Retour lundi à Kinshasa du président de la République revenant de Pretoria en Afrique du Sud au Sommet de la SADC consacré à la crise militaire et humanitaire à l’Est de la RDc ainsi qu’à celle politique au Zimbabwe.

Le président Joseph Kabila a regagné Kinshasa lundi de retour de Pretoria en Afrique du Sud où il a participé dimanche au Sommet de la SADC consacré à la crise congolaise de la guerre qui perdure à l’Est du pays, de même qu’à l’autre crise à laquelle fait face le Zimbabwe au lendemain des élections législatives gagnées par l’opposition. Le Chef de l’Etat congolais s’était rendu samedi au Sommet de la SADC pour obtenir des alliés de cette communauté de développement d’Afrique australe dont la RDC est membre à part entière le soutien prescrit dans le cadre de la coopération au sein de cette organisation régionale, pour faire face à la guerre par procuration que mène le Rwanda contre le régime congolais par le truchement de la soldatesque du rwandophone Nkunda.
Comme au précédent sommet des Chefs d’Etat cette fois-là des pays de la région Est vendredi dernier à Nairobi au Kenya, rendez-vous organisé sous l’égide de l’ONU et de l’Union Africaine où le président Joseph Kabila a présenté la cause et la bonne foi de la RDC face au véritable intraitable instigateur de la guerre à l’Est qu’est le maître de Kigali, le n° 1 congolais n’a fait que plaider la cause congolaise devant ses pairs de la SADC en Afrique du Sud dans ce cénacle des bienveillants et responsables de cette communauté régionale du Sud du continent.
Le Président Joseph Kabila avait reçu samedi le ministre belge de la Coopération
Le Président de la République, Joseph Kabila Kabange avait reçu, samedi à l’aéroport international de N’Djili à Kinshasa, le ministre belge de la Coopération et au Développement, Charles Michel. Rien n’a filtré de l’entretien entre l’homme d’Etat belge et le Président de la République qui revenait de Nairobi, au Kenya, où il avait pris part au sommet de Chefs d’Etat sur la situation dans la partie Est de la RDC. Le ministre belge a néanmoins affirmé à la presse que sa mission en RDC s’inscrivait dans la logique de la normalisation des relations entre ce pays et la Belgique. M. Charles Michel avait également indiqué qu’avec la situation dramatique dans l’Est de la RDC, la Belgique veut être aux côtés de la République Démocratique du Congo et a mobilisé à cet effet cinq millions d’euros pour augmenter une aide urgente sur le plan humanitaire en faveur des populations de cette partie du pays. Cette aide consiste en la mise à la disposition des personnes qui ont fui la guerre, des tentes, bâches, ustensiles de cuisine...
Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Louis-Léonce Chirimwami Muderhwa, a qualifié, dimanche, au cours d’un entretien avec la presse, de positives les retombées du sommet international de Nairobi du vendredi 7 novembre dernier entre les Chefs d’Etat de la région des pays des Grands Lacs sur la crise en RDC. Ce sommet a eu le mérite de stopper l’avancée des troupes rebelles du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), mouvement rebelle de Laurent Nkunda, sur la ville de Goma, chef-lieu de cette province. M. Chirimwanij Muderhwa a souligné que le sommet de Nairobi a eu le mérite de mettre face à face le Président Joseph Kabila et son homologue du Rwanda Paul Kagame pour parler de la crise en RDC », dont l’implication des troupes rwandaises aux côtés des rebelles du CNDP a jeté dans la rue plus de 250.000 personnes déplacées et sans assistance humanitaire ».
Selon le gouverneur du Sud-Kivu, le sommet de Nairobi n’a pas été inutile, mais il a permis à tous les acteurs présents dans la capitale Kenyane de reconnaître l’agression du Rwanda sur le territoire congolais, dans l’Est de la RDC. Ce sommet de Nairobi, a-t-il indiqué, a recommandé au Rwanda de retirer ses troupes du sol congolais et de cesser à apporter un soutien militaire en hommes et en armes au CNDP pour exacerber la guerre dans l’Est de la RDC, particulièrement dans la province du Nord-Kivu.
Le sommet des Chefs d’Etat de la région des pays des Grands Lacs a, par ailleurs, eu le mérite d’imposer un cessez-le-feu immédiat et de le faire durer dans le temps entre les belligérants et d’ouvrir un couloir humanitaire aux organisations humanitaires pour apporter une assistance urgente aux milliers de déplacées du fait de la guerre au Nord-Kivu.L’archevêque catholique de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, propose la tenue d’un sommet international qui pourrait réunir les Etats-Unis, l’Union européenne et certains pays du Sud-Est asiatique pour qu’ils règlent leurs problèmes autour de leurs intérêts géostratégiques et économiques qui alimenteraient des tensions meurtrières dans la région des pays des Grands Lacs en général, et en RDC en particulier, à l’instar du sommet sur la crise en RDC tenu le 7 novembre à Nairobi, au Kenya. Mgr Maroy Rusengo a fait cette proposition dans son adresse intitulée « Quelques perspectives pour la paix en RDC » au Premier ministre Adolphe Muzito, lors de son passage vendredi dernier à Bukavu. Il souligne que les résolutions qui sortiraient d’un tel sommet épargneraient la mort à d’innombrables paysans, et qu’il y aurait moins de criminels. Cela allégerait également la tâche aux humanitaires et favoriserait l’action des investisseurs », a précisé l’archevêque de Bukavu. Selon le prélat, la guerre qui sévit en RDC s’est révélée comme une guerre de prédation régionale et internationale. La difficile gestion des ambitions politiques des acteurs congolais, a-t-il souligné, n’en constituait que des épiphénomènes.
Il a rappelé au Premier ministre Adolphe Muzito que le rapport du Panel des Nations Unies sur le pillage des ressources naturelles de la RDC démontre que « pour de l’or, du diamant ou du coltan, des populations entières sont décimées, leurs habitations occupées, détruites ou incendiées par des bandes armées congolaises souvent clairement soutenues par des armées étrangères, avec des ramifications internationales encore plus étendues ». Au plan national, l’archevêque de Bukavu en a appelé aux Congolais à soutenir unanimement le processus de programme Amani (Programme sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu), en vue de faire passer l’intérêt suprême de la nation avant « nos intérêts particuliers qui poussent à des divisions préjudiciables au peuple ». Il a dénoncé le fossé qui se creuse entre les aspirations des populations et les manoeuvres politiques de certains élus pourtant portés au pouvoir par ces mêmes populations.
L’archevêque de Bukavu a par ailleurs invité le Premier ministre Adolphe Muzito, « dont la première visite à Bukavu a suscité un immense espoir pour la population », à faire prendre pleinement à l’Etat ses responsabilités institutionnelles et assurer ses prérogatives de souveraineté, notamment l’intégrité territoriale, l’unité, la paix et la sécurité pour les citoyens et la bonne gouvernance au service du peuple par les dirigeants. Il a lancé, à cet effet, un appel pour la RDC, à bâtir une armée suffisamment forte pour garantir la stabilité et le développement.
Pour le chef de l’Eglise catholique de Bukavu, les hostilités qui avaient repris le 28 août 2008 dans le Nord-Kivu risquent d’embraser à nouveau tout le pays. Ce serait plus de 5 millions de morts pour rien, un milliard de dollars par an à la MONUC depuis 6 ans et 500 millions de dollars américains de frais électoraux jetés à l’eau », a-t-il relevé, indiquant que le drame congolais a des implications économiques et politiques au niveau international, national et local et appellent l’implication du Premier ministre pour y mettre fin.
(DN/Yes)
MMC/ACP