A considérer l’organisation politique et administrative que le général dissident Laurent Nkunda est en train de mettre en place, il n’y a pas de doute qu’une nouvelle République vient de naître à l’Est de la RDC.

Alors que ses troupes campent depuis une semaine aux portes de Goma, en attendant des « négociations directes » avec le gouvernement de Kinshasa, conformément à une vielle requête qu’il a réchauffée dans une correspondance adressée au début de la semaine dernière au président du Sénat, avec copies à son homologue de l’Assemblée Nationale et au Secrétaire général de l’Onu, Laurent Nkunda du CNDP(Conseil National pour la Défense du Peuple), vient de lancer la phase des nominations des responsables appelés à administrer les « territoires » sous son contrôle. Ironie du sort, il a choisi, comme Laurent Désire Kabila de leur coller le titre de « Commissaires ».
Ainsi, de Kitchanga à la périphérie de Goma, en passant par Bunagana et Rutshuru, les affaires publiques sont tenues par des Commissaires à l’intérieur, à la Sécurité, à la Défense, aux Finances, au Budget, au Portefeuille, à l’Economie, au Commerce Extérieur, aux Mines, à l’Energie, à la Justice, aux Affaires Etrangères, à la Santé, à l’Agriculture, au Travail, à l’Education, à la Culture, aux Affaires Sociales, aux Sports, etc.
Une nouvelle République est née
A considérer l’organisation politique et administrative que le général dissident Laurent Nkunda est en train de mettre en place, il n’y a pas de doute qu’une nouvelle République est née à l’Est de la République Démocratique du Congo. L’empressement du précité à ériger une entité ayant les attributs d’un micro-Etat fait penser à un agenda caché, en prise directe avec l’idée d’un Sun City/bis, devant avoir comme point de chute le partage du pouvoir entre ce chef rebelle et les autorités politiques en place à Kinshasa.
L’objectif inavoué d’un tel dispositif est d’aménager, le cas échéant, des opportunités d’équivalence de « grades » et « titres » pour ses fidèles, dans leurs rapports futurs avec les animateurs des institutions nationales à Kinshasa. Ainsi, dès que le décor d’un nouveau dialogue congolo-congolais serait planté, on verrait de nouveaux Bizima et autres Bugera aller défier des plénipotentiaires de la Présidence de la République, du Parlement ou du gouvernement de la RDC, sur des terrains « neutres ». Sans crier gare, Nkunda et ses lieutenants se prépareraient à jouer un rôle majeur dans une éventuelle architecture de cohabitation politique au sommet de l’Etat, à défaut de s’installer dans une longue rébellion, avec possibilité d’extension des territoires et villes sous leur contrôle.
En tout cas, au stade actuel, Nkunda s’emploie à se positionner comme chef d’une « entité » politico-administrative distincte de la République Démocratique du Congo et acceptée comme telle par la communauté internationale. Même si cela choque des millions de compatriotes, qui ont le sentiment de voir la terre se dérober sous leurs pieds, c’est cela la dure et triste réalité du moment.
(SL/Milor/GW/Yes) Kimp./Le Phare
Last edited: 04/11/2008 13:47:35