L’Organisation mondiale de la santé (Oms) a évalué mardi à 2,5 millions le nombre de personnes menacées par des épidémies de choléra et de rougeole dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la Rdc, et demandé davantage de moyens pour leur venir en aide.

Une centaine de cas de choléra ont été recensés parmi des déplacés dans la région de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), théâtre de combats entre rebelles et armée congolaise, a rapporté mardi l’organisation Médecins sans frontières (MSF). « 69 cas de choléra ont été recensés depuis une semaine dans les quatre camps de déplacés situés autour de Goma, et 20 à Kitchanga (une cinquantaine de km au nord-ouest de Goma), rapporte l’organisation humanitaire, dans un communiqué reçu à Nairobi. « A Buturande, près de Rutshuru (située en zone rebelle, environ 75 km au nord de Goma, ndlr), il y a 5 à 10 cas recensés par jour », ajoute le communiqué.
MSF indique avoir procédé « à plus de 100 consultations » le week-end dernier dans la localité de Kibati (une dizaine de km au nord de Goma), qui fait face à un afflux massif de déplacés ayant fui les derniers combats plus au nord. « MSF et d’autres organisations fournissent de l’eau potable aux déplacés de ce camp (de Kibati), mais la nourriture manque particulièrement dans cette zone », relève le communiqué.
MSF « reste très préoccupée par les dizaines de milliers de personnes qui sont toujours sur les routes, en train de fuir les récents combats ». « Les déplacés au Nord-Kivu ont toujours des besoins urgents en nourriture, en eau potable, en soins et en éléments de première nécessité », ajoute le communiqué.
Selon les estimations de MSF, plus de 10.000 déplacés sont arrivés récemment dans les localités de Kayna et Kanyabayonga, après que la majeure partie des camps de déplacés de la zone de Rutshuru eurent été rasés et vidés de leurs habitants. La situation humanitaire catastrophique dans le Nord-Kivu, où plus d’un million de personnes sont déplacées par les affrontements. Les violents combats de la semaine dernière entre les hommes du chef rebelle congolais Laurent Nkunda et l’armée régulière ont empêché pendant plusieurs jours les humanitaires venir en aide à la population.
Alain Leroy constate la précarité de la sécurité à Kirotshe
La situation reste précaire à Kiroche. C’est le constat fait ce mardi par le secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des operations de maintien de la paix Alain LeRoy, après sa visite à la base opérationnelle de la Monuc dans cette localité située a environ 40 kilomètres au sud de Goma, dans la partie sud du territoire de Masisi. Cette zone était, il y a environ un mois, le théâtre des affrontements entre les FARDCet le CNDP.
Arrivée de Alain Leroy à Goma
La population de Kiroche vaque timidement à ses activités ce mardi, après l’insécurité qui a perturbé toute la région la semaine dernière. Sur place les élèves ont repris ce mardi le chemin de l’école, le marché local a eu lieu comme d’habitude. Toutefois, la situation sécuritaire reste précaire.
Selon les habitants sur place, les troupes de CNDP sont toujours présentes dans les collines, non loin de la localité. Une situation confirmée par le secrétaire général adjoint Alain LeRoy, après un court briefing qu’il vient d’avoir avec le commandement de la base mobile opérationnelle sur place. Pour lui, il y a nécessité que la Monuc garde permanente la présence de ses casques bleus dans la région, pour notamment barrer la route à tout envahissement des groupes armés, quels qu’ils soient. Alain LeRoy ajoute par ailleurs que la force de la Monuc devrait être renforcée dans cette partie du Nord-Kivu, pour qu’elle remplisse sa mission de protection des civils: « Il y a donc les FARDC et la Monuc est là pour empêcher toute action dans la région.
Donc c’est très important qu’elles restent ici. Nous n’allons pas fragiliser cet endroit car il est très important, on l’a vu, il y a quelques semaines. On ne va pas réduire les forces ici, et donc c’est dans d’autres endroits qu’on va prendre des forces pour les amener à Goma. Bien sûr la situation est précaire c’est pourquoi nous maintenons nos forces ici autant que possible, comme dissuasif pour les actions de quelques groupes rebelles que ce soient ». Alain Leroy ajoute par ailleurs que la force de la Monuc dans la région devrait être renforcée pour qu’elle remplisse valablement sa mission de protection des civiles.
Enfants soldats recrutés de force !
Les enfants sont des cibles faciles pour le recrutement forcé dans le Nord-Kivu, où des combats entre la rébellion du Tutsi congolais Laurent Nkunda et l’armée régulière ont entraîné la semaine dernière le déplacement de quelque 100.000 personnes, dont 60% d’enfants, selon l’Unicef.
Des groupes de miliciens locaux Maï-Maï qui se battent aux côtés de l’armée congolaise recrutent de force des enfants dans des camps de déplacés de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Selon des rapports parvenus à l’organisation, au moins 37 enfants ont été enrôlés sous la contrainte par les miliciens Maï-Maï dans des camps situés près de Rutshuru, au nord de Goma, la capitale provinciale de Nord-Kivu, a déclaré à la presse la porte-parole de l’Unicef, Véronique Taveau. Les Maï-Maï sont des miliciens locaux d’autodéfense qui se battent aux côtés de l’armée congolaise. Les enfants sont très faciles pour le recrutement forcé dans le Nord-Kivu, où des combats entre la rébellion du Tutsi congolais Laurent Nkunda et l’armée régulière ont entraîné la semaine dernière le déplacement de quelque 100.000 personnes, dont 60% d’enfants, selon l’Unicef. Mardi ce sont des miliciens locaux Maï-Maï qui se sont opposés dans de nouveaux combats aux rebelles du général déchu Nkunda près de Rutshuru, à 75 km au nord de Goma.
L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International avait affirmé en septembre que des enfants soldats récemment libérés avaient été de nouveau enrôlés de force du fait de leur expérience comme soldats, à un moment où les combats s’intensifiaient entre rebelles et forces gouvernementales. Pas moins de la moitié des ex-enfants soldats restitués à leur famille au Nord-Kivu dans le cadre d’un programme national de démobilisation ont depuis été à nouveau enrôlés, avait expliqué Amnesty.
Les soldats du centre de formation se révoltent et pillent dans la cité, à Luberizi
Les militaires FARDC du centre de formation complémentaire de Luberizi, dans la plaine de la Ruzizi sont mécontents. Un groupe d’entre eux est descendu lundi soir dans les rues et a tiré plusieurs coups de feu pour manifester leur colère. Ils réclamaient les fonds de ménages de 2 mois. Selon les autorités civiles locales, des sacs de farine et plusieurs articles ont été pillés dans 4 boutiques, rapporte radiookapi.net. Des sacs de fretins ont été emportés et des téléphones dépouillés sur les passagers de 3 camions en provenance d’Uvira par ces militaires. Selon le commandant de la 10ème région militaire, le calme est revenu peu après.
Une enquête est ouverte et les meneurs seront sanctionnés selon le général Pacifique Masunzu. A noter que le centre de formation de Luberizi compte actuellement 600 militaires en attente de formation et 117 instructeurs.
(SL/Th/GW/Yes)Le Palmarès
Last edited: 05/11/2008 15:29:58