La guerre de rébellion que le général déchu Nkunda Batware a de nouveau déclenchée depuis le 28 octobre dernier pour envahir Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a occasionné la visite dans notre pays du commissaire européen au développe­ment et à l’aide humanitaire Louis Michel. Ce dernier, arrivé à Kinshasa depuis le 29 octobre dernier, a rendu visite au ministre con­golais des Finances, Atha­nase Matenda pour lui re­mettre une enveloppe de 50 millions d’euros d’aide hu­manitaire de l’Union euro­péenne. Cette assistance annuelle reste un « don » qui n’alourdit nullement la dette nationale.

Cependant, parlant de la situation à l’Est de la Rd Congo qui, souligne-t-il, le préoccupe au plus haut point aujourd’hui et qui est à l’origine de son déplace­ment, il note que l’histoire a déjà prouvé sur ces mêmes terres, l’inutilité de tenter de résoudre cette crise par les armes. En attendant, ce sont des milliers de déplacés qui subissent de plein fouet les effets de ce conflit et le re­cul du développement.

Il est donc du devoir des parties engagées dans ce conflit de revenir à la raison et à la table des négociations. A ce propos, il conclut qu’aucune réponse militaire ne déter­minera l’issue de cette crise au contraire, elle ne fera que retarder l’échéance d’une discussion inélucta­ble. S’adressant à son hôte, Louis Michel s’est réjoui d’être ici à l’occasion de la signature du « Document de stratégie et du Programme indicatif national pour 2009-2013 », documents qui sont à la base de la coopé­ration entre la Communauté européenne et la Républi­que démocratique du Con­go. A ce sujet, a-t-il indiqué, la coopération européenne pour les prochaines années possède une enveloppe de 514 millions d’euros pour aider le peuple congolais. Cette coopération post-conflit vise la stabilisation du pays. Elle concerne la lutte contre la pauvreté et l’appui institutionnel à la transition démocratique par un sou­tien au processus électoral et à la bonne gouvernance. A  longue échéance, la coo­pération U.E./RDC s’inscrit dans une nouvelle perspec­tive d’un développement durable.

Etat de droit, infrastruc­tures et bonne gouver­nance

Pour Louis Michel, cette nouvelle coopération ap­puiera, non seulement les cinq chantiers définis par le président Joseph Kabila, à travers les efforts de réhabi­litation des infrastructures, mais aussi le rétablissement de l’Etat de droit, comme celle de la bonne gouver­nance à travers la réforme du système judiciaire, policier et des finances publi­ques. Réformes qu’il a qua­lifiées d’essentielles pour la réussite de l’ensemble de la coopération.

En matière de réhabilitation des infrastructures, il a mentionné un certain nombre de projets, dont un appui à la navigabilité des voies fluviales et lacustres, la reconstruction de trois cents kilomètres de route bitumée sur la nationale n°1, l’extension du program­me d’assainissement urbain dans la ville de Kinshasa, ainsi que la réhabilitation de la voirie dans la ville de Goma. En ce qui concerne la santé, il confirme l’enga­gement de l’U.E. dans ce domaine, en poursuivant et renforçant les actions ac­tuellement en cours dans quatre provinces du pays. Ces actions visent à amélio­rer l’accessibilité et la qua­lité des services à travers des actions de formation ou d’approvisionnement en médicaments essentiels.

En réponse à son interlo­cuteur, le ministre de Finances, Athanase Matenda a reconnu les bénéfices pour notre pays de cette coopé­ration. Il a dit que le gouver­nement de la République était engagé justement sur la voie de la bonne gouver­nance et que l’aide de la l’U.E. serait utilisée conformé­ment aux accords entre les deux parties et dans l’intérêt supérieur du peuple congo­lais.

(DN/Th/GW/Yes)

Sakaz/Le Phare