Hommage à l’artiste peintre Pili- Pili à l’Hôtel Memling
Kinshasa, 14/11/2008 / Culture
Cette manifestation inaugure, en fait, l’exposition des œuvres de ce peintre hors pair disparu en 2007 ; l’expo s’étend donc du 14 novembre au 7 décembre 2008 au foyer de l’Hôtel Memling.
Le beau cadre du salon Virunga de l’Hôtel Memling abritera ce vendredi 14 novembre, le vernissage d’une trentaine d’œuvres du peintre Pili Pili, de son vrai nom Mulongoyi Nkulu Mitenga Phillippe.
Le vernissage des œuvres de peintre Pili Pili Mulongoyi est organisé par les Editions Aksanticom, en collaboration avec la Banque internationale de crédit (BIC) dont le nouveau comité de gestion a pris l’option de promouvoir la culture et d’aider les artistes congolais, qui souvent, se retrouvent dans le dénuement total à l’aube de leur vie.
La manifestation de ce vendredi inaugure, en fait, l’exposition des œuvres de ce peintre hors pair disparu en 2007 ; l’expo s’étend donc du 14 novembre au 7 décembre 2008 au foyer de l’Hôtel Memling.
« Ce vernissage sert à donner une valeur ajoutée aux œuvres des artistes en général, et très particulièrement, de ce peintre qui reste vivant à travers ces toiles exceptionnelles. Ainsi, la vente aux enchères d’une œuvre inachevée du peintre sera organisée au cours de la manifestation qui connaîtra la présence de la veuve, des enfants et des petits-enfants de Mulongoyi Nkulu dit Pili Pili et d’autres personnalités férues de la peinture », fait savoir José Nyembwe des Editions Aksanticom, une agence éditrice des guides touristiques « Kinshasa Branché » et « Voici RDC », mais également promotrice culturelle.
L’illustre disparu…
Mulongoyi Nkulu Mitenga Pili Pili voit le jour à Angolo au Katanga le 12 février 1914. Il quitte Angolo pour Kongolo où il est agent de l’hygiène de l’Hôpital général après ses études primaires. Muté à Lubumbashi en 1940, Pili Pili s’exerce à la peinture du bâtiment, dessine et fait des croquis personnels pendant ses heures libres. En 1947, un Français résident à Lubumbashi, Pierre Romain Desfossés, le recrute après un test de dessin, dans son atelier dénommé «Hangar».
Après quelques jours, Pili Pili devient chef d’atelier grâce son talent. Il va créer un style décoratif propre avec une technique à doigt. Obligé d’abandonner ce style à Bela, cuisinier de Pierre Desfossés, Pili Pili va concevoir un autre style des traits concentriques qu’il va à nouveau laisser à Mwenze Kibwanga sur une nouvelle instruction de Pierre Romain Desfossés.
Pilipili va inventer davantage des styles, entre autres, le fond noir, décoré en fond de petites rondes, ainsi qu’un style qu’il développe beaucoup sur un fond composé des hachures de plus en plus fines qu’il va appeler fond décoratif.
Plus plongé dans la nature, il explore et fait vivre la faune et la flore.L’on note que jeune à Angolo, il partait à la chasse et à la pêche avec son père avant la mort de celui-ci. Pilipili se distingue dans l’atelier «Hangar», jusqu’à devenir partenaire et collaborateur de Pierre Desfossés. Ce dernier va exposer et vendre plusieurs toiles très appréciées et recherchées de Pilipili. Desfossés organise une tournée en Afrique, en Europe et en Amérique en commençant par la Rhodésie via Afrique du Sud. Le Français tombe malade et meurt à Elisabethville (aujourd’hui Lubumbashi) en 1954.
Pili Pili reprend la direction de l’atelier Hangar pendant quelques mois, mais ne résiste à la puissance coloniale. Il est contraint de laisser la direction de l’atelier à Laurent Moonens qui va fonder l’Académie de Beaux-Arts d’Elisabethville
A partir de 1972, Pilipili se donne entièrement à la peinture. Sa maison est pratiquement une salle d’exposition et reçoit la visite de plusieurs clients et acheteurs de ses œuvres. Le peintre va s’imposer à Elisabethville (Lubumbashi) au Congo, en Afrique et dans le monde et faire la fierté de l’art congolais.
Des clients de marque se sont appropriés les œuvres de ce peintre d’exception, parmi eux, le fils de Napoléon (1954), le Roi Baudouin 1er de Belgique et son épouse la reine Fabiola (1955), l’actuel roi Albert de Belgique alors prince en 1974, le Maréchal Mobutu, etc.
C’est le 10 mars 2007, à l’âge de 93 ans que ce peintre, plusieurs fois décoré, tire sa révérence, laissant quelques œuvres inachevées.
(BT/Th/Yes)
Martin Enyimo/Le Potentiel
Last edited: 14/11/2008 14:22:10