Les services de la surveillance du territoire du Congo-Brazzaville ont réussi à mettre la main sur un colonel rwandais nommé Olivier Rawadasario Gatera, directeur, de son état, de la Sécurité militaire dans l’armée rwandaise.

Plusieurs analystes le pressentent Kagame, l’homme fort du Rwanda, compte maintenant sur le soutien ouvert qu’il apporte au général renégat Nkunda pour un changement de régime à Kinshasa. Les faits sur le terrain semblent le confirmer. Le dernier évènement en date étant l’infiltration de Kinshasa par Kagame. En tout cas, ce fait aurait pu passer inaperçu jusqu’à ce que le militariste Paul Kagame accomplisse son voeu par Laurent Nkundabatware Mihigo Interposé. Heureusement la solidarité agissante de Brazzaville à l’égard de Kinshasa a constitué un frein.
En effet, les services congolais de la surveillance du territoire ont réussi à mettre la main sur un colonel rwandais nommé Olivier Rawadasario Gatera. Celui-ci est directeur de la Sécurité militaire dans l’armée rwandaise. Selon une source proche de la direction de la surveillance du territoire du Congo-Brazzaville, ce colonel est arrivé à Brazzaville « sans ordre de mission et sans se présenter aux autorités congolaises » comme la loi l’impose aux militaires étrangers entrant dans le pays.
L’officier supérieur rwandais a ensuite séjourné clandestinement dans un hôtel de Brazzaville, a poursuivi la source, sans indiquer la date de son arrivée dans le pays. « Vu ses hautes fonctions dans l’armée régulière rwandaise, nous l’avons obligé à quitter le territoire congolais », a ajouté la source qui a requis l’anonymat. Le colonel Olivier Rawadasario a été expulsé de Brazzaville pour la France vendredi dernier par les Services de surveillance du territoire congolais, selon la même source.
« C’est une simple précaution que nous prenons au moment où beaucoup soupçonnent l’armée régulière rwandaise d’appuyer les rebelles du général Nkunda dans l’Est de la République démocratique du Congo », a-t-elle expliqué. C’est ici le lieu de saluer la solidarité des autorités du Congo-Brazzaville envers les institutions issues des urnes de la République démocratique du Congo. Le pire allait certainement se produire chez son voisin, la Rdc, si jamais elles avaient agi autrement. Il faut remarquer qu’avant que Nkunda ne relance ses hostilités contre le pouvoir en place à Kinshasa à partir de la province du Nord-Kivu, le Président rwandais Paul Kagame l’avait annoncé dans une interview au journal belge « Le Soir ».

L’homme fort de Kigali s’était répandu en des allégations mensongères contre le Chef de l’Etat Joseph Kabila. Avant de promettre implicitement à celui-ci une guerre fratricide qui se solderait par une reconfiguration du paysage politique congolais, étant donné la nouvelle capacité militaire de son mentor Nkunda. Le 28 août 2008, soit quelques jours seulement après l’interview au journal « Le Soir », Nkunda et son Cndp ont repris la guerre, foulant ainsi au pied tous les Actes de paix signés depuis la Conférence de Goma.
Pour progresser sur terrain, Paul Kagame a fait intervenir son armée régulière en appui aux éléments du Cndp. Les preuves sur cette implication ne sont plus à démontrer. Et les éléments du Cndp ont commencé à voler de victoire en victoire... jusqu’à la porte de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce qui a donné des ailes au général déchu qui ne se gêne plus d’affirmer son ambition : le renversement des autorités de Kinshasa.
Mardi dernier à la Rtbf, une télévision belge, le rebelle a réaffirmé sa volonté de prendre le contrôle de l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo (RDC) et d’avancer jusque Kinshasa, la capitale. « Le Congo est menacé. Il doit être libéré totalement », a-t-il déclaré lundi après-midi aux envoyés spéciaux de la chaîne publique, radio- télévision – qu’il a reçus dans une de ses bases située sur la commune de Kirolirwe, petite localité à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu (Est).
Le général renégat a assuré que c’était son « devoir » de renverser le gouvernement car « les Congolais sont menacés par l’actuel gouvernement, qui ne défend pas, selon lui, la population des groupes armés hutus rwandais installés dans « l’Est de l’ex-Zaïre. Nous sommes un Congrès national pour la Défense du Peuple, pas un congrès (seulement) kivutien », a-t-il expliqué. Une telle assurance, il le tendrait du pouvoir d’infiltration de Kagame. Qui peut le nier ? Heureusement que Brazzaville a compris qu’il est moins sage de laisser brûler la case du voisin.
(SL/TH/GW/PKF)
Le Palmarès
Last edited: 12/11/2008 13:43:03