en place pour le retour de la paix, dont une ébauche fort indicative est sortie du Palais du Peuple, il serait recommandé aux gestionnaires de notre armée de disperser les « clubs d’amis » qui se sont formés à l’Est du pays, dont Laurent Nkunda parait désormais comme porte-étendard. Il faut que l’on aide les Congolais à cesser de rougir de honte devant leur armée que les medias internationaux ont pris coutume de tourner en dérision, par la faute des frères et soeurs souffrant d’un grave déficit de patriotisme.
(SL/Th/GW/Yes)Kimp./Le Phare
Last edited: 21/11/2008 19:03:55