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Bonjour | 19/03/2010 18:42 | English Make DC Home page | RSS feed

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Attendu très prochainement à New York, l’on se demande si le ministre belge des Affaires étrangères ne va pas torpiller le projet de résolution portant renforcement du dispositif militaire de la mission onusienne en RDC introduit par la France. Apparemment, De Gucht a franchi le rubicon. Pessimiste devant l’éternel sur l’avenir de la RDC, il est perçu en RDC comme un partisan de la balkanisation de l’ex-Congo Belge. Tant son durcissement de ton envers les autorités de Kinshasa n’est plus considéré comme une simple saute d’humeur, mais au contraire, il est révélateur d’une ligue avec les agresseurs de la RDC.

Entre Bruxelles et Kinshasa, ce n’est jamais les justes noces. Mais cette fois, ce que d’aucuns ont appelé « disputes de ménage » tendent à se transformer en véritables dissensions qui risquent de mettre en péril les relations historiques et diplomatiques privilégiées que l’ancienne colonie et sa métropole ont entretenues il y a plus d’un siècle. A la base de cette brouille récurrente, depuis quatre ans, une sévérité langagière imputée à un homme nommé Karel De Gucht. Ci-devant ministre des Affaires étrangères du Royaume de Belgique.

Les prises de position du flamand sur les autorités de Kinshasa sont tellement dures et pessimistes qu’elles appellent observations et analyse.

Alors que tout le monde compatit au drame humanitaire qui frappe la RDC suite au conflit armé qui sévit dans sa partie orientale, le ministre belge des Affaires étrangères se complaît dans des déclarations tapageuses, tendancieuses qui rompent avec sa qualité de diplomate. Il s’est, une fois de plus, distingué par son pessimisme quant à l’avenir de la RDC et s’est montré très dur envers les autorités congolaises envers lesquelles il n’a fait aucun quartier. Oubliant que le temps de la colonisation est révolu et que la RDC a le droit de se déterminer par rapport à l’évolution du monde et aux aspirations du peuple congolais.

Kinshasa s’est vu frustré et, par conséquent, l’élan de la normalisation des relations diplomatiques s’en trouve estompé. Par la faute d’un individu, ministre des Affaires étrangères soit-il. De Gucht a-t-il le droit d’embrigader toute la classe politique belge dans ses sentiments et ses vues d’esprit ?

L’attitude de Karel De Gucht est tellement rocambolesque qu’il fait désormais cavalier seul au sein du gouvernement belge. Voyant tout en noir sur la RDC et ses dirigeants, il a fini par lasser ses collègues du parti et de toute la classe politique belge. Il est isolé sinon esseulé dans sa démarche visant à vilipender les dirigeants élus de la RDC.

Il y a plusieurs mois, par le fait de Karel De Gucht, Kinshasa et Bruxelles sont entrés en froid. Il s’en est suivi un rappel d’ambassadeur et une fermeture de consulats de part et d’autre. Alors qu’un réchauffement a été observé dernièrement par des contacts à divers niveaux, le ministre belge des Affaires étrangères vient de rééditer son exploit. Il vient, par ses sorties publiques, d’envelopper l’embellie observée par un brouillard épais. C’est à se demander de quoi se mêle M. De Gucht.

Il nous revient de Bruxelles que la classe politique belge est sidérée par une attitude aussi marginale et d’une désinvolture morbide. Cela au point que son langage provocateur et outrancier a poussé le patron des libéraux francophones belges à s’interroger sur son état mental. Didier Reynders s’est demandé si De Gucht n’était pas devenu fou. Car, celui-ci ne réalise pas que le chef de la diplomatie belge puisse se distinguer par des propos qui tendent à annihiler tous les efforts consentis par son propre gouvernement aux fins de renouer le dialogue avec les autorités congolaises.

Il vient de gâcher la fête en poussant les autorités congolaises à se cabrer. Avec raison, car il y a lieu de lire entre les lignes. La persistance du négativisme de De Gucht à l’endroit de la RDC et de ses dirigeants cache mal une condescendance sinon une complicité avec des ennemis du Congo et du peuple congolais.

Il s’est montré non favorable à l’idée d’un renforcement du dispositif militaire de la mission onusienne au Congo (Monuc) que défend bec et ongles la France auprès du Conseil de sécurité de l’Onu. Et dire que le chef de la diplomatie belge va se rendre très prochainement à New York, il n’est pas exclu de penser que l’homme va torpiller les efforts des amis du Congo en cherchant à dissuader le secrétaire des Nations unies d’accepter le projet de résolution présenté par Paris et qui comprend un volet important relatif à la requalification du mandat de la Monuc pour la rendre plus efficace au vu de la situation dégradante sur le terrain.

Dès lors, Karel De Gucht peut passer facilement pour le partisan de la balkanisation de la RDC que souhaitent en coulisses certaines grandes puissances et autres multinationales qui convoitent et exploitent déjà de manière illégale les richesses naturelles du Congo.

Non seulement ne veut pas de la reprise des relations diplomatiques entre son pays et la RDC, mais encore, il s’emploie à torpiller les efforts que tend à conjuguer la communauté internationale en vue de résoudre la crise congolaise dont le foyer est allumé dans la partie orientale de l’ex Congo-Belge.

De Gucht met la normalisation en péril

Kinshasa s’agace de nouvelles salves de Karel De Gucht contre M.Kabila. Le chef de la diplomatie apparaît, cette fois, isolé. Yves Leterme temporise.

Les retours de Kinshasa n’ont pas tardé. Et voilà le processus de normalisation des relations belgo-congolaises, laborieusement tissé, à nouveau incertain. Mardi, après un assaut frontal du chef de la diplomatie belge, Karel De Gucht, contre le président congolais, les autorités locales ont adressé « des interrogations » à Bruxelles. Et ont fait preuve de « beaucoup d’énervement », témoigne un observateur de premier plan.

C’est que le matin même, dans le «Morgen», Karel De Gucht a formulé de nouvelles critiques à l’endroit du président congolais Joseph Kabila. Extraits: «Parler avec le président Kabila ne mène jamais à rien. C’est toujours la même chose. (...) Kabila est en poste depuis six ans et absolument rien ne change.» Ce tir intervient alors que M.De Gucht n’a pas soufflé le moindre mot lors du débat sur le chapitre «Congo» au Conseil des ministres de vendredi dernier. Mais Karel De Gucht se montre (aussi) sévère contre le ministre de la Coopération Charles Michel (MR) - accusé d’être «déloyal» avec sa récente mission en RDC. Enfin, il engage Louis Michel à «rester sur le terrain de la politique européenne» . «Quand Louis Michel dit que sa méthode apporte davantage de résultats, je lui demande : mais quel résultat ?» , interroge M.De Gucht.

« D’Obama à Leterme »

A la réplique, le ministre de la Coopération se veut mesuré : « Je pense , insiste le libéral francophone, que M.De Gucht se rend compte que l’ensemble du monde – de Barack Obama demain à Yves Leterme aujourd’hui – parle avec les autorités congolaises et le président Kabila. C’est la seule manière de faire progresser les choses. D’ailleurs, ajoute-t-il, je suis un homme de solution : un dialogue politique ne peut se construire qu’en parlant avec toutes les parties ».

Mardi matin, Yves Leterme et Charles Michel ont eu un bref entretien. Et ont évoqué la charge de De Gucht. Le Premier ministre, désormais aux commandes du dossier belgo-congolais, ne devrait cependant pas officiellement trancher en faveur de l’un ou de l’autre de ses ministres. Reste que la virulence de l’attaque de De Gucht reste en travers de la gorge du Premier ministre. Celui-ci a reçu une lettre du président Kabila – via Charles Michel – dans laquelle sont rappelés les différends qui opposent le chef de la diplomatie belge aux autorités congolaises : « L’avenir des relations belgo-congolaises est entre vos mains, M. le Premier ministre » , écrit Joseph Kabila.

« Est-il devenu fou ? »

Alors Karel De Gucht apparaît bien seul désormais dans sa croisade contre le président Kabila. L’unité de la famille libérale par-delà la frontière linguistique a d’ailleurs volé en éclats sur cette question. Ainsi Didier Reynders, le patron des libéraux francophones, soutient-il avec force son ministre de la Coopération. Jusqu’à émettre des doutes sur la conduite de Karel De Gucht : « Est-il devenu fou ? », s’est récemment interrogé Didier Reynders.

Ailleurs, dans la coalition gouvernementale, au PS, la vice-première Laurette Onkelinx a été estomaquée par la virulence de la charge du ministre des Affaires étrangères.

Karel De Gucht s’envolera la semaine prochaine pour NewYork où - c’est inscrit dans son agenda - il doit avoir des entretiens au sujet de la RDC, notamment avec Ban Ki-moon. Veuillez noter : la décision sur le renforcement des troupes onusiennes dans l’Est de la RDC se prendra cette semaine. Et celle sur un éventuel changement de mandat de la Monuc se prendra en décembre. Voilà l’homme de Berlare à contretemps. Un insider : « Peut-être Karel De Gucht part-il faire quelques courses à NewYork ? » Pourquoi pas.

(SL/Yes/GW/Yes)

Martin Buxant/Libre Belgique/Le Potentiel

Last edited: 20/11/2008 14:05:59

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